« La politique monétaire/La courbe de Phillips » : différence entre les versions

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Mais la courbe de Phillips reste sensiblement identique avec ou sans ''pass-through'', seuls les valeurs des coefficients changeant.
 
===L'influence des taux d'intérêt sur les taux de change et sur la courbe de Phillips===
 
Dans le chapitre sur le canal des taux de change, nous avons vu qu'il existe une relation entre les taux d'intérêt domestiques/étrangers et les taux de change. La relation relie le différentiel de taux d'intérêt domestique/étranger, avec l'appréciation du taux de change. La relation en question est la suivante :
 
: <math>i_d - i_e = \frac{\Delta e}{e}</math>, avec <math>i_d</math> le taux d'intérêt domestique, <math>i_e</math> le taux d'intérêt étranger et e le taux de change.
 
Si on combine cette relation avec la courbe de Phillips précédente, on trouve :
 
: <math>\pi = \alpha_1 \cdot \pi_e + \alpha_2 \cdot (U - U_n) - \alpha_3 \cdot (i_d - i_e)</math>
 
En clair, l'inflation dépend directement du taux d'intérêt, par le canal des taux de change, et indirectement par le biais de l'écart de production (la courbe IS). Cette équation ne paye pas de mine, mais elle a des implications assez importantes. Elle permet notamment de voir comment les politiques monétaires de différents pays interagissent. Elle permet de savoir ce qui se passe quand un pays étranger change ses taux directeurs. Pour comprendre comment, il faut réécrire l'équation précédente. On va commencer par développer le terme : <math>- \alpha_3 \cdot (i_d - i_e)</math> :
 
: <math>\pi = \alpha_1 \cdot \pi_e + \alpha_2 \cdot (U - U_n) - \alpha_3 \cdot i_d + \alpha_3 \cdot i_e</math>
 
On va ensuite regrouper tous les termes "domestiques", dépendants de variables nationales, dans une inflation domestique <math>\pi_d</math> :
 
: <math>\pi = \pi_d + \alpha_3 \cdot i_e</math>
 
L'équation précédente nous dit que si un pays étranger augmente ses taux d'intérêt, alors notre pays voit son inflation augmenter (en raison des variations de taux de change associées). Et inversement : une baisse des taux étrangers entraine naturellement une relance domestique de l'inflation. Un résultat intéressant surgit quand on pousse le résultat plus loin, en prenant en compte la réaction de la banque centrale domestique. Si des banques centrales étrangères baissent leurs taux, l'inflation nationale va baisser et la banque centrale domestique doit assouplir la politique monétaire pour relancer l'inflation nationale. Toutes les banques centrales, nationale et étrangères, baissent leurs taux de concert, l'une en réaction aux autres. Et inversement en cas de hausse des taux : la hausse des taux étrangers stimule l'inflation nationale, ce qui force la banque centrale nationale à monter ses taux. Les politiques monétaires nationales et étrangères sont donc corrélées et tendent à réagir dans le même sens. Évidemment, cette corrélation n'est pas parfaite, vu que les pays ont des systèmes fiscaux différents, des inflations différentes, etc.
 
Un résultat similaire est que les difficultés d'un pays tendent à se propager aux pays étrangers. Imaginons qu'un pays subissent une crise et que son inflation diminue fortement. La banque centrale étrangère va devoir baisser ses taux pour relancer son économie et son inflation. A vu de l'équation précédente, l'inflation domestique va aussi chuter : la crise de demande s'est propagée dans notre pays, alors qu'elle provenait de l'étranger. En clair, la corrélation des politiques monétaires n'est qu'un revers de la médaille. L'autre revers est la corrélation des économies, au niveau de l'inflation. Si un pays entre en crise, dans le sens où son économie ralentit (chomage qui augmente et inflation en baisse), alors sa crise se propage aux pays étrangers.
 
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