Différences entre les versions de « La médiation culturelle »

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Il doit faire se rencontrer une œuvre et son public, sans jugement de valeur pour l'auteur, sa réalisation, ou les spectateurs.
 
Et si en langue anglaise, on parle non pas de «médiation» mais «d'interprétation», le rôle du médiateur culturel n'en est que mieux défini : il s'agit de recevoir et d'interpréter ce qui émane des deux parts, public et offre culturelle, afin de concilier les deux. De plus, en termetermes de médiation artistique, le médiateur se fait l'interprète de l'art et des artistes pour une meilleure compréhension de la part des spectateurs.
 
Le métier de médiateur culturel
On retrouve le concept de «médiateur» dans notre société au sein d'autres domaines que la culture. Et ces autres formes de médiateurs confortent la définition que l'on a donnée précédemment.
 
Le terme de médiateur institutionnel existe depuis quelquesquelque temps.
Il s'agit d'une personne nommée par une institution, un organisme, une entreprise, ou toute autre structure, dans le but de régler des litiges et des conflits. Les rôles de ces médiateurs sont aussi divers que le nombre de structures qui les nomment. Ce sont elles qui créent la fonction du médiateur, et décident de son rôle précis.
On peut trouver des médiateurs de la SNCF ou au sein d'une entreprise pour régler les désaccords entre employeurs et employés
En tant que gestionnaire, les missions peuvent être variées, il peut s’agir de la gestion de manifestations, festivals ou évènements culturels, de l’organisation de programmes d’activités culturelles ou encore de la coordination des équipes chargées des pédagogies et de l’animation des groupes sociaux auxquels sont destinés ces programmes.
 
2) Médiatiser en tant que communiquantcommunicant
 
La communication
Dans les années 60, le sociologue Pierre Bourdieu dirige une recherche collective sur les publics des musées. Cet ouvrage, L’amour de l’art, puis d’autres par la suite, posent les premiers jalons d’une sociologie de l’art et de la culture. Aussi, est ce une entrée à de nouvelles problématiques et à l’analyse des différentes conditions sociales permettant l’accession à la connaissance. Ce qui lui permet de démontrer que : « La culture n’est pas un privilège de nature mais qu’il faudrait et qu’il suffirait que tous possèdent les moyens d’en prendre possession pour qu’elle appartienne à tous ».
 
En effet, l’accès aux musées, pour ne prendre que cet exemple, est à la fois ouvert à tous et fermé au plus grand nombre. Une prédisposition par le capital culturel, c’est -à -dire produit à la fois par le système scolaire et familial, dans un milieu et une éducation propice, facilite évidemment l’approche artistique. Le plaisir de contempler un tableau ou même d’écouter un opéra serait le produit de normes sociales, qui ne toucherait alors pas toutes les franges de la population. Dans cette perspective d’inégalité, la médiation culturelle pourrait être un moyen d’appropriation efficace.
 
=== Loi du 29 juillet 1998 sur la lutte contre les exclusions : « l'égal accès à tous, tout au long de la vie, à la culture ». => fonction citoyenne ===
 
La loi 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions, prévoit dans son article 140 « l'égal accès de tous, tout au long de la vie, à la culture, à la pratique sportive, aux vacances et aux loisirs ». Ceci se révélant inscrit comme un « objectif national ». « La réalisation de cet objectif passe notamment par le développement, en priorité dans les zones défavorisées, des activités artistiques, culturelles et sportives (…) ». « L'EtatÉtat, les collectivités territoriales, les organismes de protection sociale, les entreprises et les associations » doivent contribuer à la réalisation de ce but. Par la mise en place de programmes d’action visant à défendre et à développer les pratiques culturelles et artistiques au sein de la population et « en priorité dans les zones défavorisées ».
C’est à ce titre que naît le travail du médiateur culturel, délégué par des établissements publiquespublics, associatifs ou privés, et qu’il trouve sa nécessité. Dépassant le simple engagement professionnel et personnel, le travail du médiateur relève d’une véritable fonction citoyenne. Dans la mesure où sa démarche plus qu’une activité professionnelle s’apparente à un engagement voir à un devoir, celui de rendre accessible la culture et les pratiques culturelles à tous et à chacun. Par son travail, inscrit dans de programmes d’action concertés, il permet « de garantir l'exercice effectif de la citoyenneté » de tous. La citoyenneté se comprenant comme un ensemble de devoirs et de droits tels que « l'égal accès de tous, tout au long de la vie, à la culture, à la pratique sportive, aux vacances et aux loisirs. »
 
=== Par Chavigny : déclaration liminaire sur la nécessaire médiation (1993) La démocratisation de l’accès à la culture implique le développement des démarches d’appropriation de l’art vivant, du patrimoine artistique et culturel. ===
 
Chavigny dans sa "déclaration liminaire sur la nécessaire médiation" (1993) précise le rôle de l'EtatÉtat dans le domaine de la culture; La démocratisation de l’accès à la culture implique le développement des démarches d'appropriation de l’art vivant, et du patrimoine artistique et culturel. Les pratiques de la médiation artistique et culturelle désignent aujourd'hui ces démarches d'appropriation et les modalités de mise en relation de la production artistique avec les publics. La médiation artistique et culturelle constitue un des outils essentiels d'une politique de démocratisation de l'accès à la culture, à l'égard des publics les plus éloignés de l'offre, en fonction de leur situation sociale, économique ou géographique.
 
Les pratiques de la médiation ne peuvent se confondre avec celles de l'animation. Elles requièrent des didactiques, des connaissances et un investissement particulier de la part des professionnels de la culture, du secteur de l'animation ou du champ social. La médiation artistique et culturelle déclenche et accompagne les démarches d'appropriation des œuvres. Cette approche ne peut se confondre avec une simple instrumentalisation de la culture dans une recherche de « médiation sociale ».
Dans le cas de développement de partenariats; le médiateur culturel mobilise des règles de procédures administratives, techniques et financières afin de créer une synergie entre les partenaires publics et privés. Il est nécessaire qu'il connaisse les acteurs du réseau des partenaires culturels. Il pourra ainsi identifier le collaborateur stratégique qui agira avec la structure cliente.
 
Dans le cas d'évaluation de publics, structures ou d'action culturelles; le médiateur mobilise les savoir-faire suivants : l'organisation d'enquête de satisfaction, l'analyse des effets et impacts des projets vis-à-vis des objectifs définis en amont, et l'exploitation des résultats de ses recherches en vue de futurs projets.
 
=== Théories des auteurs sur le rôle des médiateurs ===
c. Antoine HENNION : Principales thèses sur la médiation culturelle
 
Directeur du Centre de Sociologie de l’Innovation, Ecole nationale supérieure des mines de Paris Membre du Conseil scientifique du Musée de la musique Séminaire CSI/CNRS/Ecole des Hautes Études en Sciences sociales (avec J.-M. Fauquet), « Aimer la musique. Sociologie de la musique, histoire de l'amateur, musicologie du goût » Antoine Hennion mène des travaux en sociologie de la musique et de la culture, sur les industries culturelles (industrie du disque, production du rock, enseignement, renouveau baroque etc…etc.), la publicité et le design, sur les médiateurs, les services et les usagers.
Il travaille actuellement sur une analyse comparative de diverses formes d’attachement, à travers une enquête sur les amateurs et, avec J.-M. Fauquet, musicologue au CNRS, il mène un travail historique sur la formation du goût pour la musique classique, en particulier à partir du cas de Bach en France au 19e siècle. Sur ces domaines, il s’est attaché à définir une sociologie qui, partant des médiations par lesquelles s’établit une relation avec des objets, s’intéresse au goût comme un accomplissement. Une médiation n’est ni une cause, ni un effet : elle est arrêt, appui, avant l’avènement d’une nouvelle configuration. L’analyse échappe ainsi au débat dualiste entre esthétique et sociologie de la culture : le goût ne craint pas la révélation de déterminations cachées qu’il ignorerait, il les recherche pour produire de nouveaux effets. Les médiations font surgir à la fois les objets du goût, les amateurs qui s’en saisissent et le cadre qui permet à leur relation de s’éprouver.
 
Dans la définition de rôle il y a la notion d’importance ou de clé d’un rouage quelconque. Le médiateur, dans sa définition est une personne qui se met entre deux voir plusieurs parties. On peut donc en déduire que le médiateur culturel est une clé dans la culture et qu’il y possède un rôle indéniable. Toutefois comment peuvent-ils «aider» si la plupart des personnes ne connaissent même pas leur existence. Par conséquent, est ce que la médiateur à son utilité dans la culture pour expliquer le travail des artistes?
 
Les classes supérieures, sont celles qui ont le plus de pratiques culturelles, car ont déjà les clés de compréhension et la pratique depuis l’enfance. Le rôle du médiateur serait donc nul pour ce type de public. D’autant plus que la contemplation libre d’une œuvre d’art, par exemple, ne peut être gâchée par un panneau ou des explications qui poussent à voir certaines choses au lieu de laisser aller son inspiration. Certains publics estiment qu’une simple explication sur le cotécôté d’une œuvre ou un programme est largement suffisant comme une enquête réaliséréalisée en 2005 par des étudiants de l’EAC lors de la nuit Blanche à PARIS. Cela prouve un dysfonctionnement dans la définition du rôle du médiateur pour le public.
 
Cette étude montre que la reconnaissance du médiateur n’est pas claire pour tout le monde, car la gêne d’interpeller un médiateur et la remise en cause des connaissances, n’a pas permitpermis une efficacité des médiateurs, qui étaient d’ailleurs considéréconsidérés par certaincertains comme simple distributeur de programme.
 
L’enquête montre aussi que lorsque le médiateur allait vers le public, le spectateur du moment avait tendance à poser des questions et à s’ouvrir. Ce qui montre l’importance d’un médiateur culturel, il a permis donc de donner les clés de compréhension de l’œuvre ou de l’artiste et de rendre accessible la culture à un plus large public.
Depuis de nombreux siècles, la culture en France a intéressé les plus hautes personnes de l’état. Des principes de mécénat, venant du pouvoir en place ou de grands seigneurs existent et ont permis à la culture française d’avoir une histoire riche et variée. Avec l’arrivée de la république, et des sociétés industrialisées, l’état français commence à s’intéresser à son patrimoine, cherchant à le préserver. C’est ainsi que depuis 1815, un inventaire du patrimoine français a été lancé, puis répété plusieurs fois, afin de protéger ce patrimoine culturel. Des subventions commencèrent à voir le jour. Il fallut ceci dit attendre le front populaire en 1936 pour que Jean Zay explique: «l’état doit jouer un rôle dans l’activité culturelle». Avec le développement du cinéma, il créa de plus le statut d’intermittent du spectacle, qui est toujours valable de nos jours.
Avec la monté des extrémismes, la culture se transforma peu à peu en Europe en un moyen de propagande, puisque méthode de transmission et «d’éducation populaire». Ceci étant dit, même dans la France occupée, le patrimoine culturel fut protégé, préservé comme vitrine de la culture française.
Avec l’arrivée de la 5ème5e république, la démocratisation culturelle et le principe d’égalité sont mises en œuvre par les différents gouvernements, l’état devient acteur culturel, on parle alors de service culturel. Cette démocratisation de la culture s’est petit à petit caractérisée en France par une décentralisation et une déconcentration de la culture en France, la revalorisation du patrimoine national et par des subventions accordées par l’état à tous les niveaux de la culture. Les gouvernements ont pris conscience de la nécessité d’un ministère compétent de la culture, autant d’un point de vue purement culturel et proche de l’éducation, que d’un point de vue économique (exemple des festivals très rentables pour la vie économique du lieu).
 
Il nous apparaît donc maintenant impossible qu’un ministère de la culture n’existe pas, d’autant pour une vision locale et purement culturelle que pour un principe de développement et de vision mondiale. Ainsi, le rapport entre l’état et la culture est primordial désdès que l’on considère que la culture doit être démocratique et destinée à tous. Il est ainsi important que les personnes donnant d’eux -mêmes pour notre société au travers de l’œuvre d’art soient valorisés, et que les œuvres soient diffusées au plus grand nombre de personnes possible.
Notre société étant basébasée sur la consommation, sur la mondialisation et sur le rapport aux autres, la culture est au milieu de nos rapports au monde. Ainsi la Culture étant ce qui nous forge et nous construit, elle est différente pour tous, mais beaucoup la perçoivent comme un lien fort de notre société. Fort de ce constat, l’état permet comme dans de nombreux domaines (santé, éducation…) de stabiliser cette culture, de permettre qu’elle se développe et de la diffuser. De la volonté de démocratisation culturelle ressort l’idée de subvention, qui permet la création et la diffusion vers un public dans un moindre coût pour chacun. De l’idée de décentralisation vient l’idée de donner à chacun la possibilité de côtoyer l’œuvre culturelle, et ce dans tous les lieux possibles et imaginables. Chacun a aujourd’hui dans notre pays la possibilité d’être confronté à l’Art, et une position ou l’œuvre vient vers le public semble être de plus en plus adopté par l’état.
Même si certains pensent que la culture n’a pas besoin de l’état, une certaine conscience collective permet de penser que c’est bel et bien un rôle de l’état que de proposer à chacun une offre culturelle. Le défi est sûrement de savoir si nous sommes capable de proposer la culture dans « tous ces états » et de ne pas rester dans une culture « massisante » ou élitiste, afin que chacun puisse l’adopter comme il l’entend… nous sommes tous différents, et c’est cette différence que nous devons cultiver et retransmettre à chacun de par des propositions artistiques diverses et variées que seul l’état peut soutenir objectivement.
 
« Savoir » et « pouvoir » sont des synonymes de « gnothi sauton » ou « connais-toi toi même », écrit dans le Temple d’Apollo. Dans le cas du médiateur, cela voudrait dire : « connais ta réalité ». Le médiateur culturel doit comprendre les processus culturels et les tendances qui se développent dans le monde de la culture et l’art, au niveau local et global. Il doit trouver un équilibre entre les réalités des contextes de proximité (locale, régionale, nationale, etc.) avec une ouverture aux processus mondiaux qui affectent les différents ambitus de la médiation culturelle.
 
Les sociétés ont concentréeconcentré divers besoins humains comme la mémoire collective, dans son sens d’identités universelles, ethniques ou locales. La connaissance du système culturel de la part du médiateur va être toujours troublée par le genre de conceptions qu’on a sur le fait culturel en soi -même et pour la capacité à identifier les transformations au jour le jour. Le médiateur doit mettre ses connaissances par rapport à la vision politique, culturelle et des citoyens.
 
En comprenant ces processus, le médiateur culturel, est en mesure de donner l’accès à la culture, au savoir, de faire une «culture démocratique»; scientia potentia est.
Toutefois la liberté de l'artiste face aux attentes et connaissances du public rendent parfois impossible la réception de l'œuvre par le public.
Cette réception dépend donc à la fois du degré de connaissances du public mais aussi de sa capacité à saisir ce que l'artiste exprime en dehors de tout code.
La réception de la démarche créatrice dépend donc plus, pour une grande partie du public, du propos tenu sur l'œuvre que de l'œuvre en elle -même.
Ainsi c'est par la médiation que la réception de l'œuvre par le public reste fidèle à ce qu'exprime l'artiste.
Le médiateur, ou le support de la médiation, sert donc l'artiste au travers de son œuvre.
Le point de vue qui consiste à délimiter un territoire d’action à la culture, relève d’une division entre un langage d’élite qui s’apparente à une police intellectuelle, et un langage plus populaire qui ne détient pas les mêmes clés de lecture. Car s’il y a unité culturelle dans notre société divisée, celle-ci donne naissance à une fracture qui sépare la parole de l’écoute, et qui se traduit par des pratiques culturelles inégales et éclatées. En effet, si nous avons accès aux même réseaux proposant les mêmes discours, les mêmes images, il n’en reste pas moins que ces réseaux sont réduits, fragmentés et difficiles d’accès pour quiconque ne détient pas les clés de lecture de ce code particulier.
 
La division des langages signifie que l’unité de l’écoute coexiste avec la diversité de langages, ce qui signifie que le discours produit est le même, quelle que soit la catégorie de population et quel que soit son degré de compréhension. Cette division des langages induit une hiérarchisation des savoirs dits « légitimes » qui donnent nécessairement accès a un public initié, susceptible de comprendre le langage en vigueur à l’égard d’une production artistique de plus en plus hermétique. Cette absence de relation entre le sujet et la parole proférée ne fait qu’accentuer la fracture sociale. On peut ici s’interroger sur la pertinence et la réelle prise en compte de la question culturelle par les instances régulatrices, que ce soit l’école ou encore les établissements artistiques, et la politique mise en œuvre à cet égard. En effet, s’il y a unité culturelle construite par l’école, celle -ci s’accompagne inexorablement de la division des pratiques.
 
La réponse à ces questions nécessite de dépasser les logiques duales fondées sur l’offre en produit et en œuvre et la réponse a la demande des publics. En effet, raisonner en termetermes d’offre ou de demande conduirait ici à faire l’impasse sur un processus qui ne s’exprime pas par la formulation d’un besoin ni ne s’achève par sa satisfaction, car si les pratiques culturelles n’échappent certes pas à la loi du marché, elles ne se réduisent pas à l’usage d’objets, fussent-ils culturels.
La réalité sociale et culturelle est que les langages des groupes sociaux et leurs références sont divisés. Il n’est pas ici question d’accepter une juxtaposition des discours et des sensibilités communautaires, car la construction du monde social ne s’établit pas seulement dans son intelligibilité, mais aussi par un ajustement social.
 
Jean Caune utilise une métaphore pour tenter d’expliquer les interactions régissant la dynamique de notre société :
* Le contact représente le concept de tact, c’est-à-dire une aptitude à s’ouvrir aux autres qui est fondamentale pour les sciences de l’esprit
* Le lien correspond au fondement de la sociologie. On peut dire que les sciences sociales se sont attachées à se poser des questions autour de l’origine du lien social. Il vient souligner une des raisons de mise en place d’une politique culturelle de l’Etatl’État en France par la volonté de Malraux de rassembler les citoyens par les liens créés avec l’œuvre artistique.
* Finalement, la brèche vient signifier pour Jean Caune une rupture : rupture entre le monde et le mot d’une part, et rupture réalisée au sein de l’expérience esthétique dans la médiation.
Pour l’auteur, cette triple métaphore permet de construire une rhétorique de la médiation culturelle en illustrant les rapports entre raison et sensibilité, qui sont constitutifs des relations esthétiques par leur forme d’achèvement dans l’objet d’art.
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