Différences entre les versions de « Orthograve/Linguistique politique »

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Je m’adresse à mes amis, ceux que je connais et ceux que je ne connais pas, engagés dans des combats associatifs, syndicaux ou politiques toujours aussi acharnés où « prendre la parole » (oralement ou par écrit) est à la fois une nécessité absolue et une tâche redoutée et épuisante.
 
Il est urgent, selon moi, qu’on les informe des réalités de la pratique du langage, c’est -à -dire, dans ce domaine aussi, de la complexité des problèmes et de la relativité des choses. Pas plus que moi, ils ne seront linguistes après avoir lu l’information qui va suivre. Mais la culture est à tout le monde. Que dire alors du langage, moyen d’accès obligé ?
 
Or, on peut comprendre la linguistique. La réputation qu’on lui a faite est un rideau de fumée, une manigance de plus pour éviter qu’on aborde le vif de la question.
Le texte suivant de Buffon résume à merveille les idées reçues qui trainent encore partout et qui s’expriment parfois, de façon à peine euphémisée, dans certains discours. Hier, c’était navrant, aujourd’hui, c’est à vomir.
 
Le pauvre Buffon lui-même n’est pas à mettre au pilori. Il se demande d’où vient l’intelligence et la vertu. De la civilisation sans aucun doute, mais elle peut pervertir aussi l’homme qui nait bon (comme nous l’explique JJ Rousseau). Il n’empêche que ce genre de discours s’accommode très bien du racisme et àa justifié les pires démarches d’oppression jusqu’à nos jours. Or, même au temps de Buffon, on pouvait avoir d’autres informations (texte 3).
 
{{grossir|2|facteur=1.5}} '''Buffon '''– De l’homme. Variétés dans l’espèce humaine.
Les linguistes n’auront jamais fini d’analyser les langues ; la linguistique n’en est pas moins une science.
 
On peut bien dire que les connaissances qu’ils ont accumulées, à ce jour, sont moins précises sans doute, moins cohérentes, moins incontestables et partant moins utilisables que celles dont disposent, par exemple, les physiciens. Les physiciens maitrisent l’énergie atomique ; pas toujours selon nos gouts, mais assez bien en tout cas pour que des centrales produisent effectivement de l’électricité. Les linguistes, par contre, n’ont pas encore réussi à mettre au point des machinemachines à traduire de qualité suffisante.
On ne peut toujours pas se passer des bataillons d’interprètes humains au Parlement européen. Les « modèles » linguistiques scientifiques ( la langue mise en équation) sont insuffisants, ils ne maitrisent pas les langues.
 
Quand un enfant part à l’école, il a, dans son cartable, son bâton de maréchal. Il n’y a pas une maman qui se respecte qui ne le vérifie chaque matin. Les maitres et les maitresses, eux, en quelques semaines, savent très bien qui a le plus de chances d’entrer un jour à polytechnique (il n’y a pas besoin de tests compliqués) et qui lavera les vitres et torchera les vieux qui pourront se payer une maison de retraite. Pour ces enfants-là, il vaudrait bien mieux qu’on ne mette pas à profits et pertes les cinq heures de gymnastique. Malheureusement, il faut aussi faire beaucoup de dictées, et c’est la mère qui viendra rouspéter si on manque de régularité dans le culte orthographique.
 
C’est ainsi. Aussi longtemps qu’il faudra des balayeurs, mais que chaque soir le « cerveau diponibledisponible » sera absorbé par la télé, la langue aura des ratés … ses ratés. Ceux-ci bien sûr ne parlent plus. On finit par oublier qu’ils existent. Eux-mêmes en doutent.
 
La société duale prend et reprend ainsi sans fin tournure.
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