« Précis d'épistémologie/La recherche de la raison » : différence entre les versions

(en cours de réécriture)
((en cours de réécriture))
<noinclude>{{Précis d'épistémologie}}</noinclude>
 
(en cours de réécriture)
 
 
''« - ... je veux bien mener cet examen avec toi, pour que nous recherchions ensemble ce que peut bien être la vertu.'' 
 
 
Pour développer la raison, nous devons apprendre à raisonner et donc à inventer des discours et des théories, mais nous devons aussi surtout apprendre à écouter. Nous ne savons pas par avance ce que la raison va nous enseigner, nous le découvrons en tendant l'oreille et en ouvrant les yeux, en étant prêts à accueillir toutes les observations, les pensées et les principes qui pourraient nous éclairer, nous aider à mieux penser et à mieux vivre.
 
Les conditions d'apparition de la raison sont générales&nbsp;: des êtres qui parlent et qui veulent trouver ensemble des vérités et des preuves, en respectant toutes les règles de l'esprit critique. Ces conditions ne dépendent pas spécifiquement de notre humanité sur la Terre. D'autres êtres vivants, sur d'autres planètes, en d'autres temps, pourraient également développer la même raison, parce que ses conditions d'apparition sont universelles.
 
== L'unité de la raison ==
 
Pour qu'un savoir puisse être partagé, il faut qu'il puise seulement dans des ressources communes, accessibles à tous. On pourrait croire que c'est une limite très restrictive, qu'en se privant de ressources privées, on se prive du même coup du meilleur du savoir, mais c'est l'exact contraire qui est vrai. Nos intelligences sont les plus puissantes justement quand elles se limitent aux ressources communes. C'est en nous entraidant que nous découvrons le mieux le pouvoir de nos intelligences, que nous développons les meilleurs savoirs et que nous faisons vivre la raison.
 
Un esprit s'accomplit en étant bon pour tous les esprits. Mais est-ce vraiment possible ? Un esprit a-t-il vraiment les moyens d'être bon pour tous les esprits ? N'est-ce pas plutôt une illusion ?
 
Les principes éthiques nous montrent que nous pouvons savoir ce que nous devons faire, les principes épistémologiques, que nous pouvons faire la différence entre le savoir et l'ignorance, les principes logiques, que nous pouvons raisonner correctement, les principes métaphysiques, que nous pouvons connaître les plus grandes vérités sur tout ce qui est. Ces grands principes nous révèlent la puissance de la raison. Ils sont universels. Ils donnent à tous les esprits les moyens d'acquérir tous les savoirs, de comprendre tous les esprits et de révéler tous les bienfaits de la raison. En apprenant ce que les grands principes nous enseignent, nous apprenons du même coup que nous pouvons penser pour le bien de tous les esprits. Être bon pour tous les esprits n'est pas un idéal inaccessible. C'est la réalité de la pensée rationnelle.
 
Tous les savoirs manifestent l'unité de la raison. Les principes les plus fondamentaux, les principes des principes, sont les mêmes pour toutes les sciences. De ce point de vue on peut dire que toutes les sciences parlent d'une seule voix et que tous les esprits contribuent au développement d'un savoir commun.
 
== L'autorité de la raison ==
 
On peut raisonner sur la raison comme si elle était la sagesse d'un esprit et lui attribuer une volonté parce qu'on peut lui attribuer des fins. L'éthique nous enseigne ce qui mérite d'être poursuivi et nous donne ainsi les moyens de nous accomplir. Que nous poursuivions les fins que la raison nous prescrit peut justement être considéré comme une fin de la raison. Tout se passe comme si la raison était une bonne autorité qui nous montre les bons chemins.
 
Savoir qu'un esprit doit travailler pour le bien de l'esprit ne suffit pas pour décider des fins particulières que nous nous donnons. C'est ce qu'on attend d'une bonne autorité. Si elle nous privait de notre liberté, elle ne serait pas une bonne autorité. Le savoir éthique rationnel n'est pas une entreprise totalitaire qui décide à notre place de ce que nous devons faire. Il en est l'exact contraire puisqu'il nous demande de décider librement et intelligemment. Il est une condition de la véritable liberté, parce qu'on fait un mauvais usage de sa liberté si on ne s'en sert pas pour le bien. Plus on connaît le bien, mieux on peut le faire et vivre ainsi comme un esprit vraiment libre.
 
== Que pouvons-nous espérer ? ==
Si la liste des problèmes que nous pouvons résoudre rationnellement était connue d'avance, nous saurions quoi espérer. Mais justement elle n'est pas connue d'avance. Nous ne connaissons pas l'étendue des compétences que la raison peut nous donner.
 
Comme nous ne savons pas de quoi la raison nous rend capables, nous pouvons placer nos espoirs très haut, que le règne de la raison vienne, que sa volonté soit faite, sur la terre comme au ciel, que le présent éphémère soit la splendeur de la vérité éternelle, ou très bas, la raison ne sera jamais plus qu'une pauvre consolation dans une vallée de larmes.
 
Le développement de la raison est l'histoire d'un étonnement perpétuellement renouvelé. Les sciences ont dépassé nos espérances. La Nature nous a révélé beaucoup plus de secrets que ce que nous pouvions rêver.
4 783

modifications