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Comment la France a perdu le fonds NewtonModifier

Citation d'un article de Michel Guerrin paru dans le journal Le Monde du 20 mars 2004 :

Pendant des années, le photographe a cherché un point de chute en France pour ses archives, en vain. Juste avant sa mort, le 23 janvier, il a tenté de donner à l’État cinquante de ses images, mais les discussions sur leur exposition ont tourné au fiasco. C'est finalement Berlin qui a hérité du cadeau.

L'affaire est navrante. Elle a eu lieu quelques mois avant qu'Helmut Newton, roi de la mode, du portrait et du porno chic, un des photographes les plus célèbres au monde, ne meure, le 23 janvier à Hollywood, à l'âge de 83 ans. Newton, qui a réalisé la majorité de son œuvre pour le Vogue français, a voulu donner une cinquantaine de ses images à la France. Joli cadeau. Surtout quand on sait que certaines de ses icônes atteignent 400 000 dollars pièce. Les négociations ont fini en fiasco.

Pis que cela. Cette affaire, révélée par Pierre Assouline dans Le Monde du 8 février, n'est que la cerise empoisonnée sur le gâteau d'incompréhension qui, depuis vingt ans, brouille les relations entre l’État français et Newton. Ce dernier, dès les années 1980, dit-on au ministère de la culture, a cherché un "point de chute" dans une institution française pour ses archives - négatifs, tirages de collection, contacts, carnets, livres...

De guerre lasse, il est allé voir ailleurs : une Fondation Newton ouvrira ses portes à Berlin, sa ville natale, qu'il avait fui en 1938 parce qu'il était juif. Elle ouvrira le 4 juin dans un « palais » néoclassique offert par la ville. Newton était « tombé amoureux » de Paris, où il a vécu une bonne vingtaine d'années, avant de s'établir à Monaco, en 1981, afin de « s'éloigner de l'omniprésent percepteur ». Surtout, dans son œuvre, « c'est la Parisienne qu'il photographie, pas la Berlinoise ! », s'exclame José Alvarez, directeur des éditions du Regard et intime de Newton.

Marie-Claude Beaud, qui était directrice du Musée des arts décoratifs en 1997, se souvient : « Newton était prêt à nous donner tout son travail de mode. Je l'ai rencontré à Monaco, puis à Paris. On a échoué. Une donation est difficile quand le photographe veut encore s'occuper de la diffusion de ses images. On a manqué de souplesse ». Elle ajoute : « Helmut a vu d'autres personnes et partout ça a échoué »."

Le photographe a contacté le Centre Pompidou notamment, « mais Helmut détestait la façon dont la photographie y était traitée », dit José Alvarez. Ce dernier ajoute : « Helmut a même téléphoné à Bernadette Chirac pour lui demander de l'aider ». Peu avant que Newton signe avec Berlin, au printemps 2003, José Alvarez se voit confier par le photographe une mission de la dernière chance. L'éditeur contacte le ministre de la culture et de la communication, Jean-Jacques Aillagon. Ce dernier écrit à deux reprises au photographe pour dire son intérêt. Jean-Noël Jeanneney, président de la Bibliothèque nationale de France, est aussi contacté dans le but, dit ce dernier, de recevoir « l'ensemble des archives ». Mais, dit José Alvarez, « les choses ont traîné et Helmut a signé à Berlin ».

Qu'à cela ne tienne, les contacts se poursuivent, cette fois pour une donation. Helmut Newton et sa femme, June, rencontrent à trois reprises des représentants du ministère de la culture - le 2 mai et le 30 septembre à Paris, puis le 30 octobre à Monaco.

MANQUE DE RESPECT

« Nous avons évoqué une donation d'une cinquantaine de tirages concernant son travail de mode à Paris, de format 50 x 60 cm, pouvant être complétés par des grands formats, qui devaient donner lieu à une exposition durant la période inaugurale du nouveau Jeu de paume », dit Martin Bethenod, délégué aux arts plastiques au ministère de la culture. Il est fan de Newton. Est présent, le 30 septembre, Régis Durand, directeur du nouveau Jeu de paume, place de la Concorde, que le ministère a décidé de consacrer à la photographie et qui ouvrira le 23 juin.

Survient le clash. June Newton s'en est expliquée auprès de Pepita Dupont, journaliste à Paris Match : « Je n'avais plus de nouvelles. Helmut était trop fier pour appeler. C'est moi qui l'ai fait. À chaque fois, Régis Durand était très difficile à joindre. Finalement, je l'ai eu et il m'a répondu : C'est un malentendu, il n'est plus question de rétrospective mais on exposera votre don quand on l'aura reçu dans une petite salle. J'ai été profondément blessée par ce manque de respect pour mon mari ».

Pour Martin Bethenod, il s'agit d'un « malentendu regrettable. Il n'a jamais été question de grande exposition mais d'exposer la donation. En six mois, nous avons fait plus que d'autres en dix ans ». Régis Durand se dit « consterné par cette affaire. C'est un ratage, on n'a pas su le convaincre. Mais comment aurais-je pu proposer une exposition d'ouverture alors que j'avais déjà mon programme quand je l'ai rencontré ? ». Parole contre parole. Sans doute l’État n'a-t-il pas été d'une totale clarté en évoquant « une exposition dans la période inaugurale ». Il est d'autant plus dommage de n'avoir pas su accepter ce cadeau que, selon le marchand zurichois de Newton, Andrea Caratsch, pour obtenir un grand Newton en vente, il faut compter de 100 000 à 500 000 dollars. Or, apprend-on par le ministère de la culture, une seule photographie de Newton figure dans les collections de l’État. Pourtant, des images en tout genre ont été achetées à tour de bras, au nom de l’État, depuis vingt ans.

PROJETS D'HOMMAGES

Cette affaire révèle la façon dont Helmut Newton et, au-delà, la production d'images liée à la mode sont considérés dans le monde de l'art. « Les musées français et le monde de l'art contemporain me méprisent », avait confié au Monde, amusé, le photographe. June Newton le répète sans cesse à José Alvarez. Marie-Claude Beaud pense savoir pourquoi : « Newton condense ce que le monde de l'art méprise : un rigolo et pas un cérébral, qui gagne beaucoup d'argent dans la mode en photographiant des filles dans des poses sexy. Pour moi, il est simplement un artiste hors norme »."

Même constat pour Françoise Marquet, qui a organisé la première grande exposition Newton dans un musée, au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, en 1984. « Les gens faisaient la tête quand ils voyaient des photos dans un musée. Newton était jalousé à cause de sa réussite, de sa façon de jouer au dandy ». Les choses ont changé, note Didier Grumbach, président de la Fédération française de la couture, qui voit « se multiplier les passerelles entre l'art et la mode ». Mais les musées français sont à la traîne.

Pour voir des Newton en France, il faut aller à la Maison européenne de la photographie (MEP), qui dépend de la Ville de Paris. Jean-Luc Monterosso, directeur de la MEP, conserve 75 œuvres de Newton, notamment cinq Big Nudes - dont trois donnés - et le fameux diptyque Sie kommen, Naked & Dressed (1981). Ces acquisitions, à des prix « très avantageux », dit Monterosso, balaient deux poncifs à propos de Newton : il était cher et capricieux. « Notre collection est le résultat d'une relation privilégiée, d'une amitié de vingt ans », explique Jean-Luc Monterosso. Cette remarque renvoie aux dernières lignes écrites par Newton dans son autobiographie (Autoportrait, éd. Robert Laffont), dans laquelle il évoque en ces termes le maire de Berlin, Klaus Wowereit : « Il me porte dans son cœur ».

Dans l'affaire de la donation en France, « Helmut ne s'est pas senti aimé et s'est dit trompé », accuse José Alvarez. Le ministre de la culture, Jean-Jacques Aillagon, a dit dans Le Monde du 31 janvier qu'il souhaitait « rendre hommage » à Newton pour l'ouverture du Jeu de paume. Beaucoup d'observateurs pensent que ce serait désormais « le sommet du ridicule ». Et il n'est pas sûr que June Newton apprécie. Le groupe de presse américain Conde Nast (Vogue) envisage, pour sa part, un hommage à Newton le 5 juillet à Paris, pendant les défilés de mode. Il aurait lieu au Théâtre du Palais-Royal. Juste en face du ministère de la culture.


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