Différences entre les versions de « Précis d'épistémologie/L'esprit, comment ça marche ? »

→‎La décision : une administration centralisée sans administrateur central : Toutes les parties du cerveau sont invitées à participer à la composition, comme dans un atelier de création collective.
(→‎La décision : une administration centralisée sans administrateur central : Toutes les parties du cerveau sont invitées à participer à la composition, comme dans un atelier de création collective.)
Le modèle d'administration centralisée sans administrateur central explique pourquoi le moi est comme une boucle étrange (Hofstadter 2007), en montrant comment le moi se perçoit lui-même pour agir sur lui-même.
 
Lorsque leurs comportements sont routiniers, les agents n'ont pas besoin de chercher longtemps des solutions, ils les trouvent spontanément parce que leurs modules cérébraux savent comment les produire, par instinct ou par habitude, ils se contentent de résoudre les problèmes qu'ils savent déjà résoudre. Mais face à une situation nouvelle, les réactions habituelles ne sont pas toujours adaptées. Il se peut que l'agent dispose des ressources intérieures nécessaires pour réagir comme il convient, mais qu'il ne sache pas les mobiliser, parce qu'il lui faudrait pour cela inventer un nouveau mode de coordination entre ses modules cérébraux. Aucun d'entre eux n'a les moyens de recruter les autres, alors qu'il suffirait qu'ils travaillent ensemble pour atteindre les fins recherchées. L'agent aurait besoin d'un compositeur-chef d'orchestre intérieur, capable de trouver des solutions vraiment nouvelles (Shallice & Cooper 2011). Le modèle d'administration centralisée sans administrateur central montre, sans postuler l'existence d'un esprit dans la machine, comment le cerveau peut fonctionner comme s'il était doté d'un tel compositeur-chef d'orchestre. Toutes les parties du cerveau sont invitées à participer à la composition, comme dans un atelier de création collective. Les modules exécutifs sont les chefs d'orchestre.
 
Dans le modèle de Baars, la conscience est comparée à un tableau noir sur lequel les informations conscientes sont écrites. Toutes les parties du cerveau peuvent écrire sur le tableau et en retour elles sont toujours informées de ce qui y est écrit (Baars 1988, Changeux 2002, Dehaene 2014). Tant qu'une représentation ne retient pas l'attention, elle reste attachée à son lieu de production et ne peut pas faire d'effet sur l'ensemble du système. Son effet est nécessairement limité. Mais si on en prend conscience, elle peut être utilisée pour influencer tout le reste du cerveau. Le modèle d'administration centralisée sans administrateur central est une modification du modèle de Baars : une information doit être consciente pour être reçue par les modules exécutifs qui contrôlent l'ensemble du cerveau, mais elle n'est pas nécessairement distribuée à toutes les parties du cerveau. Une décision n'a d'effet que sur les modules qui doivent l'appliquer ou la faire appliquer. Si tous les modules du cerveau recevaient en permanence toutes les informations conscientes, ils seraient submergés par un flot d'informations dont ils ne sauraient en général rien faire.
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