Formation musicale/Harmonie

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4. Harmonie

L'harmonie désigne les notes jouées en même temps, soit plusieurs instruments jouant chacun une note, soit un instrument jouant un accord (instrument dit polyphonique).

Première approcheModifier

L'exemple le plus simple d'harmonie est sans doute la chanson en canon : c'est un chant polyphonique, c'est-à-dire à plusieurs voix, chaque voix chantant la même chose en décalé. Prenons par exemple Vent frais, vent du matin (la version originale est Hey, Ho Nobody at Home de Thomas Ravenscroft, 1609) :

Vent frais, vent du matin (Hey, Ho Nobody at Home de Thomas Ravenscroft, 1609).

nous voyons que les voix se superposent de manière « harmonieuse ». Les notes de chaque voix se correspondent point par point (avec un retard), c'est donc un type d'harmonie polyphonique appelé « contrepoint ».

Considérons la première note de la mesure 6 pour chaque voix. Nous avons la superposition des notes -fa-la (du grave vers l'aigu) ; la superposition de notes jouées ou chantées ensembles s'appelle un accord. Cet accord -fa-la porte le nom « d'accord de mineur » car la note fondamentale est un et que le premier intervalle, -fa, est une tierce mineure.

Considérons maintenant un chant accompagné au piano. La piano peut jouer plusieurs notes en même temps, il peut jouer des accords.

Deux premières mesure d’Au clair de la lune.

L'accord, les notes à jouer simultanément, sont écrites « en colonne ». Lorsqu'on les énonce, on les lit de bas en haut mais le pianiste les joue en pressant les touches du clavier en même temps, de manière « plaquée ».

Le premier accord est composé des notes do-mi-sol ; il est appelé « accord de do majeur » car la note fondamentale est do et que le premier intervalle, do-mi, est une tierce majeure.

Consonance et dissonanceModifier

Les notions de consonance et de dissonance sont culturelles et changent selon l'époque. Nous pouvons néanmoins noter que :

  • l'accord de seconde, et son renversement la septième, créent des battement, les notes « frottent », c'est un intervalle harmonique dissonant ;
  • les accords de tierce, quarte et quinte sonnent agréablement à l'oreille, ils sont consonants.

Dans la musique savante européenne, au début au du Moyen-Âge, seuls les accords de quarte et de quinte étaient considérés comme consonants, d'où leur qualification de « juste ». La tierce, et son renversement la sixte, étaient perçues comme dissonantes.

L'harmonie joue avec les consonances et les dissonances. Dans un premier temps, les harmonies dissonantes sont utilisée pour créer des tensions qui sont ensuite résolues, on utilise des successions « consonant-dissonant-consonant ». À force d'entendre des intervalles considérés comme dissonants, l'oreille s'habitue et certains finissent par être considérés comme consonants ; c'est ce qui est arrivé à la tierce et à la sixte à la fin du Moyen-Âge avec le contrepoint.

Il faut ici aborder la notion d'harmonique des notes.

 
Les six premières harmoniques de do.

Lorsque l'on joue une note, on entend d'autres notes plus aigües et plus faibles ; la note jouée est appelée la « fondamentale » et les notes plus aigües et plus faibles sont les « harmoniques ». C'est cette accumulation d'harmoniques qui donne la couleur au son, son timbre, qui fait qu'on piano ne sonne pas comme une violon. Par exemple, si l'on joue un do médium (fondamentale), on entend le do aigu, puis un sol, puis encore un do plus aigu, puis un mi, puis encore un sol, puis un si♭…

Ainsi, puisque lorsque l'on joue un do on entend aussi un sol très léger, alors jouer un do et un sol simultanément n'est pas choquant. De même pour do et mi. De là vient la notion de consonance.

Le statut du si♭ est plus ambigu. Il fait partie des harmoniques qui sonnent naturellement, mais il forme une seconde descendante avec le do, intervalle dissonant. Par ailleurs, on remarque que le si♭ ne fait pas partie de la gamme de do majeur, contrairement au sol et au mi.

Pour le jeu sur les dissonances, on peut écouter par exemple la Toccata en mineur, op. 11 de Sergueï Prokofiev (1912).

« Yuja Wang Prokofiev Toccata », sur YouTube, (consulté le 19 décembre 2021)

ContrepointModifier

Dans le chant grégorien, la notion d'accord n'existe pas. L'harmonie provient de la superposition de plusieurs mélodies, notamment dans ce que l'on appelle le « contrepoint ».

Le terme provient du latin « punctum contra punctum », littéralement « point par point », et désigne le fait que les notes de chaque voix se correspondent.

L'exemple le plus connu de contrepoint est le canon, comme par exemple Frère Jacques : chaque note d'un couplet correspond à une note du couplet précédent.

Certains morceaux sont bâtis sur une écriture « en miroir » : l'ordre des notes est inversé entre les deux voix, ou bien les intervalles sont inversés (« mouvement contraire » : une tierce montante sur une voix correspond à une tierce descendante sur l'autre).

On peut également citer le « mouvement oblique » (une des voix, le bourdon, chante toujours la même note) et le mouvement parallèle (les deux voix chantent le même air mais transposé, l'une est plus aiguë que l'autre).

Nous reproduisons ci-dessous le début du second Allegro de la sonate en trio en mineur de Haendel.

 
Début du second Allergo de la sonate en trio en mineur de Haendel.
Début du second Allegro de la sonate en trio en mineur de Haendel.

Nous avons mis en évidence la construction en canon avec des encadrés de couleur : sur les quatre premières mesures, nous voyons trois thèmes repris alternativement par une voix et par l'autre. Ce type de procédé est très courant dans la musique baroque.

Les procédés du contrepoint s'appliquent également à la danse :

  • unisson : les danseurs et danseuses font les mêmes gestes en même temps ;
  • répétition : le fait de répéter une série de gestes, une « phrase dansante » ;
  • canon : les gestes sont faits avec un décalage régulier d'un danseur ou d'une danseuse à l'autre ;
  • cascade : forme de canon dans laquelle le décalage est très petit ;
  • contraste : deux danseur·euses, ou deux groupes, ont des gestuelles très différentes ;
  • accumulation : la gestuelle se complexifie par l'ajout d'éléments au fur et à mesure ; ou bien le nombre de danseur·euses augmente ;
  • dialogue : les gestes de danseur·euses ou de groupes se répondent ;
  • contre-point : la gestuelle d'un ou une danseuse se superpose à la gestuelle d'un groupe ;
  • lâcher-rattraper : les danseurs et danseuses alternent danse à l'unisson et gestuelles indépendantes.
Doisneau Sport TV, « Les procédés de composition en danse », sur YouTube, (consulté le 21 janvier 2021)

Les accords en généralModifier

Initialement, on des chants polyphoniques, des voix qui chantent chacune une mélodie, les mélodies se mêlant. On remarque que certaines superpositions de notes sonnent de manière plus ou moins agréables, consonantes ou dissonantes. On en vient alors à associer ces notes, c'est-à-dire à considérer dès le départ la superposition de ces notes et non pas la rencontre de ces notes au gré des mélodies. Ces groupes de notes superposées forment les accords. En Europe, cette notion apparaît vers le xive siècle avec notamment le Messe de Notre-Dame de Guillaume de Machaut (vers 1360-1365). La notion « d'accord parfait » est consacrée par Jean-Philippe Rameau dans son Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels, publié en 1722.

Qu'est-ce qu'un accord ?Modifier

Un accord est un ensemble d'au minimum trois notes jouées en même temps. « Jouées » signifie qu'il faut qu'à un moment donné, elles sonnent en même temps, mais le début ou la fin des notes peut être à des instants différents.

Considérons que l'on joue les notes do, mi et sol en même temps. Cet accord s'appelle « accord de do majeur ». En musique classique, on lui adjoint l'adjectif « parfait » ; en effet, en musique populaire, « do majeur » désigne l'accord en lui-même alors qu'en musique classique, cela désigne la tonalité du morceau (la gamme utilisée pour construire le morceau) et le mot « parfait » désigne un accord particulier dans cette tonalité, le nom de l'accord en musique classique est donc « accord parfait de (la tonalité de) do majeur ». Pour autant, le terme « parfait » n'indique pas forcément qu'il s'agit de l'accord sur la fondamentale de la tonalité, mais que l'accord est identique à l'accord sur la fondamentale d'une tonalité ; par exemple, dans la tonalité de do majeur, l'accord ré-fa-la est un accord parfait (celui de mineur).

Nous représentons ci-dessous trois manière de faire l'accord : avec trois instruments jouant chacun une note :

Avec un seul instrument jouant simultanément les trois notes :

L'accord tel qu'il est joué habituellement par une guitare d'accompagnement :

Pour ce dernier, nous représentons le diagramme indiquant la position des doigts sur le manche au dessus de la portée et la tablature en dessous. Ici, c'est au total six notes qui sont jouées : mi grave, do médium, mi médium, sol médium, do aigu, mi aigu. Mais il s'agit bien des trois notes do, mi et sol jouées à des octaves différentes. Nous remarquons également que la note de basse (la note la plus grave), mi, est différente de la note fondamentale (celle qui donne le nom à l'accord), do ; l'accord est dit « renversé » (voir plus loin).

Comment joue-t-on un accord ?Modifier

Les notes ne sont pas forcément jouées en même temps ; elles peuvent être « égrainées », jouée successivement, ce que l'on appelle une arpège. La partition ci-dessous montre six manières différentes de jouer un accord de la mineur à la guitare, plaqué puis arpégé.

Différentes exécution de l'accord de la mineur à la guitare.

Vous pouvez écouter l'exécution de cette partition avec le lecteur ci-contre.

Seuls les instruments polyphoniques peuvent jouer les accords plaqués : instruments à clavier (clavecin, orgue, piano, accordéon), les instruments à plusieurs cordes pincées (harpe, guitare ; violon, alto, violoncelle et contrebasse joués en pizzicati). Les instruments à corde frottés de la famille du violon peuvent jouer des notes par deux à l'archet mais pas plus du fait de la forme bombée du chevalet ; cependant, un mouvement rapide permet de jouer les quatre cordes de manière très rapprochée. Les instruments à percussion de type xylophone ou le tympanon permettent de jouer jusqu'à quatre notes simultanément en tenant deux baguettes (mailloches, maillets) par main ; mais en général, on joue avec deux baguettes, une dans chaque main.

Tous les instruments peuvent jouer des arpèges même si, dans le cas des instruments monodiques, les notes ne continuent pas à sonner lorsque l'on passe à la note suivante.

L'arpège peut être joué par l'instrument de basse (basson, violoncelle, contrebasse, guitare basse, pédalier de l'orgue…), notamment dans le cas d'une basse continue ou d'une walking bass (« basse marchante » : la basse joue des noires, donnant ainsi l'impression qu'elle marche).

Classes d'accordModifier

 
Intervalles harmoniques dans les accords classés de trois, quatre et cinq notes.

Un accord composé d'empilement de tierces est appelé « accord classé ». En musique tonale, c'est-à-dire la musique fondée sur les gammes majeures ou mineures (cas majoritaire en musique classique), on distingue trois classes d'accords :

  • les accords de trois notes, ou triades, ou accords de quinte ;
  • les accords de quatre notes, ou accords de septième ;
  • les accords de cinq notes, ou accords de neuvième.

En empilant des tierces, si l'on part de la note fondamentale, on a donc de intervalles de tierce, quinte, septième et neuvième.

En musique tonale, les accords avec d'autres intervalles (hors renversement, voir ci-après), typiquement seconde, quarte ou sixte, sont considérés comme des transitions entre deux accords classés. Ils sont appelés, selon leur utilisation, « accords à retard » (en anglais : suspended chord, accord suspendu) ou « appoggiature » (note « appuyée », étrangère à l'harmonie).

Renversements d'accordsModifier

 
Accord parfait de do majeur et ses renversements.
 
Progression accord de dominante renversé → accord parfait en do majeur.

Un accord classé est donc un empilement de tierces. Si l'on change l'ordre des notes, on a toujours le même accord mais il est fait avec d'autres intervalles harmoniques. Par exemple, l'accord parfait de do majeur dans son état fondamental, c'est-à-dire non renversé, s'écrit do - mi - sol. Sa note fondamentale, do, est aussi se note de basse.

Si maintenant on prend le do de l'octave supérieure, l'accord devient mi - sol - do ; c'est l'empilement d'une tierce (mi - sol) et d'une quarte (sol - do), soit la superposition d'une tierce (mi - sol) et d'une sixième (mi - do). C'est le premier renversement de l'accord parfait de do majeur ; la fondamentale est toujours do mais la basse est mi. Le second renversement est sol - do - mi.

L'utilisation de renversement peut faciliter l'exécution de la progression d'accord. Par exemple, en tonalité do majeur, si l'on veut passer de l'accord de dominante sol - si - ré à l'accord parfait do - mi - sol, alors on peut utiliser le second renversement de l'accord de dominante : ré - sol - sido - mi - sol. Ainsi, la basse descend juste d'un ton (ré → do) et sur un piano, la main reste globalement dans la même position.

Le renversement d'un accord permet également de respecter certaines règles de l'harmonie classique, notamment éviter que des voix se suivent strictement (« mouvement parallèle »), ce qui aurait un effet de platitude.

 
Plusieurs réalisation du premier renversement de l'accord de do majeur.

Notez que dans la notion de renversement, seule importe en fait la note de basse. Ainsi, les accords mi-sol-do, mi-do-sol, mi-do-mi-sol, mi-sol-mi-do… sont tous une déclinaison du premier renversement de do-mi-sol et ils seront abrégés de la même manière (mi6 en musique classique ou C/E en musique populaire et jazz, voir plus bas).

Notation des accordsModifier

 
Chiffrage du second renversement d'un accord de sol majeur et d'un accord de do majeur : notation en musique populaire (haut) et notation de basse chiffrée (bas).

Les accords sont construits de manière systématique. Nous pouvons donc les représenter de manière simplifiée. Cette notation des accords est également appelée chiffrage.

Reprenons la progression d'accords ci-dessus : « second renversement de l'accord de dominante - accord sur la tonique à l'état fondamental » dans la tonalité de do majeur. On utilise en général trois notations différentes :

  • en musique populaire, jazz, rock… un accord est désigné par sa note fondamentale ; ici donc, sol - do ou, en notation anglo-saxonne, G - C ;
    comme le premier accord est renversé, on indique la note de basse après une barre, la progression d'accords est donc chiffrée « sol/ - do » ou « G/D - C » ;
    il s'agit ici d'accords composés d'une tierce majeure et d'une quinte juste ; si les accords sont constitués d'intervalles différents, nous ajoutons un symbole après la note : « m » ou « – » si la tierce est mineure, « 7 » s'il l'on ajoute une septième mineure…
  • en musique classique, on utilise la notation de « basse chiffrée » (ou « basse continue ») : on indique la note de basse sur la portée et on lui adjoint l'empilement des intervalles, « 64- do53 » ; les tierces sont les intervalles de base, on ne les indique donc pas dans la notation, on note donc «  64 - do 5 »[1] ;
    on utilise parfois le signe « + » lorsque l'intervalle donne la sensible (degré VII de la gamme), par exemple l'accord sol-si-ré-fa est noté « sol 7+ » (puisque la tierce de sol est si, sensible de la gamme de do majeur, dans ce cas particulier on choisit de noter la tierce et d'omettre la quinte) ;
  • lorsque l'on fait l'analyse d'un morceau, on s'attache à identifier la note fondamentale de l'accord (qui est différente de la basse dans le cas d'un renversement) ; on indique alors le degré de la fondamentale : « V64 - I5 ».

La notation de basse chiffrée permet de construire l'accord à la volée :

  • on joue la note indiquée (basse) ;
  • s'il n'y a pas de 2 ni de 4, on lui ajoute la tierce ;
  • on ajoute les intervalles indiqués par le chiffrage.

La notation de musique populaire oblige à connaître la composition des différents accords mais une fois que ceux-ci sont acquis, il n'y a pas besoin de reconstruire l'accord.

La notation de basse chiffrée avec les chiffres romains présente un inconvénient : il faut le « traduire » le chiffre romain en une note afin de pouvoir jouer l'accord. En revanche, il présente l'avantage d'être indépendant de la tonalité et donc de permettre la transposition ou l'analyse des œuvres. Par exemple ci-dessous, nous pouvons parler de la progression d'accords « V - I » de manière générale, cette notation étant valable quelle que soit la tonalité.

À l'inverse, la notation avec le nom des notes permet de jouer directement l'accord, sans avoir à chercher la note dans la tonalité, mais il faut réécrire le nom de l'accord si l'on veut transposer.

 
Chiffrage en notation basse chiffrée de la progression d'accords « second renversement de l'accord de dominante - accord sur la tonique à l'état fondamental » en do majeur.
 en notation de base continue avec fondamentale en chiffres romains, la fondamentale est toujours indiquée sous la portée de la partie de basse. Les intervalles peuvent être indiqués sous la portée de la partie de basse basse, à côté de la fondamentale, ou bien au dessus de la portée de la partie de basse.
 en notation rock, le 5 en exposant indique un accord incomplet avec uniquement la fondamentale et la quinte, un accord sans tierce appelé « accord de puissance » ou power chord. Par exemple, C5 est l'accord do-sol.

Principaux accordsModifier

Les trois principaux accords sont :

  • l'accord parfait majeur : il est construit sur les degrés I (tonique), III (médiante) et V (dominante) d'une gamme majeure ; il est noté I5 ;
  • l'accord parfait mineur : il est construit sur les degrés I (tonique), III (médiante) et V (dominante) d'une gamme mineure ; il est également noté I5, ou parfois i5 (la minuscule indiquant le caractère mineur) ;
  • l'accord de septième de dominante : il est construit sur les degrés V (dominante), VII (sensible, +), IX (octave du degré II, sus-tonique) et XII (octave du degré IV, sous-dominante) d'une gamme majeure ou mineure harmonique ; il est noté V7+.
Constitution des principaux accords
Accord 1er intervalle 2e intervalle 3e intervalle
Accord parfait majeur tierce majeure (3M) quinte juste (5J)
Accord parfait mineur tierce mineure (3m) quinte juste (5J)
Accord de septième de dominante tierce majeure (3M) quinte juste (5J) septième mineure (7m)
Accord parfait
de do majeur (C).
Accord parfait
de do mineur (Cm).
Accord de septième de dominante
de fa majeur (C7).

Rappel :

  • la tierce mineure est composée d'un ton et demi (1 t ½) ;
  • la tierce majeur est composée de deux tons (2 t) ;
  • la quinte juste a la même altération que la fondamentale, sauf lorsque la fondamentale est si (la quinte juste est alors fa♯) ;
  • la septième mineure est le renversement de la seconde majeure (1 t).
 
Renversement de l'accord parfait de fa majeur, et la notation de basse chiffrée.
 
Renversement de l'accord de septième de dominante de fa majeur, et la notation de basse chiffrée.

Les accords de septième de dominante étant très courants, on simplifie leur chiffrage. Ainsi, le 3e renversement est noté simplement V+4 au lieu de V6+42.

Notation des principaux accords en musique classique
Accord État
fondamental
Premier
renversement
Deuxième
renversement
Troisième
renversement
Accord parfait I5
acc. de quinte
I6
acc. de sixte
I64
acc. de quarte et de sixte
Accord de septième
de dominante
V7+ V65 V+6 V+4

Dans le cas d'un accord de septième de dominante, le nom de l'accord change selon que l'on est en musique classique ou en musique populaire : en musique classique, on donne le nom de la tonalité alors qu'en musique populaire, on donne le nom de la fondamentale. Ainsi, l'accord appelé « septième de dominante de do majeur » en musique classique, est appelé « sol sept » (G7) en musique populaire : la dominante (degré V, dominante) de la tonalité de do majeur est la note sol.

Comment appelle-t-on en musique classique l'accord appelé « do sept » (C7) en musique populaire ? Les tonalités dont le do est la dominante sont les tonalités de fa majeur (si♭ à la clef) et de fa mineur harmonique (si♭, mi♭, la♭ et ♭ à la clef et mi♮ accidentel). Il s'agit donc de l'accord de septième de dominante des tonalités de fa majeur et fa mineur harmonique.

Accords fréquents pour quelques la tonalités majeures
Tonalité Armure Accord parfait
I5
Accord de septième
de dominante
V7+
Do majeur C
do-mi-sol
G7
sol-si-ré-fa
Sol majeur fa G
sol-si-ré
D7
ré-fa-la-do
majeur fa♯, do D
ré-fa-la
A7
la-do-mi-sol
La majeur fa♯, do♯, sol A
la-do-mi
E7
mi-sol-si-ré
Fa majeur si F
fa-la-do
C7
do-mi-sol-si
Si♭ majeur si♭, mi B♭
si-ré-fa
F7
fa-la-do-mi
Mi♭ majeur si♭, mi♭, la E♭
mi-sol-si
B♭7
si-ré-fa-la
Accords fréquents pour quelques la tonalités mineures harmoniques
Tonalité Armure Accord parfait
i5
Accord de septième
de dominante
V7+
La mineur
harmonique
Am, A–
la-do-mi
E7
mi-sol-si-ré
Mi mineur
harmonique
fa Em, E–
mi-sol-si
B7
si-ré-fa-la
Si mineur
harmonique
fa♯, do Bm, B–
si-ré-fa
F♯7
fala-do-mi
Fa♯ mineur
harmonique
fa♯, do♯, sol F♯m, F♯–
fa-la-do
C♯7
do-mi-sol-si
mineur
harmonique
si Dm, D–
ré-fa-la
A7
la-do-mi-sol
Sol mineur
harmonique
si♭, mi Gm, G–
sol-si-ré
D7
ré-fa-la-do
Do mineur
harmonique
si♭, mi♭, la Cm, C–
do-mi-sol
G7
sol-si-ré-fa

Harmonisation d'une gammeModifier

 
Accords de trois note sur la gamme de do majeur, chiffrés.

On peut ainsi construire une triade par degré d'une gamme.

Pour une gamme majeure, les accords I5, IV5 et V5 ont une tierce majeure. Les accords II5, III5, VI5 et VII5 ont une tierce mineure ; ils sont parfois notés avec des chiffres romains minuscules : ii5, iii5, vi5 et vii5.

Les accords ont tous une quinte juste à l'exception de l'accord vii5 qui a une quinte diminuée, raison pour laquelle le « 5 » est barré. C'est un accord dit « de quinte diminuée ». En musique populaire, l'accord diminué est noté « dim », « ° » ou « m♭5 ».

Nous avons donc trois types d'accords (dans la notation de musique populaire) : X (triade majeure), Xm (triade mineure) et X° (triade diminuée), la lettre X remplaçant le nom de la note fondamentale.

 
Accords de trois notes sur une gamme de la mineur harmonique, chiffrés.

Pour une gamme mineure harmonique, les accords III+5, V♯3 et VI5 ont une tierce majeure. Les accords I5, II5, IV5 et VII5 ont une tierce mineure ; ils sont parfois notés avec des chiffres romains minuscules : i5, ii5, iv5 et vii5.

Les accords ii5 et vii5 ont une quinte diminuée ; ce sont des accords dits « de quinte diminuée ». L'accord III+5 a une quinte augmentée, d'où le signe plus ; ce signe indique également que la note de cinquième, le sol dièse, est la sensible, en musique populaire, l'accord est noté « aug » ou « + ». Les autres accords ont une quinte juste.

Aux trois accords générés par une gamme majeure (X, Xm et X°), nous voyons ici apparaître un quatrième type d'accord : la triade augmentée X+.

Nous remarquons que des gammes ont des accords communs. Par exemple, l'accord ii5 de do majeur est identique à l'accord iv5 de la mineur (il s'agit de l'accord Dm).

Quel que soit le mode, les accords construits sur la sensible (accord de quinte diminuée) sont rarement utilisés. S'ils le sont, c'est en tant qu'accord de septième de dominante sans fondamentale (voir ci-après).

On voit que :

  • un accord parfait majeur peut appartenir à cinq gammes différentes ;
    par exemple l'accord parfait de do majeur est l'accord construit sur le Ier degré de la gamme de do majeur, sur le IVe degré de sol majeur, sur le Ve degré de fa majeur, sur le Ve degré de fa mineur et sur le VIe degré de mi mineur ;
  • un accord parfait mineur peut appartenir à cinq gammes différentes ;
    par exemple l'accord parfait de la mineur est l'accord construit sur le Ier de la gamme de la mineur, sur le IVe degré de mi mineur, sur le IIe degré de sol majeur, sur le IIIe degré de fa majeur et sur le VIe degré de do majeur ;
  • un accord de quinte diminuée peut appartenir à trois gammes différentes ;
    par exemple, l'accord de quinte diminuée de si est l'accord construit sur le VIIe degré de do majeur, sur le IIe degré de la mineur et sur le VIIe degré de do mineur ;
  • un accord de quinte augmentée ne peut appartenir qu'à une seule gamme ;
    par exemple, l'accord de quinte augmentée de do est l'accord construit sur le IIIe degré de la mineur.

Harmonisation par des accords de septièmeModifier

 
Harmonisation de la gamme de do majeur par des accords de septième.

Les accords de septième contiennent une dissonance et créent ainsi une tension. Ils sont très utilisés en jazz. Nous avons représenté ci-contre l'harmonisation de la gamme de do majeur.

La constitution des accords est la suivantes :

  • tierce majeure (3M)
    • quinte juste (5J)
      • septième mineure (7m) : sur le degré V, c'est l'accord de septième de dominante V7+, noté X7 (X pour G),
      • septième majeure (7M) : sur les degrés I et IV, appelés « accords de septième majeure » et notés aussi Xmaj7 ou XΔ (X pour C ou F) ;
  • tierce mineure (3m)
    • quinte juste (5J)
      • septième mineure : sur les degrés ii, iii et vi, appelés « accords mineur septième » et notés Xm7 ou X–7 (X pour D, E ou A),
    • quinte diminuée (5d)
      • septième mineure (7m) : sur le degré vii, appelé « accord demi-diminué » (puisque seule la quinte est diminuée) et noté X ou Xm7(♭5) ou X–7(♭5) (X pour B) ;
        en musique classique, on considère que c'est un accord de neuvième de dominante sans fondamentale.

Nous avons donc quatre types d'accords : X7, Xmaj7, Xm7 et X

En jazz, on ajoute souvent la quarte à l'accord de sous-dominante IV (sur le fa dans une gamme de do majeur) ; il s'agit ici d'une quarte augmentée (fa-si) et l'accord est surnommé « accord lydien » mais cette dénomination est erronée (il s'agit d'une mauvaise interprétation de textes antiques). C'est un accord de onzième sans neuvième (la onzième étant l'octave de la quarte), il est noté Xmaj7(♯11) ou XΔ(♯11) (ici, Fmaj7(♯11), fa-la-do-mi-si ou fa-la-si-do-mi).

Exercices élémentairesModifier

L'apprentissage des accords passe par quelques exercices élémentaires.

1. Lire un accord

Il s'agit de lecture de notes : des notes composant les accords sont écrites « empilées » sur une portée, il faut les lire en énonçant les notes de bas en haut.

2. Reconnaître la « couleur » d'un accord

On écoute une triade et il faut dire si c'est une triade majeure ou mineure. Puis, on complexifie l'exercice en ajoutant la septième.

3. Chiffrage un accord

Trouver le nom d'un accord à partir des notes qui le composent.

4. Composition d'un accord

Trouver les notes qui composent un accord à partir de son nom.

5. Dictée d'accords

On écoute une succession d'accords et il faut soit écrire les notes sur une portée, soit écrire les noms de accords.

 
Exercice : constitution d'accord à partir de la basse chiffrée.

Exercices de basse chiffrée

Constitution d'un accord

Sur la figure suivante, écrire les notes des accords correspondant à la basse chiffrée. Déterminer le degré de la fondamentale pour chaque accord en considérant que nous sommes dans la tonalité de sol majeur.

Chiffrage d'accords

 
Accords à chiffrer.

Chiffrer les accords ci-contre.

 
Exercice : constitution d'un accord d'après son chiffrage en notation de musique populaire.

Exercices de notation populaire

Constitution d'un accord

Sur la figure suivante, écrire les notes des accords correspondant aux chiffrages.

Chiffrage d'accords

 
Accords à chiffrer.

Chiffrer les accords ci-contre.

Progression d'accordsModifier

Comme pour la mélodie, la succession des accords dans un morceau, la progression d'accords, suit des règles. Et comme pour la mélodie, les règles diffèrent d'un style musical à l'autre et la créativité consiste à parfois ne pas suivre ces règles. Et comme pour la mélodie, on part d'un ensemble de notes organisé, d'une gamme caractéristique d'une tonalité, d'un mode.

Les accords les plus utilisé pour une tonalité donnée sont les accords dont la fondamentale sont les degrés I, IV et V de la tonalité, en particulier la triade I, appelée « accord parfait » ou « accord de tonique », et l'accord de septième V, appelé « septième de dominante ».

Le fait d'avoir une progression d'accords qui se répète permet de structurer un morceau. Pour les morceaux courts, il participe au plaisir de l'écoute et facilite la mémorisation (par exemple le découpage couplet-refrain d'une chanson). Sur les morceaux longs, une trop grande régularité peut introduire de la lassitude, les longs morceaux sont souvent découpés en partie présentant chacune une progression régulière. Le fait d'avoir une progression régulière permet la pratique de l'improvisation : cadence en musique classique, solo en jazz et blues.

Note
Le terme « cadence » désigne plusieurs choses différentes, et notamment en harmonie :
  • une partie improvisée dans un opéra ou un concerto, sens utilisé ci-dessus ;
  • une progression d'accords pour ponctuer un morceau et en particulier pour le conclure, sens utilisé dans la section suivante.

Cadences et turnaroundModifier

Le terme « cadence » provient de l'italien cadenza et désigne la « chute », la fin d'un morceau.

Cadence parfaiteModifier

Au clair de la lune, harmonisé avec une cadence parfaite (italienne).
Idem mais en mode mineur harmonique.

La cadence parfaite est l'enchaînement de l'accord de dominante suivi de l'accord parfait : V5 - I5. Elle donne une impression de stabilité et est donc très souvent utilisée pour conclure un morceau.

On peut aussi utiliser l'accord de septième de dominante, la dissonance introduisant une tension résolue par l'accord parfait : V7+ - I5.

Elle est souvent précédée de l'accord construit sur le IVe degré, appelé « accord de préparation », pour former la cadence italienne : IV5 - V5 (ou V7+) - I5.

Demi-cadenceModifier

Au clair de la lune, harmonisé avec une demi-cadence.

Une demi-cadence est un morceau se concluant sur l'accord construit sur le cinquième degré. Il provoque une sensation d'attente, de suspens. Il s'agit en général d'une succession II - V ou IV - V.

Cadence plagaleModifier

La cadence plagale — du grec plagios, oblique, en biais — est la succession de l'accord construit sur le quatrième degré, suivi de l'accord parfait : IV5 - I5. Il donne un caractère solennel à la conclusion.

TurnaroundModifier

Au clair de la lune, harmonisé en style jazz : accords de 7e, anatole suivie d'un turnaround ii-V-I.

Le terme turnaround signifie revirement, retournement. C'est une succession d'accords que fait la transition entre deux parties, en créant une tension-résolution. Le turnaround le plus courant est la succession II - V - I.

On utilise également fréquemment l'anatole : I - VI - II - V.

Progressions typiques d'accords dans une tonalité majeure
Tonalité Armure Cadence
parfaite
V - I
Cadence
italienne
IV - V - I
Demi-
cadence
ii - V ou IV - V
Cadence
plagale
IV - I
Turnaround
ii - V - I
Anatole
I - vi - ii - V
Do majeur G - C F - G - C Dm - G ou F - G F - C Dm - G - C C - Am - Dm - G
Sol majeur fa D - G C - D - G Am - D ou C - D C - G Am - D - G G - Em - Am - D
majeur fa♯, do A - D G - A - D Em - A ou G - A G - D Em - A - D D - Bm - Em - A
La majeur fa♯, do♯, sol E - A D - E - A Bm - E ou D - E D - A Bm - E - A A - F♯m - B - E
Fa majeur si C - F B♭ - C - F Gm - C ou B♭ - C B♭ - F Gm - C - F F - Dm - Gm - C
Si♭ majeur si♭, mi F - B♭ E♭ - F - B♭ Cm - F ou E♭ - F E♭ - B♭ Cm - F - B♭ B♭ - Gm - Cm - F
Mi♭ majeur si♭, mi♭, la B♭ - E♭ A♭ - B♭ - E♭ Fm - B♭ ou A♭ - B♭ A♭ - E♭ Fm - B♭ - E♭ Gm - Cm - Fm - B♭
Progressions typiques d'accords dans une tonalité mineure
Tonalité Armure Cadence
parfaite
V - i
Cadence
italienne
iv - V - i
Demi-
cadence
ii - V ou iv - V
Cadence
plagale
iv - i
Turnaround
ii - V - I
Anatole
i - VI - ii - V
La mineur
harmonique
E - Am Dm - E - Am B° - E ou Dm - E Dm - Am B° - E - Am Am - F - B° - E
Mi mineur
harmonique
fa B - Em Am - B - Em F♯° - B ou Am - B Am - Em F♯° - B - Em Em - C - F♯° - B
Si mineur
harmonique
fa♯, do F♯ - Bm Em - F♯ - Bm C♯° - F♯ ou Em - F♯ Em - Bm C♯° - F♯ - Bm Bm - G - C♯° - F♯
Fa♯ mineur
harmonique
fa♯, do♯, sol C♯ - F♯m Bm - C♯ - F♯m G♯° - C♯ ou Bm - C♯ Bm - F♯m G♯° - C♯ - F♯m A+ - D - G♯° - C♯
mineur
harmonique
si A - Dm Gm - A - Dm E° - A ou Gm - A Gm - Dm E° - A - Dm Dm - B♭ - E° - A
Sol mineur
harmonique
si♭, mi D - Gm Cm - D - Gm A° - D ou Cm - D Cm - Gm A° - D - Gm Gm - E♭ - A° - D
Do mineur
harmonique
si♭, mi♭, la G - Cm Fm - G - Cm D° - G ou Fm - G Fm - Dm D° - G - Cm Cm - A♭ - D° - G

Exemple : La MerModifier

Charles Trenet, « Charles Trenet - La mer (Officiel) [Live Version] », sur YouTube (consulté le 24 décembre 2020)

Le début de La Mer (Charles Trenet, 1946) est en do majeur et est harmonisé par l'anatole I-vi-ii-V7 (C - Am - Dm - G7) sur deux mesures, jouée deux fois (|I-vi|ii-V7| × 2). Viennent des variations avec les progressions I-III-vi-V7 (C - E - Am - G7) puis la « progression ’50s » (voir plus bas) I-vi-IV-VI7 (C - Am - F - A7, on remarque que IV/F est le relatif majeur du ii/Dm de l'anatole), jouées chacune une fois sur deux mesure ; puis cette première partie se conclut par une demie cadence ii-V7 sur une mesure puis une dernière anatole sur trois mesures (|I-vi|ii|V7|). Cela constitue une première partie « A » sur douze mesures qui se termine par une demi-cadence (ii-V7) qui appelle une suite. Cette partie A est jouée une deuxième fois mais la fin est modifiée pour la transition : les deux dernières mesures |ii|V7| deviennent |ii-V7|I| (|Dm-G7|C|), cette partie « A’ » se conclut donc par une cadence parfaite (V7-I).

Le morceau passe ensuite en tonalité de mi majeur, donc une tierce au dessus de do majeur, sur six mesures. Cette partie utilise une progression ’50s I-vi-IV-V7 (E - C♯m - A - B7), qui est rappelons-le une variation de l'anatole, l'accord ii (Fm) étant remplacé par son relatif majeur IV (A). Cette anatole modifiée est jouée deux fois puis la partie en mi majeur se conclut par l'accord parfait I joué sur deux mesures (|E|E|), on a donc, avec la mesure précédente, avec une cadence parfaite (V7-I).

Suivent ensuite six mesures en sol majeur, donc à nouveau une tierce au dessus de mi majeur. Elle comporte une progression I-vi-IV-V7 (G - Em - C - D7), donc anatole avec substitution du ii/Am par son relatif majeur VI/C (progression ’50s), puis une anatole I-vi-ii-V7 (G - Em - Am - D7) et deux mesure sur la tonique I-I7 (G - G7), formant à nouveau une cadence parfaite. La fin sur un accord de septième, dissonant, appelle une suite.

Cette partie « B » de douze mesures comporte donc deux parties similaires « B1 » et « B2 » qui forment une marche harmonique (montée d'une tierce).

Le morceau se conclut par une reprise de la partie « A’ » et se termine donc par une cadence parfaite.

Nous avons une structure A-A’-B-A’ sur 48 mesures, proche la forme AABA étudiée plus loin.

Donc La Mer est un morceau structuré autour de l'anatole avec des variations (progression ’50s, substitution du ii par son relatif majeur IV) et comportant une marche harmonique dans sa troisième partie. Les parties se concluent par des turnarounds sous la forme d'une cadence parfaite ou, pour la partie A, par une demi-cadence.

Structure de La Mer
do majeur
A anatole // variation ’50s ½ c. anatole
| I-vi | ii-V7 | I-vi | ii-V7 | I-III | vi-V7 | I-vi | IV-VI7 | ii-V7 | I-vi | ii | V7 |
A’ anatole // variation ’50s ½ c. anatole c.p.
| I-vi | ii-V7 | I-vi | ii-V7 | I-III | vi-V7 | I-vi | IV-VI7 | ii-V7 | I-vi | ii-V7 | I |
B1 : mi majeur B2 : sol majeur
B ’50s // c.p. ’50s // c.p.
| I-vi | IV-V7 | I-vi | IV-V7 | I | I | I-vi | IV-V7 | I-vi | IV-V7 | I | I7 |
A’

Progression bluesModifier

La musique blues est apparue dans les années 1860. Elle est en général bâtie sur une grille d'accords immuable de douze mesures (twelve-bar blues). C'est sur cet accompagnement qui se répète que s'ajoute la mélodie — chant et solo. Cette structure est typique du blues et se retrouve dans ses dérivés comme le rock 'n' roll.

Le rythme est toujours un rythme ternaire syncopé (shuffle, swing, groove, notes inégales) : la mesure est à quatre temps, mais la noire est divisée en noire-croche en triolet, ou encore triolet de croche en appuyant la première et la troisième.

La mélodie se construit en général sur une gamme blues de six degrés (gamme pentatonique mineure avec une quarte augmentée), mais bien que la gamme soit mineure, l'harmonie est construite sur la gamme majeure. La grille d'accord comporte les accords construits sur les degrés I, III et V de la gamme pentatonique, soit, par rapport à une gamme classique, les degrés I, IV et V ; c'est cette dernière dénomination qui est en général utilisée. Les accords sont souvent des accords de septième (donc avec une septième mineure).

Par exemple, pour un blues en do :

  • accord parfait de do majeur, C (Ier degré) ;
  • accord parfait de fa majeur, F (IVe degré) ;
  • accord parfait de sol majeur, G (Ve degré).

Il existe quelques morceaux harmonisés avec des accords mineurs, comme par exemple As the Years Go Passing By d'Albert King (Duje Records, 1959).

La succession d'accords est typiquement (de gauche à droite et de haut en bas) :

I I ou IV I I
IV IV I I
V IV I I ou V
Blues en mi, harmonisé de manière élémentaire avec une walking bass.

Vous pouvez écouter ci-contre une harmonisation typique d'un blues en mi. Les accords sont exécutés par une basse marchante (walking bass), qui joue une arpège sur la triade avec l'ajout d'une sixte majeure et d'une septième mineure, et par une guitare qui joue un accord de puissance (power chord), qui n'est composé que de la fondamentale et de la quinte juste, avec une sixte en appoggiature.

Bien sûr, il y a des variations dans cette grille. Par exemple, Sweet Home Chicago (Robert Johnson, 1936) est un blues en fa, sa grille d'accords est, aux variations près :

F B♭ F F
B♭ B♭ F F
C7 B♭7 F7 C7
Écouter Michal Angel, « Robert Johnson "Sweet Home Chicago" », sur YouTube, (consulté le 17 décembre 2020)

On trouve également des blues sur huit mesures (height-bar blues) mais la structure est moins fixe. Par exemple :

I V IV IV
I V-IV I V

mais aussi

I I IV IV
I V I-IV I-V

ou encore

I I I I
IV IV V I ou V

Il existe également des blues à seize mesures, qui est en général un blues à douze mesures modifié, par exemple en doublant une succession de quatre mesures :

I I I I
I I I I
IV IV I I
V IV I I ou V

ou dans Watermelon Man de Herbie Hancock (album Takin' Off, Blue Note, 1962)

I I I I
IV IV I I
V IV V V ou IV
V V ou IV I I ou V

ou bien en doublant des progressions de deux mesures comme dans Let's Dance de Jim Lee (interprété par Chris Montez, Monogram, 1962)

I I I I
IV IV I I
V IV V IV
I I I I

À l'inverse, certains blues peuvent avoir une structure plus simple que les douze mesure ; par exemple Hoochie Coochie Man de Willie Dixon (interprété par Muddy Waters sous le titre Mannish Boy, Chicago Blues, 1954) est construit sur un seul accord répété tout le long de la chanson.

Progressions selon le cercle des quintesModifier

 
Cercle des quinte justes (parcouru dans le sens des aiguilles d'une montre) des degrés d'une tonalité majeure.

La progression V-I est la cadence parfaite, mais on peut aussi l'employer au milieu d'un morceau. Cette progression étant courte, sa répétition crée de la lassitude ; on peut la compléter par d'autres accords séparés d'une quinte juste, en suivant le « cercle des quintes » : I-V-IX, la neuvième étant enharmonique de la seconde, on obtient I-V-II. On peut continuer de décrire le cercle des quintes : I-V-II-VI, on obtient l'anatole dans le désordre ; on peut à l'inverse étendre les quintes vers la gauche, IV-I-V-II-VI.

En musique populaire, on trouve fréquemment une progression fondée sur les accord I, IV, V et VI, popularisée dans les années 1950. La « progression années 1950 », « progression fifties ('50) » ('50s progression) est dans l'ordre I-VI-IV-V. On trouve aussi cette progression en musique classique. Si la tonalité est majeure, la triade sur la sus-dominante est mineure, les autres sont majeures, on notera donc souvent I-vi-IV-V. On peut avoir des permutations circulaires (le dernier accord venant au début, ou vice-versa) : vi-IV-V-I, IV-V-I-vi et V-I-vi-IV.

Accords selon la tonalité
Tonalité Armure I IV V vi
Do majeur C F G Am
Sol majeur fa G C D Em
majeur fa♯, do D G A Bm
La majeur fa♯, do♯, sol A D E F♯m
Fa majeur si F B♭ C Dm
Si♭ majeur si♭, mi B♭ E♭ F Gm
Mi♭ majeur si♭, mi♭, la E♭ A♭ B♭ Cm

Par exemple, en tonalité de do majeur, la progression I-vi-IV-V sera C-Am-F-G.

Il existe d'autres progressions utilisant ces accords mais dans un autre ordre, typiquement I–IV–vi–V ou une de ses permutations circulaires : IV–vi–V-I, vi–V-I-IV ou V-I-IV-vi. Ou dans un autre ordre.

PV Nova l'illustre dans plusieurs de ses « expériences » dans la version vi-V-IV-I, soit Am-G-F-C, ou encore vi-IV-I-V, soit Am-F-C-G :

PV Nova, « Expérience no 6 — La Happy Pop », sur YouTube, (consulté le 13 décembre 2020)

et cela devient un gag récurrent avec son « chapeau des accords magiques qu'on nous ressort à toutes les sauces »

PV Nova, « Expérience no 14 — La Soupe dou Brasil », sur YouTube, (consulté le 17 décembre 2020)

Cette récurrence est également parodiée par le groupe The Axis of Awesome avec ses « chansons à quatre accords » (four-chords song), dans une sketch où ils mêlent 47 chansons en utilisant l'ordre I-V-vi-IV :

The Axis of Awesome, « 4 Chords », sur YouTube, (consulté le 17 décembre 2020)

Vous pouvez par exemple jouer les accords C-G-Am-F (I-V-vi-IV) et chanter dessus Let It Be (Paul McCartney, The Beattles, 1970) ou Libérée, délivrée (Robert Lopez, La Reine des neiges, 2013).

La progression I-V-vi-IV est considérée comme « optimiste » tandis que sa variante iv-IV-I-V est considérée comme « pessimiste ».

On peut voir la progression I-vi-IV-V comme une variante de l'anatole I-vi-ii-V, obtenue en remplaçant l'accord de sustonique ii par l'accord de sous-dominante IV, son relatif majeur.

Exemples de progression selon le cercle des quintes en musique classiqueModifier

Dietrich Buxtehude, Psaume 42 Quemadmodum desiderat cervis, quatre premières mesures.

Cette progression selon la cercle des quintes, sous la forme I-vi-IV-V, apparaît déjà au xviie siècle dans le psaume 42 Quem ad modum desiderat cervis de Dietrich Buxtehude (BuxVW92). Le morceau est en fa majeur, la progression d'accords est donc F-Dm-B♭-C.

Longobardo, « D. Buxtehude - Quemadmodum desiderat cervus, BuxWV 92 », sur YouTube,
 
Dietrich Buxtehude, psaume 42 Quemadmodum desiderat cervis, quatre premières mesures.
J.-S. Bach, cantate BWV140, quatre premières mesures.

On la trouve également dans l'ouverture de la cantate Wachet auf, ruft uns die Stimme de Jean-Sébastien Bach (BWV140, 1731). Le morceau est en mi♭ majeur, la progression d'accords est donc E♭-Cm-A♭6-B♭.

 
J.-S. Bach, cantate BWV140, quatre premières mesures.


Mozart, mesures 45 à 49 du premier mouvement de la sonate pour piano no 8 en la mineur (K310, 1778).

La même progression est utilisée par Mozart, par exemple dans le premier mouvement de la sonate pour piano no 8 en la mineur (K310, 1778), la progression d'accords est C-Am-F-G qui correspond à la progression III-i-VI-VII de la mineur, mais à la progression I-vi-IV-V de la gamme relative, do majeur .

 
Mozart, mesures 45 à 49 du premier mouvement de la sonate pour piano no 8 en la mineur (K310, 1778).

Substitution tritoniqueModifier

Un des accords les plus utilisés est donc l'accord de septième de dominante, V7+ qui contient les degrés V, VII, II (IX) et IV(XI), par exemple, en tonalité de do majeur, l'accord de sol septième (G7) contient les notes sol-si--fa. Si l'on prend l'accord dont la fondamentale est trois tons (triton) au dessus ou en dessous — l'octave contenant six tons, on arrive sur la même note —, ♭II7, ici ♭ septième (D♭7), celui-ci contient les notes ♭-fa-la♭-do♭, cette dernière note étant l'enharmonique de si. Les deux accords G7 et D♭7 ont donc deux notes en commun : le fa et le si/do♭.

Il est donc fréquent en jazz de substituer l'accord V7+ par l'accord ♭II7. Par exemple, la progression ii7-V7-Imaj7 devient ii7-♭II7-Imaj7. C'est un procédé courant de réharmonisation (le fait de remplacer un accord par un autre dans un morceau existant).

Les six substitutions possible sont donc : C7↔F♯7 - D♭7↔G7 - D7↔A♭7 - E♭7↔A7 - E7↔B♭7 - F7↔B7.

Dans l'accord D♭7, si l'on remplace le do♭ par son si enharmonique, on obtient un accord de sixte augmentée : ♭-fa-la♭-si. Cet accord est utilisé en musique classique depuis la Renaissance ; on distingue en fait trois accords de sixte augmentée. En prenant le la♭ en fondamentale, ce sont les accords de :

  • sixte française la♭-do--fa♯ ;
  • sixte allemande : la♭-do-mi♭-fa♯ ;
  • sixte italienne : la♭-do-fa♯.

Par exemple, le Quintuor en ut majeur de Franz Schubert se termine par une cadence parfaite dont l'accord de dominante est remplacé par une sixte française sol-si-♭-fa (la𝄫-do♭-♭-fa).

Sept dernières mesures du Quintuor en ut majeur de Franz Schubert.
 
Sept dernières mesures du Quintuor en ut majeur de Franz Schubert.

Forme AABAModifier

La forme AABA est composée de deux progressions de huit mesures, notées A et B ; cela représente trente-deux mesures au total, on parle donc souvent en anglais de la 32-bars form. C'est une forme que l'on retrouve dans de nombreuses chanson de comédies musicales de Broadway comme Have You Met Miss Jones (I'd Rather Be Right, 1937), Over the Rainbow (Le Magicien d'Oz, Harold Harlen, 1939), All the Things You Are (Very Warm for may, 1939).

Par exemple, la version de Over the Rainbow chantée par Judy Garland est en la♭ majeur et la progression d'accords est globalement :

  • A (couplet) : A♭-Fm | Cm-A♭ | D♭ | Cm-A♭ | D♭ | D♭-F | B♭-E♭ | A♭
  • B (pont) : A♭ | B♭m | Cm | D♭ | A♭ | B♭-G | Cm-G | B♭m-E♭

soit en degrés :

  • A : I-vi | iii-I | IV | iii-IV | IV | IV-vi | II-V | I
  • B : I | ii | iii | IV | I | II-VII | iii-VII | ii-V

Par rapport aux paroles de la chanson, on a

  • A : couplet 1 « Somewhere […] lullaby » ;
  • A : couplet 2 « Somewhere […] really do come true » ;
  • B : pont « Someday […] you'll find me » ;
  • A : couplet 3 « Somewhere […] oh why can't I? » ;
Overtherainbow, « Judy Garland - Over The Rainbow (Subtitles) », sur YouTube (consulté le 17 décembre 2020)

Une mise en œuvre de la forme AABA couramment utilisée en jazz est la forme anatole (à le pas confondre avec la succession d'accords du même nom), en anglais rythm changes car elle s'inspire du morceau I Got the Rythm de George Gerschwin (Girl Crazy, 1930) :

  • A : I–vi–ii–V (succession d'accords « anatole ») ;
  • B : III7–VI7–II7–V7 (les fondamentales forment une succession de quartes, donc parcourent le « cercle des quintes » à l'envers).

Par exemple, I Got the Rythm étant en ♭ majeur, la forme est :

  • A : D♭ - B♭m - E♭m - A♭
  • B : F7 - B♭7 - E♭7 - A♭7

ExemplesModifier

Début du Largo de la symphonie du Nouveau MondeModifier

 
Partition avec les cinq premières mesures du Largo de la symphonie du Nouveau Monde.
Fichier son avec les cinq premières mesures du Largo de la symphonie du Nouveau Monde.

Nous avons reproduit ci-contre les cinq premières mesure du deuxième mouvement Largo de la symphonie « Du Nouveau Monde » (symphonie no 9 d'Antonín Dvořák, 1893). Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Vous pouvez écouter cette partie jouée par un orchestre symphonique :

Cette partie fait intervenir onze instruments monodiques (ne jouant qu'une note à la fois) : des vents (trois bois, sept cuivre) et une percussion. Certains de ces instruments sont transpositeurs (les notes sur la partition ne sont pas les notes entendues). Jouées ensemble, ces onze lignes mélodiques forment des accords.

Pour étudier cette partition, nous réécrivons les parties des instruments transpositeurs en do et les parties en clef d’ut en clef de fa. Nous regroupons les parties en clef de fa d'un côté et les parties en clef de sol d'un autre.

Nous pouvons alors tout regrouper sous la forme d'un système de deux portées clef de fa et clef de sol, comme une partition de piano.

Début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde joué sous forme d'accords.

Ensuite, nous ne gardons que la basse et les notes médium. Nous changeons éventuellement certaines notes d'octave afin qu'il n'y ait pas plus d'une tierce entre deux notes superposées.

Début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde joué sous forme d'accords simplifiés.

Vous pouvez écouter cette partie jouée par un quintuor de cuivres (trompette, bugle, cor, trombone, tuba), donc avec des accords de cinq notes :

« Largo from The New World Symphony by Dvorak », sur YouTube (The Chamberlain Brass) (consulté le 11 décembre 2020) : The American Academy of Arts & Letters in New York City (2017).

Nous allons maintenant chiffrer les accords. Dans le chiffrage de la musique populaire, nous avons donc :

  • une triade de mi majeur, E ;
  • une triade de sol majeur avec un en basse : G/D ;
  • à nouveau un E ;
  • un accord de ♭ dont la tierce est remplacée par une quarte, c'est donc un accord à retard (suspended) D♭sus4 ;
  • un accord de la majeur, A ;
  • l'accord d'appogiature sol-ré♭-sol-la, écrit dans l'ordre sol-la-ré♭, peut être vu comme un accord de quinte diminuée dont on substitue la tierce par une seconde (donc un accord à retard), Gdimsus2 (ou Go sus2) ; on peut le voir comme un empilement de quartes à partir du la ;
  • l'accord sol-mi-sol-la peut être vu comme un accord de la mineur septième sans quinte Am7/G la-(do)-mi-sol ;
  • la partie se conclue par un accord parfait de ♭ majeur, D♭.

Soit une progression E - G/D - E - D♭sus4 - A - Go sus2-Am7/G - D♭.

La basse chiffrée est la suivante : mi♮ 5♮/3♯ - ♮ 6/4♮ - mi♮ 5♮/3♯ - ♭ 5/4♮ - la♮ 5♮/3♯ - sol♭ 6/2♮ - ♭ 5.

Thème de Smoke on the WaterModifier

Le morceau Smoke on the Water du groupe Deep Purple (album Machine Head, 1972) possède un célèbre thème, un riff (rythmic figure), joué à la guitare sous forme d'accords de puissance (power chords), c'est-à-dire des accords sans tierce. Le morceau est en tonalité de sol mineur naturel (donc avec un fa♮) avec ajout de la note bleue (blue note, quinte diminuée, ♭), et les accords composant le thème sont G5, B♭5, C5 et D♭5, ce dernier accord étant l'accord sur la note bleue et pouvant être considéré comme une appoggiature (indiqué entre parenthèse ci-après). On a donc a priori, sur les deux premières mesures, une progression I-III-IV puis I-III-(V♭)-IV. Durant la majeure partie du thème, la guitare basse tient la note sol en pédale.

 en musique populaire, la qualité « 5 » indique que l'on n'a que la quinte (et donc pas la tierce), contrairement à la notation de basse chiffrée.
Deep Purple, « Deep Purple — Smoke on the Water (Live at Montreux 2006) », sur Dailymotion, (consulté le 31 décembre 2020)

Cependant, cette progression forme une mélodie, on peut donc plus la voir comme un contrepoint, la superposition de deux voies ayant un mouvement conjoint, joué par un seul instrument, la guitare, la voie 2 étant jouée une quarte juste en dessous de la voie 1 (la quarte juste descendante étant le renversement de la quinte juste ascendante) :

  • voie 1 (aigu) : | sol - si♭ - do | sol - si♭ - (♭) - do | ;
  • voie 2 (grave) : | - fa - sol | - fa - (la♭) - sol |.

En se basant sur la basse (sol en pédale), nous pouvons considérer que ces deux mesures sont accompagnées d'un accord de Gm7 (sol-si♭--fa), chaque accord de la mélodie comprenant à chaque fois au moins une note de cet accord à l'exception de l'appogiature.

Mise en évidence des notes de l'accord Gm7
Accords G5 B♭5 C5
Voie 1 sol si do
Voie 2 fa sol
Basse sol sol sol

Sur les deux mesures suivantes, la basse varie et suit les accords de la guitare avec un retard sur le dernier accord :

Voies sur les mesure 3-4 du thème
Accords G5 B♭5 C5 B♭5 G5
Voie 1 sol si do si sol
Voie 2 fa sol fa
Basse sol sol do si si♭-sol

Le couplet de cette chanson est aussi organisé sur une progression de quatre mesures, la guitare faisant des arpèges sur les accords G5 (sol--sol) et F5 (fa-do-fa) :

| G5-G5 | G5-G5 | G5-F5 | G5-G5 |

soit une progression | I-I | I-I | I-VII | I-I |. Nous pouvons aussi harmoniser le riff du thème sur cette progression, avec un accord F (fa-la-do) ; nous pouvons aussi nous rappeler que l'accord sur le degré VII est plus volontiers considéré comme un accord de septième de dominante V7, soit ici un accord Dm7 (-fa-la-do). On peut donc considérer la progression harmonique sur le thème :

| Gm-Gm | Gm-Gm | Gm-F ou Dm7 | Gm-Gm |.

Cette analyse permet de proposer une harmonisation enrichie du morceau, tout en se rappelant qu'une des forces du morceau initial est justement la simplicité de sa structure, qui fait ressortir la virtuosité des musiciens. Nous pouvons ainsi comparer la version album à la version concert avec orchestre ou à la version latino de Pat Boone. À l'inverse, le groupe Psychostrip, dans une version grunge, a remplacé les accords par une ligne mélodique :

  • le thème ne contient plus qu'une seule voie (la guitare ne joue pas des accords de puissance) ;
  • dans les mesures 9 et 10, la deuxième guitare joue en contrepoint de type mouvement inverse, qui est en fait la voie 2 jouée en miroir ;
  • l'arpège sur le couplet est remplacé par une ligne mélodique en ostinato sur une gamme blues.
Contrepoint sur les mesures 9 et 10
Guitare 1 solsi♭ ↗ do
Guitare 2 solfa

L'harmonie tonaleModifier

L'harmonie tonale est un ensemble de règle assez strictes qui s'appliquent dans la musique savante européenne, de la période baroque à la période classique classique (xive-xviiie siècle). Certaines règles sont encore largement appliquées dans divers styles musicaux actuels, y compris populaire (rock, rap…), d'autres sont au contraire ignorées (par exemple, un enchaînement de plusieurs accords de même qualité forme un mouvement parallèle, ce qui est proscrit en harmonie tonale). De nos jours, on peut voir ces règles comme des règles « de bon goût », et leur application stricte comme une manière de composer « à la manière de ».

Concepts fondamentauxModifier

Consonance
Les intervalles sont considérés comme « plus ou moins consonants » :
  • consonance parfaite : unisson, quinte et octave ;
  • consonance mixte (parfaite dans certains contextes, imparfaite dans d'autres) : quarte ;
  • consonance imparfaite : tierce et sixte ;
  • dissonance : seconde et septième.
Degrés
Certains degrés sont considérés comme « forts », « meilleurs », ce sont les « notes tonales » : I (tonique), IV (sous-dominante) et V (dominante).
 
Mouvements harmoniques.
Mouvements
Le mouvement décrit la manière dont les voix évoluent les unes par rapport aux autres :
  1. Mouvement parallèle : les voix sont séparées par un intervalle constant.
  2. Mouvement oblique : une voix reste constante, c'est le bourdon ; l'autre monte ou descend.
  3. Mouvement contraire : une voix descend, l'autre monte.
  4. Échange de voix : les voix échangent de note ; les mélodies se croisent mais on a toujours le même intervalle harmonique.

Premières règlesModifier

Règle du plus court chemin
Quand on passe d'un accord à l'autre, la répartition des notes se fait de sorte que chaque voix fait le plus petit mouvement possible. Notamment : si les deux accords ont des notes en commun alors les voix concernées gardent la même note.
Éviter les consonances parfaites consécutives
  • Lorsque deux voix sont à l'unisson ou à l'octave, elle ne doivent pas garder le même intervalle, l'effet serait trop plat.
  • Lorsque deux voix sont à la quarte ou à la quinte, elle ne doivent pas garder le même intervalle car l'effet est trop dur.
Pour éviter cela, lorsque l'on part d'un intervalle juste, on a intérêt à pratiquer un mouvement contraire aux voix qui ne gardent pas la même note, ou au moins un mouvement direct : les voix vont dans le même sens mais l'intervalle change.
Notez que même avec le mouvement contraire, on peut avoir des consonances parfaites consécutives, par exemple si une voix fait do aigu ↗ sol aigu et l'autre sol médium ↘ do grave.
L'interdiction des consonances parfaites consécutives n'a pas été toujours appliquée, le mouvement parallèle strict a d'ailleurs été le premier procédé utilisé dans la musique religieuse au xe siècle. On peut par exemple utiliser des quintes parallèles pour donner un style médiéval au morceau. On peut également utiliser des octaves parallèles sur plusieurs notes afin de créer un effet de renforcement de la mélodie.
Par ailleurs, les consonances parfaites consécutives sont acceptée lorsqu'il s'agit d'une cadence (transition entre deux partie ou bien conclusion du morceau).
Éviter le croisement des voix
Les voix sont organisées de la plus grave à la plus aigüe. Deux voix n'étant pas à l'unisson, celle qui est plus aigüe ne doit pas devenir la plus grave et vice versa.
Soigner la partie soprano
Comme c'est celle qu'on entend le mieux, c'est en général celle qui porte la mélodie principale. On lui applique des règles spécifiques :
  1. Si elle chante la sensible dans un accord de dominante (V), alors elle doit monter à la tonique, c'est-à-dire que la note suivante sera la tonique située un demi-ton au dessus.
  2. Si l'on arrive à une quinte ou une octave entre les parties basse et soprano par un mouvement direct, alors sur la partie soprano, le mouvement doit être conjoint. On doit donc arriver à cette situation par des notes voisines au soprano.
Préférer certains accords
Les deux degrés les plus importants sont la tonique (I) et la dominante (V), les accords correspondants ont donc une importance particulière.
À l'inverse, l'accord de sensible (VII) n'est pas considéré comme ayant une fonction harmonique forte. On le considère comme un accord de dominante affaibli. En tonalité mineure, on évite également l'accord de médiante (III).
Donc on utilise en priorité les accords de :
  1. I et V.
  2. Puis II, IV, VI ; et III en mode majeur.
  3. On évite VII ; et III en mode mineur.
Préférer certains enchaînements
Les enchaînements d'accord peuvent être classés par ordre de préférence. Par ordre de préférence décroissante (du « meilleur » au « moins bon ») :
  1. Meilleurs enchaînements : quarte ascendante ou descendante. Notons que la quarte est le renversement de la quinte, on a donc des enchaînements stables et naturels mais avec un intervalle plus court qu'un enchaînement de quintes.
  2. Bons enchaînement : tierce ascendante ou descendante. Les accords consécutifs ont deux notes en commun.
  3. Enchaînement médiocres : seconde ascendante ou descendante. Les accords sont voisins mais ils n'ont aucune note en commun. On les utilise de préférence en mouvement ascendant, et on utilise surtout les enchaînements IV-V, V-VI et éventuellement I-II.
  4. Les autres enchaînements sont à éviter.
On peut atténuer l'effet d'une enchaînement médiocre en plaçant le second accord sur un temps faible ou bien en passant par un accord intermédiaire.

Mais il faut appliquer ces règles avec discernement. Par exemple la voix la plus aigüe est celle qui s'entend le mieux, c'est donc elle qui porte le mélodie principale. Il est important qu'elle reste la plus aigüe. La voix la plus grave porte l'harmonie, elle pose les accords, il est donc également important qu'elle reste la plus grave. Ceci a deux conséquences :

  1. Ces deux voix extrêmes peuvent avoir des intervalles mélodiques importants et donc déroger à la règle du plus court chemin : la voix aigüe parce que la mélodie prime, la voix de basse parce que la progression d'accords prime.
  2. Les croisements des voix intermédiaires sont moins critiques.

Par ailleurs, si l'on applique strictement toutes les règles « meilleurs accords, mailleurs enchaînements », on produit un effet conventionnel, stéréotypé. Il est donc important d'utiliser les solutions « moins bonnes », « médiocres » pour apporter de la variété.

Ajoutons que les renversement d'accords permettent d'avoir plus de souplesse : on reste sur le même accord mais on enrichit la mélodie sur chaque voix.

ApplicationModifier

 
Exercice : harmoniser Frère Jacques.

Harmoniser Frère Jacques.

Nous considérons un morceau à quatre voix : basse, ténor, alto et soprano. La soprano chante la mélodie de Frère Jacques. L'exercice consiste à proposer l'écriture des trois autres voix en respectant les règles énoncées ci-dessus. Pour simplifier, nous ajoutons les contraintes suivantes :

  • toutes les voix chantent des blanches ;
  • nous nous limitons aux accords de quinte (accords de trois sons composés d'une tierce et d'une quinte) sans avoir recours à leurs renversements (accords de sixte, accords de sixte et de quarte).

Les notes à gauche de la portée indiquent la tessiture (ou ambitus), l'amplitude que peut chanter la voix.

Fichier son correspondant.

AnnexeModifier

Accords en musique classiqueModifier

Un accord est un ensemble de notes jouées simultanément. Il peut s'agir :

  • de notes jouées par plusieurs instruments ;
  • de notes jouées par un même instrument : piano, clavecin, orgue, guitare, harpe (la plupart des instruments à clavier et des instruments à corde).

Pour deux notes jouées simultanément, on parle d'intervalle « harmonique » (par opposition à l'intervalle « mélodique » qui concerne les notes jouées successivement).

Les notes répétées à différentes octaves ne changent pas la nature de l'accord.

La musique classique considère en général des empilements de tierces ; un accord de trois notes sera constitué de deux tierces successives, un accord de quatre notes de trois tierces…

Le chiffrage dit de « basse continue » (basso continuo) désigne la représentation d'un accord sous la forme d'un ou plusieurs chiffres arabes et éventuellement d'un chiffre romain.

Accords de trois notesModifier

Accords parfaitsModifier

Les seuls accords considérés comme parfaitement consonants, c'est-à-dire sonnant agréablement à l'oreille, sont appelés « accords parfaits ».

Si l'on prend une tonalité et un mode donné, alors l'accord construit avec les degrés I, III et V de cette gamme porte le nom de la gamme qui l'a généré.

 
Accord parfait de do majeur chiffré.

Par exemple :

  • l'accord parfait de do majeur est composé des notes do, mi et sol ;
  • l'accord parfait de la mineur est composé des notes la, do et mi.

Comme précisé plus haut, on peut rajouter des notes à l'octave supérieure, à partir du moment où la note la plus grave reste la même, les accords sont considérés comme identiques.

Un accord parfait majeur est donc composé d'une tierce majeure et d'une quinte juste. Un accord parfait mineur est composé d'une tierce mineure et d'une quinte juste.

La note du ton de la gamme s'appelle la « fondamentale ». Les autres notes portent le nom de « tierce » et de « quinte »

L'accord parfait est donc l'empilement d'une tierce, majeure ou mineure selon la gamme, et d'une quinte juste. La tierce étant présente dans quasiment tous les accords, l'accord parfait est simplement chiffré « 5 » pour indiquer la quinte. Comme il est construit sur le premier degré de la gamme, on peut lui adjoindre un « I » (« un » en chiffre romain).

Lorsque l'accord prend la forme canonique décrite ci dessus, il est dit « fondamental » (ou encore « primitif » ou « direct »).

On peut également commencer un accord sur sa deuxième ou sa troisième note, en faisant monter celle(s) qui précède(nt) à l'octave suivante. On parle alors de « renversement d'accord » ou d'accord « renversé ».

 
Accord parfait de do majeur et ses renversements, chiffrés.

Par exemple,

  • le premier renversement de l'accord parfait de do majeur est :
    mi, sol, do ;
  • le second renversement de l'accord parfait de do majeur est :
    sol, do, mi.

Les notes conservent leur nom de « fondamentale », « tierce » et « quinte » malgré le changement d'ordre. La note la plus grave est appelée « basse ».

Le chiffrage en chiffre romains est toujours « I » puisque même s'il est renversé, l'accord est construit sur la tonique de la gamme. Dans le cas du premier renversement, le deuxième note est la tierce de la basse (la note la plus grave) et la troisième note est la sixte, le chiffrage en chiffres arabes est donc « 6 » (puisque l'on omet la tierce). Pour le deuxième renversement, les intervalles sont la quarte et la sixte, le chiffrage est donc « 4-6 ».

Accords de quatre notesModifier

Les accords de quatre notes sont des accord composés de trois tierces superposées. La dernière note étant le septième degré de la gamme, on parle aussi d'accords de septième.

Ces accords sont dissonants : ils contiennent un intervalle de septième (soit une octave montante suivie d'une seconde descendante). Ils laissent donc une impression de « tension ».

Il existe sept différents types d'accords, ou « espèces ». Citons l'accord de septième de dominante, l'accord de septième mineure et l'accord de septième majeure.

L'accord de septième de dominanteModifier
 
Accord de septième de dominante de do majeur et ses renversements, chiffrés.

L'accord de septième de dominante est l'empilement de trois tierces à partir de la dominante de la gamme, c'est-à-dire du Ve degré. Par exemple, l'accord de septième de dominante de do majeur est l'accord sol-si--fa, et l'accord de septième de dominante de la mineur est mi-sol♯-si-. L'accord de septième de dominante dont la fondamentale est do (do-mi-sol-si♭) appartient à la gamme de fa majeur.

Que le mode soit majeur ou mineur, il est composé d'une tierce majeure, d'une quinte juste et d'une septième mineure (c'est un accord parfait majeur auquel on ajoute une septième mineure). C'est de loin l'accord de septième le plus utilisé ; il apparaît au xviie en musique classique.

Dans son état fondamental, son chiffrage est V 7/+ (ou V7+). Le signe plus indique la sensible.

Son premier renversement est appelé « accord de quinte diminuée et sixte » et est noté V 6/5 (ou V65).

Son deuxième renversement est appelé « accord de sixte sensible », puisque la sixte de l'accord est la sensible de la gamme, et est noté V +6 (ou V+6).

Son troisième renversement est appelé « accord de quarte sensible » et est noté V +4 (ou V+4).

 
Accord de septième de dominante sans fondamentale de do majeur et ses renversements, chiffrés.

On utilise aussi l'accord de septième de dominante sans fondamentale ; c'est alors un accord de trois notes.

Dans son état fondamental, c'est un « accord de quinte diminuée » placé sur le VIIe degré (mais c'est bien un accord construit sur le Ve degré), noté V 5 (ou V5).

Dans son premier renversement, c'est un « accord de sixte sensible sans fondamentale » noté V +6/3 (ou V+63).

Dans son second renversement, c'est un « accord de triton sans fondamentale » (puisque le premier intervalle est une quarte augmentée qui comporte trois ton) noté V 6/+4 (ou V6+4).

Les accords de septième d'espèceModifier

Les autres accords de septièmes sont dits « d'espèce ».

L'accord de septième mineure est l'accord de septième formé sur la fondamentale d'une gamme mineure naturelle. Par exemple, l'accord de septième mineure de la est la-do-mi-sol. Il est composé d'une tierce mineure, d'une quinte juste et d'une septième mineure (c'est un accord parfait mineur auquel on ajoute une septième mineure).

L'accord de septième majeure est l'accord de septième formé sur la fondamentale d'une gamme majeure. Par exemple, L'accord de septième majeure de do est do-mi-sol-si. Il est composé d'une tierce majeure, d'une quinte juste et d'une septième majeure (c'est un accord parfait majeur auquel on ajoute une septième majeure).

Utilisation du chiffrageModifier

Le chiffrage est utilisé de deux manières.

La première manière, c'est la notation de la basse continue. La basse continue est une technique d'improvisation utilisée dans le baroque pour l'accompagnement d'instruments solistes. Sur la partition, on indique en général la note de basse de l'accord et le chiffrage en chiffres arabes.

La seconde manière, c'est pour l'analyse d'une partition. Le fait de chiffrer les accords permet de mieux en comprendre la structure.

De manière générale, on peut retenir que :

  • le chiffrage « 5 » indique un accord parfait, superposition d'une tierce (majeure ou mineure) et d'une quinte juste ;
  • le chiffrage « 6 » indique le premier renversement d'un accord parfait ;
  • le chiffrage « 6/4 » indique le second renversement d'un accord parfait ;
  • chiffrage « 7/+ » indique un accord de septième de dominante ;
  • le signe « + » indique en général que la note de l'intervalle est la sensible ; il indique plus rarement que l'intervalle est un intervalle augmenté ;
  • un intervalle barré désigne un intervalle diminué.

Notation « jazz »Modifier

En jazz et de manière générale en musique rock et populaire, la base d'un accord est la triade composée d'une tierce (majeure ou mineure) et d'une quinte juste. Pour désigner un accord, on utilise la note fondamentale, éventuellement désigné par une lettre dans le système anglo-saxon (A pour la etc.), suivi d'une qualité (comme « m », « + »…).

Les renversements ne sont pas notés de manière particulière, ils sont notés comme les formes fondamentales.

Dans les deux tableaux suivants, la fondamentale est notée X (remplace le C pour un accord de do, le D pour un accord de …). La construction des accords est décrite par la suite.

 
Formation des triades présentée sous forme d'arbre.
Notation des principales triades
Tierce
mineure (3m)
Tierce
majeure (3M)
Quinte diminuée (5d) Xo, Xm♭5, X–♭5
Quinte juste (5J) Xm, X– X
Quinte augmentée (5A) X+, X♯5
Notation des principaux accords de septième
Tierce
mineure (3m)
Tierce
majeure (3M)
Quinte
diminuée (5d)
Septième diminuée (7d) Xo7
Septième mineure (7m) Xm7(♭5), X–7(♭5), XØ
Quinte
juste (5J)
Sixte majeure (6M) Xm6 X6
Septième mineure (7m) Xm7, X–7 X7
Septième majeure (7M) Xmmaj7, X–maj7, XmΔ, X–Δ Xmaj7, XΔ
Quinte
augmentée (5A)
Septième mineure (7m) X+7
Septième majeure (7M) X+maj7

   

On notera que l'intervalle de sixte majeure est l'enharmonique de celui de septième diminuée (6M = 7d).

TriadesModifier

Accords fondés sur une tierce majeure
  • accord parfait majeur : pas de notation
    p. ex. « do » ou « C » pour l'accord parfait de do majeur (do - mi - sol)
Accords fondés sur une tierce mineure
  • accord parfait mineur : « m », « min » ou « – »
    « do m », « do – », « Cm », « C– »… pour l'accord parfait de do mineur (do - mi♭ - sol)

Triades modifiéesModifier

Accords fondés sur une tierce majeure
  • accord augmenté (la quinte est augmentée) : aug, +, ♯5
    « do aug », « do + », « do♯5 » « Caug », « C+ » ou « C♯5 » pour l'accord de do augmenté (do - mi - sol♯)
L'accord augmenté est un empilement de tierces majeures. Ainsi, un accord augmenté a deux notes communes avec deux autres accords augmentés : C+ (do - mi - sol♯) a deux notes communes avec A♭+ (la♭ - do - mi) et avec E+ (mi - sol♯ - si♯) ; et on remarque que ces trois accords sont en fait enharmoniques (avec les enharmonies la♭ = sol♯ et si♯ = do). En effet, l'octave comporte six tons (sous la forme de cinq tons et deux demi-tons), et une tierce majeure comporte deux tons, on arrive donc à l'octave en ajoutant une tierce majeure à la dernière note de l'accord.
Accords fondés sur une tierce mineure
  • accord diminué (la quinte est diminuée) : dim, o, ♭5
    « do dim », « doo », « do♭5 », « Cdim », « Co » ou « C♭5 » pour l'accord de do diminuné (do - mi♭ - sol♭)
On remarque que la quinte diminuée est l'enharmonique de la quarte augmentée et est l'intervalle appelé « triton » (car composé de trois tons).
Accords fondés sur une tierce majeure ou mineure
  • accord suspendu de seconde : la tierce est remplacée par une seconde majeure : sus2
    « dosus2 » ou « Csus2 » pour l'accord de do majeur suspendu de seconde (do--sol)
  • accord suspendu de quarte : la tierce est remplacée par une quarte juste : sus4
    « dosus4 » ou « Csus4 » pour l'accord de do majeur suspendu de quarte (do-fa-sol)

Triades appauvriesModifier

Accords fondés sur une tierce majeure ou mineure
  • accord de puissance : la tierce est omise, l'accord n'est constitué que de la fondamentale et de la quinte juste : 5
    « do5 », « C5 » pour l'accord de puissance de do (do - la)
 très utilisé dans les musiques rock, hard rock et heavy metal, il est souvent joué renversé (la - do) ou bien avec l'ajout de l'octave (do - la - do).

Triades enrichiesModifier

Accords fondés sur une tierce majeure
  • accord de septième (la 7e est mineure) : 7
    « do7 », « C7 » pour l'accord de do septième, appelé « accord de septième de dominante de fa majeur » en musique classique (do - mi - sol - si♭)
  • accord de septième majeure : Δ, 7M ou maj7
    « do Δ », « do maj7 », « CΔ », « C7M »… pour l'accord de do septième majeure (do - mi - sol - si)
Accords fondés sur une tierce mineure
  • accord de mineur septième (la tierce et la 7e sont mineures) : m7, min7 ou –7
    « do m7 », « do7 », « Cm7 », « C–7 »… pour l'accord de do mineur septième, appelé « accord de septième de dominante de fa mineur » en musique classique (do - mi♭ - sol - si♭)
  • accord mineure septième majeure : m7M, m7maj, mΔ, –7M, –7maj, –Δ
    « do m7M », « do mmaj7 », « doΔ », « Cm7M », « Cmmaj7 », « C–Δ »… pour l'accord de do mineur septième majeure (do - mi♭ - sol - si)
  • accord de septième diminué (la quinte et la septième sont diminuée) : dim 7 ou o7
    « do dim7 », « doo7 », « Cdim7 » ou « Co7 » pour l'accord de do septième diminué (do - mi♭ - sol♭ - si♭)
  • accord demi-diminué (seule la quinte est diminuée, la septième est mineure) : Ø ou –7(♭5)
    « doØ », « do7(♭5) », « CØ » ou « C7♭5 » pour l'accord de do demi-diminué (do - mi♭ - sol♭ - si)

ArpègeModifier

Un arpège est un accord que l'on « égrène », dont les notes sont jouées successivement et non plus simultanément, mais en les laissant sonner. On peut aussi voir ça comme une gamme formée des seules notes d'un accord.

Construction pythagoricienne des accordsModifier

Nous avons vu au débuts que lorsque l'on joue deux notes en même temps, leurs vibrations se superposent. Certaines superpositions créent un phénomène de battement désagréable, c'est le cas des secondes.

Dans le cas d'une tierce majeure, les fréquences des notes quadruple et quintuple d'une même base : les fréquences s'écrivent 4׃0 et 5׃0. Cette superposition de vibrations est agréable à l'oreille. Nous avons également vu que dans le cas d'une quinte juste, les fréquences sont le double et le triple d'une même base, ou encore le quadruple et sextuple si l'on considère la moitié de cette base.

Ainsi, dans un accord parfait majeur, les fréquences des fondamentales des notes sont dans un rapport 4, 5, 6. De même, dans le cas d'un accord parfait mineur, les proportions sont de 1/6, 1/5 et 1/4.

Notes et référencesModifier

  1. quand on ne dispose pas de la notation en supérieur (exposant) et inférieur (indice), on utilise parfois une notation sous forme de fraction : sol 6/4 et do 5/.

Voir aussiModifier

Liens externesModifier

 

Wikipédia propose un article sur : « Consonance (harmonie tonale) ».

 

Wikipédia propose un article sur : « Disposition de l'accord ».


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