Wikijunior:Les grandes dates de l'histoire de France/1804 : Le couronnement de Napoléon Ier

Le Sacre de Napoléon par Jacques-Louis David (1808 musée du Louvre)

Le Sacre de Napoléon Ier est la cérémonie d'intronisation et de couronnement qui suivit la proclamation de Napoléon Bonaparte comme empereur des Français sous le titre de Napoléon Ier du 18 mai 1804. La cérémonie se déroula le dimanche 2 décembre 1804 à la Notre-Dame de Paris en présence du pape Pie VII. Elle dura près de cinq heures et le peintre Jacques-Louis David en fit deux tableaux : le Sacre de Napoléon et la Distribution des aigles le plus célèbre étant le premier.

ContexteModifier

La proclamation du senatus-consulteModifier

Le 18 mai 1804, le consul à vie Napoléon Bonaparte reçut la délégation du Sénat lui présentant le senatus consulte promulgué le 4 mai, qui le proclame empereur des Français sous le nom de Napoléon Ier.

PlébisciteModifier

À la suite de la proclamation, il fut demandé au peuple sous la forme d'un plébiscite (ancêtre du sondage), d'accepter l'«hérédité de la dignité impériale ». Les résultats de ce plébiscite furent de 3 572 329 oui contre 2 569 non soit plus de 99,9 % d'approbation.

La cérémonieModifier

CérémonieModifier

La cérémonie qui dura cinq heures, et qui voit le sacre de Napoléon Ier et de Joséphine de Beauharnais, se termine ainsi : Après avoir été sacrés, l'Empereur et l'Impératrice montent sur l'estrade. Le pape les bénit en prononçant ces mots : "Sur ce trône de l'Empire que vous affermisse et que, dans son royaume éternel, vous fasse régner avec lui, Jésus-Christ, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, qui vit et règne avec Dieu le père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles". Puis Pie VII donne l'accolade à l'Empereur et dit : "Vivat Imperator in aeternum" (traduction : Que vive l'Empereur pour l'éternité (traduit aussi par Que vive l'Empereur à jamais)), ce à quoi répond l'assistance par des "Vive l'Empereur" et "Vive l'Impératrice". C'est alors que Napoléon prononce son serment civil mentionné dans les témoignages. Enfin, le héraut d'armes proclame majestueusement : "Le très glorieux et très auguste Napoléon, empereur des Français, est sacré et intronisé !".

FestivitésModifier

Quand Napoléon sort de Notre-Dame, une salve de cent un coups de canons retentit et le mois de décembre n'est que fêtes et réjouissances dans la capitale.

Un couronnement critiquéModifier

Voici ce que raconte Madame de Rémusat (extraits de Mémoires de Madame de Rémusat, tome 2, 1881), amie de Joséphine de Beauharnais :

 
Laetitia Bonaparte

II y eut d'abord de grandes discussions sur le couronnement particulier de l'empereur. La première idée était que le pape placerait cette couronne de ses propres mains ; mais Bonaparte se refusait à l'idée de la tenir de qui que ce fût. On détermina enfin que l'empereur se couronnerait lui-même et que le pape donnerait seulement sa bénédiction. [...] Arrivé à Notre-Dame, l'empereur demeura quelque temps à l'archevêché pour y revêtir ses grands habits qui paraissaient l'écraser un peu. Sa petite taille se fondait sous son énorme manteau d'hermine. Une simple couronne de laurier ceignait sa tête ; il ressemblait à une médaille antique. Mais il était d'une pâleur extrême, véritablement ému et son regard trouble. Après s'être couronné lui-même, Napoléon couronna Joséphine. Le moment où l'impératrice fut couronnée excita un mouvement général d'admiration. Elle marcha si bien vers l'autel, s'agenouilla d'une manière si élégante et si simple que cet acte satisfit tous les regards. [...] Le pape durant toute la cérémonie eut toujours un peu l'air d'une victime résignée, mais résignée noblement.

BibliographieModifier

  • Frédéric Masson, le Sacre et le couronnement de Napoléon Paris 1908
  • José Cabanis, Le Sacre de Napoléon 1970 Gallimard

Source de l'articleModifier

Sacre de Napoléon Ier