La rage est une maladie virale grave touchant les mammifères dont l'Homme. Elle est causée par un virus qui provoque une encéphalite. Zoonose assez commune, elle touche surtout les carnivores. Les symptômes sont nerveux ; parfois une agressivité bien qu'il existe aussi des formes plus frustes où le malade est particulièrement calme. En Europe, la rage a efficacement été éliminée de certains pays par distribution d'appâts vaccinants dispersés dans la nature.

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Chien atteint de la rage

Description

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Micrographie au microscope électronique à transmission montrant de nombreux virions de la rage (petits bâtonnets gris sombres) et des corps de Negri (inclusions cellulaires plus larges pathognomoniques de la rage.

La rage est causée par un virus de la famille des Rhabdoviridae et du genre Lyssavirus qui fut identifié en 1903. Ce sont des virus enveloppés, leur génome est une molécule d'ARN de polarité négative de forme hélicoïdale. À ce titre, ils présentent une grande sensibilité aux agents physico-chimiques de désinfection et donc une faible résistance dans le milieu extérieur. Le virus ne supporte pas les températures de 38 à 40 °C, il devient inactif en peu de temps cependant une fois dans un organisme il est protégé. Le virus de la rage infecte tous les mammifères. Il a un tropisme nerveux, et en particulier le système nerveux central, ce qui explique les troubles observés.

Transmission

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En Europe, les vecteurs de la rage peuvent être le renard, le loup, le blaireau, le chevreuil mais également le chien, le chat, la vache, et la chauve-souris. En Amérique, la rage est transmise par le raton laveur ou le coyote. La rage se transmet le plus souvent par morsure, mais peut aussi être transmise par simple léchage. Après une infection, le virus pénètre (directement ou indirectement) le système nerveux périphérique. Il voyage alors le long des nerfs vers le système nerveux central. Pendant cette phase il ne peut pas être facilement détecté par le système immunitaire de l'hôte, et la vaccination peut toujours conférer une immunité. Une fois que le virus atteint le cerveau il provoque rapidement une encéphalite et les symptômes apparaissent. Il peut aussi infecter la moelle épinière, provoquant une myélite. Suite au contact éventuellement contaminant, le virus ne met que quelques heures à atteindre le système nerveux central. Il est reconnu que plus le point d'entrée du virus est proche du cerveau, plus l'évolution sera rapide.

Chez l'animal, les symptômes dépendent de l'espèce concernée. Typiquement, une ataxie généralisée, de l'hyperesthésie, des douleurs cervicales, une hypersalivation marquée et parfois des convulsions des muscles faciaux (en particulier des masséters) sont observés. Dans le cas des carnivores, un comportement anormalement agressif est fréquent, mais pas systématique. Dans le premier cas, l'animal cherche à mordre tout objet se situant à proximité de sa tête, et ne lâche pas prise après morsure. L'aboiement d'un chien enragé est spécifique (« bitonal »). On recherche ainsi systématiquement à écarter en première intention la rage lorsqu'un chien vient en consultation avec des troubles nerveux. Classiquement, les chiens sont décrits comme contaminés par une morsure d'un autre animal infecté font une forme clinique paralytique et ne montrent pas de signes d'agressivité ; dans ce cas là, les carnivores constituent en général une impasse épidémiologique et ne transmettent pas la maladie à l'homme.

Durant la période d'incubation de la maladie, le sujet ne transmet pas le virus, qui est indétectable selon les techniques de diagnostics actuelles. Vu sa fragilité dans le milieu extérieur, l'entrée du virus dans l'organisme ne se fait que par le biais d'une effraction de la peau ou par les muqueuses buccale ou oculaire. La transmission in vitro peut aussi se faire par voie aérosol, via les muqueuses.

Dans la moitié des cas, cette phase dure moins de 2 mois, dans 80 % des cas, elle dure moins de trois mois. La période d'incubation est le plus souvent de trois à douze semaines. La phase d'excrétion débute avant l'apparition des premiers signes cliniques. Elle débute dans 80 % des cas seulement trois jours avant la déclaration de la maladie, dans 15 % des cas six jours avant, et enfin dans seulement 5 % des cas dans les huit jours. Il faut enfin noter que la phase d'excrétion ne précède pas toujours la déclaration de la maladie.

Prévention

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L'éradication a été menée, entre autres, grâce à la vaccination préventive des animaux de compagnie et des personnes potentiellement exposées au virus de la rage (chiroptérologues, vétérinaires, ...), et par un plan de surveillance de cette maladie au niveau national. Un vaccin préventif contre la rage existe. Il est inoculé aux personnes dont l'activité est un facteur de risque d'infection. Les vétérinaires ou les personnes se rendant dans certains pays. Ce vaccin préventif ne dispense pas d'une vaccination curative.

La maladie peut être prévenue à condition de s'y prendre avant que n'apparaissent les premiers signes, c’est-à-dire pendant la période d'incubation, en appliquant une vaccination curative. Entre le moment où le virus pénètre dans l'organisme (le plus fréquemment par morsure, mais parfois aussi par léchage d'une blessure ou par griffure) et celui où la maladie se déclare, il s'écoule généralement entre deux et huit semaines, ce qui laisse un temps de réaction. En fait la durée de l'incubation dépend de la dose de virus inoculée, de la localisation de la morsure (plus elle est proche d'une zone riche en terminaisons nerveuses, plus vite la maladie se déclare) et de la gravité de la plaie.

Des rappels doivent être faits régulièrement pour que la vaccination reste efficace. Il est utile de retirer autant que possible le matériel infecté après la morsure s'il y a lieu. La préparation des vaccins contre la rage est obtenus par cultures sur embryons de canards et poulet, et aussi un type de vaccins est préparé avec la culture de cellules diploïdes humaines.

Traitement

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La rage est une maladie presque toujours mortelle chez l'homme lorsque apparaissent les premiers signes. Les cas de survie sont tout à fait exceptionnels. En revanche, la vaccination antirabique pratiquée entre la contamination et l'apparition des premiers signes est très efficace. Dans des zones où des chauves-souris vampires sont porteuses de rage de manière endémique, il est recommandé de se protéger des morsures de chauves-souris pendant la nuit. Ainsi, les voyageurs en forêt dormiront sous moustiquaire même en l'absence de moustiques. La moustiquaire devra être disposée de façon suffisamment ample pour qu'il soit impossible à une chauve-souris de mordre la personne au travers du moustiquaire.

Pour les animaux

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Zones libres de rage : Vert foncé : libres depuis toujours ; Vert : libres dès avant 1990 ; Vert clair : libres après 1990 ; Turquoise : libres en 2010, histoire inconnue ; Rouge clair : zones atteintes de la rage

Il faut signaler immédiatement tout cas de rage au chef technique ou à l'autorité administrative locale. Tout chien mordeur doit être considéré comme suspect de rage.

Il est très important de savoir qu'un chien « mordeur » infecté par la rage peut transmettre le virus avant l'apparition des premiers symptômes. Aussi est-il nécessaire de le garder en observation pendant au moins quinze jours. En fourrière, le chien doit être nourri et abreuvé. Si le chien est enragé, il mourra dans les dix jours après les premiers symptômes. Tout chien ayant mordu une personne, même s'il ne présente aucun signe de rage, doit être placé en observation (trois examens de vétérinaire dans les quinze jours qui suivent la morsure). Au cours de cette période d'observation, si les signes de la maladie apparaissent, la rapide évolution du caractère fatal du mal permettent d'établir le diagnostic.

Il ne faut pas sacrifier un chien « mordeur » comme il a souvent été tenté de faire. Cela pourrait empêcher de savoir s'il était enragé. Si le chien mordeur est mort, il faut contacter la direction des services vétérinaires qui décidera s'il y a lieu d'effectuer une analyse de laboratoire sur le cerveau du chien. En effet, les tests de détection du virus ne peuvent faire la différence entre les anticorps dus au virus, et les anticorps dus au vaccin. Les deux tests sont utilisés dans la recherche du virus de la rage : l’immunofluorescence et l’inoculation aux cultures cellulaires. Ces deux techniques permettent de savoir si le virus a atteint le cerveau, mais le plus souvent ne permettent pas d'infirmer ou de confirmer la contamination du sujet, l'animal étant généralement sacrifié trop tôt.