Photographie/Fabricants/Kodak/Surfaces sensibles et procédés/Kodak Ektachrome Aéro Infrarouge 8443

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Le film Kodak Ektachrome Aéro Infrarouge 8443 fabriqué par Kodak à Rochester est disponible en cartouches de 20 poses, exclusivement sur commande. Son apparition remonte à la guerre de Corée, il servait alors à la détection de camouflages imitant les feuilles mais ne diffusant pas l'infrarouge comme le fait la chlorophylle. Il a bien sûr perdu l'essentiel de son intérêt militaire lorsque des matériaux réfléchissant la lumière comme les véritables feuillages, mais il s'est révélé en revanche intéressant dans de nombreux autres domaines. On a commencé à le trouver dans le commerce à partir de 1968.

Principales caractéristiquesModifier

Il s'agit d'un film inversible dont la sensibilité s'étend jusqu'à 950 nm, ce qui le rend impropre aux applications thermographiques. L'émulsion se compose de trois couches sensibles respectivement au vert (en surface), au rouge et à l'infrarouge (en profondeur). Les couleurs obtenues sont bien sûr fausses, l'infrarouge est traduit par du rouge, le rouge par du vert et le vert par du bleu. Le bleu doit quant à lui être éliminé par un filtre jaune. Les contrastes sont généralement assez forts, tandis que la latitude de pose est plus faible qu'avec un film normal.

Conditions d'utilisationModifier

Les films vierges ou exposés doivent être conservés à basse température, à -13 °C au plus ; à partir de -20 °C l'évolution de l'émulsion peut être complètement arrêtée et le film se conserve alors assez longuement.

L'appareil doit être chargé en lumière très atténuée. La pellicule est relativement épaisse et rigide, de sorte que son défilement peut poser des problèmes avec certains appareils. L'amorce opaque qui précède la pellicule proprement dite accroche parfois le presseur. À la moindre résistance anormale il faut bien sûr rembobiner et choisir un autre appareil.

Toutes les couches du film étant sensibles aus radiations bleues, celles-ci doivent être totalement éliminées par l'usage d'un filtre jaune du type Wratten n° 12 ou n° 8. Les flashes électroniques sont parfaitement utilisables mais en revanche l'usage de flashes magnésiques est fortement déconseillé. La sensibilité de base est d'environ 100 ISO.

Le développement se fait par les procédés E3 ou E3 comme les Ektachromes ordinaires. Il faut procéder dans le noir complet et en l'absence de toute source auxiliaire pouvant émettre de l'infrarouge. Le traitement doit avoir lieu le plus rapidement possible pour éviter toute dégradation de l'image latente.

ApplicationsModifier

  • botanique, techniques forestières et agronomiques : les différentes couleurs obtenues sur les photographies aériennes des forêts permettent d'établir des cartographies des diverses espèces d'arbres, dont les feuillages ont des pouvoirs réfléchissants différents. On peut également déceler les arbres malades, évaluer les quantités de fourrage disponibles, et même étudier la nature des sols et leur degré d'humidité.
  • archéologie : on détecte des restes enfouis sous la végétation.
  • pollution : le pouvoir réflecteur des lacs et des rivières est modifié par de nombreux produits polluants.
  • photographie médicale : on peut faire des relevés du système veineux, déceler des tumeurs sous-cutanées, des occlusions artérielles, etc.
  • photographie artistique, photographie de mode : c'est évidemment les transformations esthétiques qui peuvent intéresser les photographes dans ces domaines.

Conseils de prise de vuesModifier

L'usage du film couleur infrarouge pour photographier des paysages, à travers l'obligatoire filtre jaune, donne des images spectaculaires mais qui lassent vite les spectateurs. Les utilisations artistiques nécessitent d'aller bien au-delà, ce qui suppose que les photographes fassent œuvre d'imagination et connaissent parallèlement les réactions du film.

En plein soleil, avec un filtre jaune, les paramètres de pose peuvent être d'environ 1/250 s à f/11 ou f/16. Une légère sous-exposition se traduit par des couleurs plus vives et un meilleur rendu des lointains et des parties claires des sujets.

Le rendu des diverses matières est variable, mais on peut retenir les modifications suivantes :

- les feuillages sont représentés par des tons variables entre le rose et le violet clair. Les plantes très chargées en chlorophylle fournissent des rouges carminés saturés. Ces couleurs snt plus intenses par temps pluvieux et couvert, plus pâles au contraire en plein soleil en été.
- par temps couvert les nuages deviennent bleu vif, et dans tous les cas le bleu du ciel est renforcé.
- les lointains sont beaucoup plus nets et détaillés que dans le cas de la photographie traditionnelle, les nuages se détachent davantage sur le ciel bleu.
- le bleu de la mer est généralement renforcé, avec des tons bleu-vert, les algues ressortent en rouge vif.
- la plupart des couleurs ternes, les murs, les plages, les routes, les ombres, sont traduites par des tons bleutés.
- les peaux européennes prennent des tons blafards ou jaunâtres qui ne sont acceptables que si l'on recherche un effet spécial. Il n'existe apparmment pas de solution pour obtenir directement des photographies où les personnages seraient vue en couleurs naturelles dans un environnement en fausses couleurs.
- de très nombreuses matières donnent des résultats totalement imprévisibles.

Les filtresModifier

  • Sans filtre, ou avec un filtre bleu, la sensibilité est de l'ordre de 160 à 200 ISO mais une forte dominante violette rend généralement les images inutilisables ou en tout cas ne présentent aucun intérêt particulier.
  • Un filtre orangé, ou un filtre Wratten 85, amène théoriquement à diviser la sensibilité par un facteur de l'ordre de 4. Il vaut mieux cependant garder la valeur de 100 ISO pour éviter la surexposition massive de certaines zones. Les couleurs sont réchauffées et certaines retrouvent un aspect relativement naturel.
  • Un filtre rouge tel que le Wratten 25 conduit à des surexpositions très intenses si l'on respecte son coefficient d'exposition de 8, il vaut donc mieux conserver là encore la valeur 100 ISO. Les images sont marquées d'une dominante rouge trop intense pour qu'elles soient intéressantes, sauf si les sujets sont particulièrement riches en bleu et en vert, comme par exemple les paysages de marines.
  • Un filtre vert donne une forte dominante bleue et, si l'on sous-expose, des effets de nuit intéressants. La présence d'éléments fortement contrastés ou vivement colorés donne des taches qui viennent rompre la monotonie des images, du moins dans certains cas.
  • Un filtre jeune-vert donne des résultats voisins du précédent, avec des bleus moins saturés.

Rendus de couleurs selon les filtresModifier

Sujet Filtre jaune Filtre orangé Filtre rouge Filtre vert
prolongation de pose aucune aucune aucune 4 à 6 fois
feuillages verts rouge carmin rouge rouge feu bleu
idem après la pluie rouge intense
conifères en été rose
conifères après la pluie rouge intense
mer bleu intense ou bleu-vert bleu foncé ou vert foncé bleu ou vert presque noir bleu
mer en contre-jour rendu normal
ciel bleu pur bleu foncé bleu foncé bleu sombre bleu foné
ciel avec nuages sombres nuages blancs et bleus nuages bleux et jaunes nuages orangés nuages bleus
fleurs rouges jaune jaune orangé bleu
fleurs jaunes blanc rosé ou jaune pâle jaune pâle jaune bleu
fleurs violettes ou bleus orangé
fleurs roses blanc rosé ou jaune pâle jaune orangé bleu
fleurs blanches blanc jaune pâle jaune blanc bleuté
visages blanc jaunâtre ou verdâtre blanc jaunâtre jaune bleuté
cheveux châtains châtain châtain avec reflets jaunes jaune bleu
cheveux blonds blond doré blond doré blond bleuté
toitures et briques rouges vert-jaune jaune jaune bleu
pierres et murs gris ou blancs tons bleutés jaune jaune violet
bâtiments jaunes ou orangés tons bleutés ou vert-jaune jaune

violacé

fruits rouges jaune
fruits jaunes rose ou légèrement vert
fruits et légumes verts rouge ou violacé
neige blanche
vues aériennes netteté accrue
peinture dorée vert ou doré doré orangé

bleu


BibliographieModifier

  • BELLONE, Roger .- L'Ektachrome infrarouge. In : Photo-Ciné-Revue, juin 1969, pp. 257-262.