LaTeX/Généralités

LaTeX — prononcer [latɛk] ou [latɛχ], selon les goûts[1] — est un langage de description de document, permettant de créer des documents écrits de grande qualité : principalement livres et articles, mais aussi, courriers, présentations projetées…

Contrairement aux traitements de texte habituels, il n'est pas tel quel (WYSIWYG, en anglais, de what you see is what you get) : on ne voit pas à l'écran la manière dont le document sera imprimé ou projeté. Cette mise en forme sera faite par le logiciel : programme appelé latex ou pdflatex.

Dans un premier temps, l'auteur doit faire confiance au logiciel pour réaliser la mise en page ; celui-ci est configuré pour les canons en la matière, pour appliquer les règles de l'art. Cela donne en général un résultat satisfaisant ; d'ailleurs, l'auteur n'est que rarement typographe, et on peut considérer LaTeX comme un collaborateur spécialisé en typographie, qui prendrait en charge toute la mise en forme du travail, tandis que l'auteur se consacrerait exclusivement au contenu. Chacun sa spécialité !

LaTeX est donc en fait un langage de préparation de copie : on donne des instructions au typographe virtuel[2].

Le document LaTeX est simplement un fichier de texte pur. Il contient les mots du texte auxquels on ajoute les instructions au typographe virtuel. Les instructions commencent toujours par une barre oblique inverse « \ », également appelée contre-oblique ou barre de fraction inversée (aussi anti-slash ou back-slash, en anglais). Ces instructions sont aussi appelées des balises, et LaTeX entre dans la catégorie des langages de balisage.

Par exemple, si l'on veut mettre un mot en évidence, on tapera :

Mettre un mot en \emph{évidence}.

Lorsque le typographe virtuel — le programme latex ou pdflatex — traitera le fichier, il reconnaîtra la commande \emph{…} (de l'anglais emphasis, qui signifie en évidence) et générera :

Mettre un mot en évidence.

On remarque au passage qu'en « bonne typographie », la mise en évidence est simplement l'italique.

L'auteur voudra sans doute donner des instructions de plus en plus précises au typographe virtuel, afin que le document produit ressemble à ce qu'il désire ; bref, laisser moins d'initiative au typographe, voire rompre avec les canons. C'est tout à fait possible, mais c'est comme tout : s'il est facile de faire des choses simples, plus on veut faire des choses compliquées, plus il faut connaître d'instructions…

Pourquoi choisir LaTeX ?

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On peut se demander pourquoi apprendre un langage d'instructions alors que l'on peut faire la même chose avec la souris en utilisant un traitement de texte. Les raisons qui peuvent amener à choisir LaTeX sont :

  • la gratuité ;
  • la liberté ;
  • le caractère multiplateforme : un même fichier peut être compilé sur un compatible PC sous Microsoft Windows, Linux ou FreeBSD, sur un Apple Macintosh sous macOS, sur une station Sun sous Solaris, … le résultat sera exactement le même ; on peut donc simplement s'échanger ses fichiers, ou bien développer son document sur plusieurs machines différentes ;
  • la robustesse : s'il est possible de faire des erreurs en écrivant les instructions ou de ne pas réussir à obtenir exactement ce que l'on veut, en revanche, le programme est très stable et ne plante pas, il n'y a pas de corruption de fichier :
    • la légèreté des fichiers : ce ne sont que des fichiers texte, les images sont des fichiers à côté, on a ainsi des fichiers très légers, peu susceptibles de se corrompre,
    • c'est un langage compilé : contrairement à un logiciel tel-tel, le programme n'a pas à mettre à jour en permanence la pagination, les numéros de page de la table des matières, … ceci est fait lors de la compilation — opération qui génère le document final — ce qui réduit les sources d'erreur ;
  • séparation du fond et de la forme : l'auteur peut se consacrer exclusivement au fond, au sens de ce qu'il écrit, et n'est pas distrait par la mise en forme ;
  • l'esthétique : le résultat est conforme aux canons de la typographie, en particulier en ce qui concerne les formules mathématiques.

LaTeX, c'est compliqué ?

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Certes, il faut apprendre des instructions. Mais on peut se contenter de connaissances minimales :

  • le squelette du fichier sera quasiment toujours le même, on peut donc avoir un fichier de base contenant déjà les premières instructions, en particulier l'en-tête ;
  • réfléchissez bien : la plupart du temps, vous n'utilisez que très peu d'outils de votre traitement de texte ; de même, vous n'aurez à connaître que peu d'instructions, et dans les cas particuliers, vous pourrez vous reporter à un manuel ;
  • le choix d'un éditeur de texte adapté (voir Installer LaTeX > Choisir un éditeur de texte) facilite grandement la tâche : il insérera pour vous les instructions les plus communes à l'aide de la souris (bouton graphique ou menu).

LaTeX ne deviendra compliqué que si vous désirez faire des choses vraiment spéciales, comme dessiner.

Dans de nombreux cas, les « choses vraiment spéciales » auront été déjà faites par d'autres. Il suffit alors de rechercher sur Internet pour trouver le code, puis simplement de le copier dans votre document. Ces solutions pourront vous être indiquées par des forums (voir À l'aide ! > Rechercher sur Internet). Copiez, copiez, copiez sans hésitation, le code est gentiment mis à disposition par son auteur pour ça. Mais il peut ne pas être totalement adapté à votre application ou bien ne pas être « très propre », d'où l'intérêt d'un forum où la multiplicité des contributeurs et l'interaction permettent d'ajuster la solution.

LyX est un programme permettant d'avoir une interface graphique simple, pseudo-tel-quel, mais avec la stabilité et la beauté de mise en forme de LaTeX. C'est un programme ayant une interface graphique proche de celle des traitements de texte classiques, avec par exemple un bouton I et un menu Format > Italique pour mettre en italique.

LyX permet d'afficher un aperçu du document, sans avoir toutefois la mise en page exacte (sauts de pages, largeur de page), le résultat est assez proche d'un navigateur Web (la longueur des lignes s'adapte à la largeur de la fenêtre). Le fichier est enregistré dans un format texte propre à LyX, mais on peut aussi lui faire enregistrer des fichiers LaTeX.

LyX utilise LaTeX pour générer le document ; lorsque l'on installe LyX, LaTeX s'installera également (si l'on n'en a pas déjà un). Par contre, comme l'interface graphique est limitée (on ne dispose pas de barres d'outils et de menus configurable « à l'infini »), LyX est limité aux extensions (packages) standards. Il n'est pas aussi puissant que le LaTeX programmé « à la main ».

Il devrait toutefois être suffisant à la plupart des applications — mettons 80 % pour respecter la loi de Pareto —, c'est donc un bon moyen de débuter LaTeX. On peut ainsi créer des documents facilement, et inspecter les fichiers LaTeX créés.

Pour le télécharger :

http://www.lyx.org/

LaTeX et TeX

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LaTeX est en fait un produit qui a été développé au milieu des années 1980 à partir d'un produit plus ancien, TeX, développé en 1978.

Il convient de dire que LaTeX est avant tout une encapsulation de certaines fonctions de TeX à destination des utilisateurs. La rédaction d'un document s'en est trouvée grandement simplifiée mais aussi harmonisée. À l'heure actuelle, les besoins principaux sont couverts par le biais d'extensions, également appelées paquetages (packages). La recherche dans les sites officiels peut à ce titre être très utile.

Dans le cas de besoins très particuliers, rien ne vous empêche de programmer vos propres commandes (TeX étant un langage « infini », la seule limitation est la compétence de chacun). La tâche peut être cependant très ardue.

  1. le Χ est en fait un khi grec, qui se prononce /x/ en fin de mot, comme le j espagnol de jota ou le ch allemand de Buch ; mais le terme provient de τέχνη (art, technique), et dans ce mot il se prononce /k/ ; voir Wikipédia : LaTeX > Prononciation
  2. rendons à César ce qui lui appartient : la notion de préparation de document est issue de LaTeX, synthèse de cours et exercices corrigés de Bitouzé et Charpentier, Pearson Education, 2006, (ISBN 2-7440-7187-0) ; et la notion de typographe virtuel est inspirée de la présentation du logiciel LilyPond.

Voir aussi

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