Différences entre les versions de « Photographie/Fabricants/Optique et Précision de Levallois/Focaflex Automatic »

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m (→‎Caractéristiques : prix en 1960 et 1964)
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'''Système de visée, mécanisme d’obturation et télémètre''' : comme sur le Focaflex 1er modèle.
 
'''Automatisme''' : le dispositif, débrayable et à priorité vitesse, est commandé par un posemètre à cellule photoémissive. Il ne consomme d’autre énergie que celles fournies par l’éclairement et par la pression d’un doigt sur un bouton. L’enfoncement du bouton actionne un mécanisme d’asservissement appelé « combinateur » mis au point spécialement pour cet appareil, appelé « combinateur ». Celui-ci consiste en un jeu de trois cames crantées corrélées par diverses liaisons mécaniques (tiges, leviers à becs, glissières et ressorts antagonistes) aux trois paramètres : rapport sensibilité-vitesse, indication du galvanomètre, ouverture du diaphragme. La mise en mouvement du combinateur transmet la position de la double bague sensibilités-vitesses, la combine à celle de l’aiguille du galvanomètre (localisée en douceur par un palpeur à renvoi d’équerre) et positionne en conséquence la commande de présélection du diaphragme. Le diaphragme ainsi sélectionné est indiqué dans le viseur par une aiguille. Pour que le réglage soit effectif, le bouton doit être maintenu appuyé jusqu’au déclenchement. Il est à noter que la commande du combinateur est indépendante du déclencheur, ce qui minimise les retards au déclenchement ainsi que les risques de bougé et de prises de vue accidentelles.
'''Posemètre''' : le capteur est une cellule au sélénium de grandes dimensions (14 mm x 58 mm) protégée par un volet rabattable. Sa provenance n’est pas établie mais la fenêtre, semblable à celle d’un modèle qui équipe de nombreux Focasport de la première série (cinq rangées de lenticules en quinconce, hauteur 14 mm), laisse penser qu’il s’agit d’une production [[Chauvin-Arnoux]]. Les grandes dimensions de la cellule et le volet protecteur sont des gages de sensibilité et de durabilité.
 
'''Double bague sensibilités-vitesses''' : pour prendre en compte la sensibilité de la pellicule, lesses concepteurs de l’Automatic ont adopté une solution à la fois simple et rationnelle. Elle consiste en l’adjonction d’une seconde bague à la bague de sélection des vitesses dont la fonction est de porter la came crantée chargée de fournir l’information pertinente au combinateur. Sa position relative est proportionnelle à la sensibilité. Sa position absolue est proportionnelle au rapport « degré de sensibilité » / « vitesse » : elle est la même, par exemple, pour les réglages 200 ASA x 1/250 s, 100 ASA x 1/125 s, 50 ASA x 1/60 s, etc. Pour ce faire, les graduations des deux bagues sont conjuguées : 6-12-25-50-100-200-400 ASA sur l’une, 250-125-60-30-15-8-4-2-1 s-1 sur l’autre, avec des écarts égaux entre les crans. Les deux bagues (à sensibilité constante) sont solidaires l'une de l'autre (à sensibilité constante). Pour changer le réglage de sensibilité, il faut pousser la bague desen sensibilitésquestion vers le boîtier avant de la tourner.
 
'''Semi-automatismeFonctionnement en mode automatique''' : l’automatiquel’automatisme à priorité vitesse laisse à l’opérateur la possibilité d’intervenir sur le choix du diaphragme (afin de modifier la profondeur de champ, par exemple) ainsi que sur l’exposition du cliché (en cas de contrejour ou d’utilisation d’un filtre). Pour le guider dans le choix de la vitesse, un secteur de couleur jaune porté par la bague des sensibilités le long de l’échelle des vitesses délimite celles qui lui sont accessibles compte tenu de la sensibilité considérée et de la gamme des diaphragmes de l’objectif (7 crans de f/2,8 à f/22). Ainsi, à 25 ASA, les temps de pose opérationnels vont de 1/125 s à 1/2 s ; à 50 ASA, ils vont de 1/250 s à 1/4 s ; à 100 ASA, le choix se réduit d’un cran : 1/250 s – 1/8 s ; etc. Un bon compromis de vitesse peut de la sorte être trouvé sans tâtonnements. Si on souhaite par exemple minimiser la profondeur de champ, on sélectionnera la vitesse maximale contenue dans le secteur jaune. La valeur du diaphragme résultant se lit dans le viseur lorsqu’on appuie sur le bouton de couplage automatique. Elle est indiquée par la position d’une aiguille sur une échelle graduée de 2,8 à 22 (l’aiguille sort de l’échelle si la vitesse est en dehors du secteur jaune). Pour surexposer, il suffit de diminuer au préalable la sensibilité affichée. Si par exemple on utilise un filtre de coefficient 2 avec une pellicule de 100 ASA, on décalera l’index des sensibilités d’un cran pour le mettre à 50 ASA.
 
'''Déclenchement différé''' : même dispositif que sur le Focaflex 1er modèle. L’automatisme fonctionne aussi en mode différé. Le réglage est alors celui fixé lors du déclenchement du mécanisme retardateur.
 
'''Mode manuel''' : pour débrayer l’automatisme, il suffit de quitter la position « AUTO » en tournant la bague des diaphragmes. Celle-ci fonctionne alors comme sur le Focaflex 1er modèle, à la différence près qu’elle est plus éloignée de celle des vitesses (on ne peut les tourner d’un même mouvement) et que leurs positions relatives ne sont pas graduées en indices de lumination. Le posemètre reste utilisable en mode manuel : la valeur de diaphragme déterminée par la cellule en fonction de(pour la sensibilité et de la vitesse affichées) est lisible dans le viseur.
 
'''Autres différences''' : deux bagues de réglage ont été légèrement modifiées par rapport au 1er modèle. Pour la mise au point, la rotation est inversée, le levier passant de l’autre côté pour libérer la main gauche (normalement occupée par le bouton de présélection du diaphragme). Pour les vitesses, jusque là l’index tournait devant une échelle fixe. Désormais, c’est l’échelle des vitesses qui tourne devant un index fixe, comme pour les diaphragmes et les distances. Ainsi les trois index sont fixes et alignés, ce qui rend la lecture des trois réglages plus immédiate. A partir de 1962, le stigmomètre est entouré d'un anneau de microprismes facilitant la mise au point sur des sujets dépourvus de lignes franches (comme sur le Focaflex II).
 
'''Production''' : cet appareil a été produit de 1960 à 1963 à 5.100 exemplaires (d’après Princelle et Auzelloux, 2006). Il était encore auxau cataloguescatalogue en 19651966<ref>Cf. Acatalogue partirPhoto-Hall de 19621966, lepar stigmomètreexemple est: entouré d'un anneau de microprismes facilitant la mise au point sur des sujets dépourvus de lignes franches (comme sur le Focaflex II)http://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1261428536.jpg</ref>.
 
'''Concurrence''' : sans être exhaustif, le catalogue Photo Hall de novembre 1960<ref>Catalogue Photo Hall 1960 http://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/html/affichage_un_catalogue.php?nom=Photo-Hall&annee=1960%20novembre. Il convient de noter que les prix de ce grand magasin sont 20 à 25 % inférieurs aux tarifs conseillés par les fabricants.</ref> donne un aperçu du choix qui s’offrait à l’acheteur français l’année de la sortie du Focaflex Automatic. L’union douanière en construction entre la France, l’Allemagne de l’ouest, l’Italie et le Benelux paraît une réalité encore lointaine : sur 20 marques présentées, 12 sont françaises ; sur 61 modèles, 40 sont de conception et de fabrication française, 9 sont partiellement produits en France (marques Kodak et Tiranty), 12 sont totalement importés (en provenance des deux Allemagnes, de Suisse et d’Italie). Le prix du Focaflex Automatic, 830 FF, le situe dans le haut de gamme de la production Foca : il est vendu quelque 40 % plus cher qu’un Focaflex I complété d’un posemètre externe (480 FF + 100 FF<ref>Cellule Chauvin-Arnoux Babycell sans étui : http://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/html/affichage_une_page?chemin_image=../../gestion_catalogue/images/1260473867.jpg&id_catalogue=6227&nom=Photo-Hall&annee=1960%20novembre&page=18</ref>), à peu près autant qu’un Foca Universel R muni de son meilleur objectif (815 FF, sans posemètre). Un seul autre reflex du catalogue dispose d’un posemètre intégré : le Savoyflex III (780 FF), qui est lui aussi automatique (c’est même un précurseur en la matière), plus rudimentaire dans son mécanisme mais doté d’un objectif quelque peu modifiable. Les Focaflex (2 modèles) et Savoyflex (3 modèles) se disputent seuls le nouveau créneau des reflex « grand public », qui sont alors préférentiellement à obturateur central (en plein essor outre-rhin). Pour les photographes les plus exigeants et les plus fortunés, Photo Hall proposait huit reflex à obturateur à rideaux et objectifs interchangeables (sans posemètre) : sept valeurs sûres est-allemandes (marques Contax et Exakta Varex) et suisses (Alpa Reflex), et une nouveauté française (le Malik Reflex, qui fera long feu), à des prix allant de 1.210 FF (Contax F + Tessar) à 2.789 FF (Alpa Reflex 6B + Macro Switar).
'''Utilisation''' : ce second Focaflex a pour l’essentiel les mêmes qualités et défauts que le premier modèle, la cellule automatique en plus. On peut apprécier l’ingéniosité et l’ergonomie de ce perfectionnement. On peut aussi juger qu’il s’agit d’une complication inutile. Un simple posemètre intégré gradué en indices de lumination aurait été une solution moins coûteuse, plus robuste et guère moins pratique. Les automatismes purement mécaniques, dont plusieurs versions ont fleuri dans le sillage du Savoyflex III (1958), sont en effet réputés ne pas très bien vieillir et être difficilement réparables<ref>PONT, Patrice-Hervé. Maxifiche 24x36 Royer. In : Les Fondamentaux du club Niépce-Lumière n° 15, décembre 2005, p. 7. </ref>. Il reste alors la possibilité de l’utiliser en mode manuel.
 
Trois ans plus tard (1964), l’offre est devenue pléthorique : le catalogue de ce même grand magasin spécialisé aligne 24 marques, 138 modèles dont 28 reflex 24x36 (sans compter les options)<ref>Calalogue Photo Hall 1964 : http://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/html/affichage_un_catalogue.php?nom=Photo-Hall&annee=1964%20mai
</ref>. Trois fabricants français (une vingtaine de modèles) sont encore présents : Foca et Royer, qui brillent de leurs derniers feux, et Sem, qui survivra une dizaine d’années. Le Focaflex Automatic (descendu à 750 FF) et le Focaflex II (sans cellule mais à objectifs interchangeables, 677 FF) côtoient neuf autres reflex à obturateur central, huit ouest-allemands (Agfa, Kodak, Voigtländer, Zeiss Ikon) et un japonais (Nikon), tous pourvus d’une cellule au sélénium couplée. L’interchangeabilité de l’objectif, partielle (Zeiss Ikon Contaflex) ou totale, devient la norme à moins que celui-ci ne soit remplacé par un zoom (Nikon Nikkorex 35II). Mis à part le Focaflex Automatic, seul l’Agfa Colorflex (590 FF avec viseur à prisme amovible)<ref>Les 24x36 reflex Agfa sur le même catalogue : http://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/html/affichage_une_page?chemin_image=../../gestion_catalogue/images/1242247626.jpg&id_catalogue=3589&nom=Photo-Hall&annee=1964%20mai&page=30</ref> n’offre pas de telles possibilités mais il en existe une variante à objectifs interchangeables, l’Ambiflex, à peine plus chère (775 FF) que notre appareil. Pénalisé par l’inamovibilité de son objectif, le Focaflex Automatic ne peut plus se prévaloir de l’originalité de son automatisme : trois nouveautés cumulent cette commodité avec l’interchangeabilité de l’objectif : le Selectaflex du même Agfa (865 FF ou 1.010 FF selon l’objectif), le Contaflex Super B de Zeiss Ikon (1.103 F avec objectif f/2,8) et l’Ultramatic de Voigtländer (1.345 FF avec objectif f/2).
 
'''Utilisation''' : ce second Focaflex a pour l’essentiel les mêmes qualités et défauts que le premier modèle, lal’automatisme celluledu automatiquediaphragme en plus. On peut apprécierappréciera l’ingéniosité et l’ergonomie de ce perfectionnement. On peut aussi juger qu’il s’agit d’une complication inutile.. Uns’il simplefonctionne posemètre intégré gradué en indices de lumination aurait été une solution moins coûteuse, plus robuste et guère moins pratiqueencore. Les automatismes purement mécaniques, dont plusieurs versionsqui ont fleuri dans le sillage du Savoyflex III (1958), sont en effet réputés ne pas très bienmal vieillir et être difficilement réparables<ref>PONT, Patrice-Hervé. Maxifiche 24x36 Royer. In : Les Fondamentaux du club Niépce-Lumière n° 15, décembre 2005, p. 7. </ref>. Il reste alorsheureusement la possibilité de l’utiliser en mode manuel.
 
== Bibliographie ==
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