Différences entre les versions de « Précis d'épistémologie/L'esprit, comment ça marche ? »

== L'imagination et la simulation de la perception == Si un tel signal n'existait pas, nous ne pourrions pas faire la différence entre le fantasme et la réalité.
(refonte)
(== L'imagination et la simulation de la perception == Si un tel signal n'existait pas, nous ne pourrions pas faire la différence entre le fantasme et la réalité.)
La connaissance des bons schémas fait toute la différence entre l'expert et le néophyte. Un expert n'a souvent besoin que d'un coup d'œil pour analyser correctement une situation et tirer les conclusions qui s'imposent, parce qu'il connaît déjà les schémas qui permettent de la comprendre et il n'a qu'à vérifier leur adaptation. Un néophyte est submergé par le flot de nouvelles informations, ne sait pas quoi regarder, ne distingue pas l'essentiel du négligeable et se pose rarement les bonnes questions, parce qu'il ne connaît pas les schémas qui lui permettraient d'organiser sa perception de la situation.
 
Au sens strict, la perception est seulement l'imagination du présent lorsqu'elle est éveillée ou confirmée par les sens. Mais on peut aussi définir la perception en un sens plus général et parler de la perception du passé (la remémoration, et plus généralement toute forme d'imagination du passé), du futur (l'anticipation), de l'imaginaire (rêver à des êtres qui n'existent pas) et même des êtres abstraits (le savoir abstrait, mathématique par exemple). Ainsi entendues la perception et l'imagination sont synonymes. En outre, l'introspection (la conscience de soi) peut être considérée comme une perception de soi.
 
== L'imagination et la simulation de la perception ==
 
Le travail du romancier est semblable à celui du mathématicien. Il pose des conditions, une situation initiale et des contraintes, puis il expose leurs conséquences, souvent inéluctables, de la même façon qu'un mathématicien démontre des théorèmes à partir d'axiomes et d'hypothèses. Quand nous imaginons des fictions, nous pouvons utiliser pleinement nos capacités à inférer. Il ne s'agit pas seulement d'inventer des assemblages de représentations, il s'agit surtout d'imaginer tout ce qui en résulte, tout ce que notre dynamique intérieure de production de représentations par inférence peut fournir à partir de ces inventions. L'imagination des fictions révèle la puissance de l'inférence.
 
(La suite est en cours de réécriture)
 
On connaît un autre esprit en imaginant qu'il perçoit, qu'il imagine, qu'il ressent, qu'il pense, qu'il veut et qu'il agit. On imagine qu'il perçoit en imaginant ce qu'il perçoit. On imagine qu'il imagine en imaginant ce qu'il imagine. La sympathie est de ressentir ce qu'il ressent. De façon générale, on le connaît comme un esprit en se mettant à sa place (Goldman 2006, Rizzolatti & Sinigaglia 2006). On peut imaginer qu'on veut ce qu'il veut et qu'on fait ce qu'il fait. Un esprit est un simulateur universel parce qu'il peut simuler tous les autres esprits, au moins s'ils sont dotés des mêmes facultés - pour un être humain il est plus facile de se mettre à la place d'un être humain que d'une chauve-souris.
 
Un esprit connaît l'esprit à la fois en se connaissant lui-même et en se mettant à la place des autres esprits, de tous les esprits qu'il peut imaginer.
 
Tout ce qui peut être perçu, imaginé, ressenti, pensé ou décidé par les uns, peut être perçu, imaginé, ressenti, pensé ou décidé par tous les autres. Se connaître soi-même comme esprit est en même temps connaître ce que tous les autres peuvent faire de leur esprit. Inversement, tout ce que les autres font de leur esprit nous montre ce que nous pouvons faire nous-mêmes. ''« Rien de ce qui est humain ne m'est étranger. »'' (Térence, ''Heautontimoroumenos'', v. 77)
 
Le même contenu peut être imaginé selon diverses modalités : un passé qu'on a vécu, un avenir projeté, une simple hypothèse, un contenu imaginé par autrui, et même un contenu qu'autrui croit qu'on imagine. Quand on se souvient, on se met à la place de l'autre qu'on a été. Quand on se projette dans l'avenir, on se met à la place de celui qu'on pourrait être. De ce point de vue on se connaît soi-même de la même façon qu'on connaît les autres, en se mettant à la place de soi-même par l'imagination. Quand j'imagine ce que je pourrais être, je suis dans une position semblable à celle d'un autre qui imagine ce que je pourrais être. Quand j'imagine comment un autre m'imagine, j'imagine ce que je pourrais être si j'étais tel qu'il m'imagine.
 
Lorsqu'un contenu est représenté par la perception ou l'imagination, il est toujours accompagné d'un signal qui caractérise le mode de représentation. Un tel signal peut-être assez complexe parce qu'il doit répondre aux questions suivantes : est-ce un contenu directement perçu ou seulement imaginé ? Est-ce du présent, du passé ou de l'avenir ? Est- ce certain ou seulement possible ? Est-ce attribué à un autre ou à moi-même ? Est-ce attribué à un autre par un autre ou par moi-même ? Est-ce attribué à moi-même par un autre ou par moi-même ? ... Si un tel signal n'existait pas, nous ne pourrions pas faire la différence entre le fantasme et la réalité.
 
 
(La suite est en cours de réécriture)
 
== La programmation par l'imagination ==
Émotion et cognition sont parfois pensées en opposition, mais c'est une erreur. Les émotions produisent et utilisent des représentations internes qui préparent à l'action, elles font donc partie de la cognition. Elles sont de précieuses informatrices sur les réalités extérieure et intérieure. Ressentir des émotions fait partie de la perception de la réalité.
 
== L'introspectionLa conscience de soi ==
 
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La perception de son propre corps peut être considérée comme une sorte de perception de soi-même. Par exemple les informations fournies par les capteurs de tension musculaire permettent de construire un modèle interne du corps, de la position des membres et des efforts auxquels ils sont soumis. Mais la connaissance de soi-même est plus que la perception de son corps, parce que l'esprit est en permanence un témoin de lui-même.
Le moi se perçoit lui-même à partir de ses perceptions, de ses émotions, de son imagination, de ses pensées, de ses désirs, de sa volonté et de ses actions.
 
== Le contrôle volontaire de soi-même ==
 
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