« Précis d'épistémologie/L'esprit, comment ça marche ? » : différence entre les versions

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(Refonte)
Une décision est une action sur soi-même. On se transforme soi-même en passant de l'état indécidé à l'état décidé. Les décisions sont les actions volontaires de base, qui commandent toutes les autres actions volontaires. Quand on agit volontairement on commence toujours par agir sur soi-même, parce qu'on doit d'abord déterminer sa volonté.
 
Toutes les décisions déjà prises déterminent un programme d'actions, de transformation de soi et de son environnemement. On écrit le programme en prenant des décisions. Chaque décision nouvelle complète et modifie le programme existant. Un esprit est un système programmable qui écrit son propre programme. On agit sur soi-même en se programmant soi-même par l'imagination et la parole. De même qu'un esprit se programme lui-même en prenant des décisions, tous les esprit se programment ensemble collectivement en prenant des décisions collectives.
 
Un système est autonome lorsqu'il obéit à sa propre loi, à une loi qu'il a lui-même choisie. La décision rend autonome, parce que nous pouvons décider des lois auxquelles nous obéissons. Dire quL'unautonomie espritet sedonc programmela lui-mêmeliberté nde l'estesprit passont lerendues réduirepossibles àpar unla ordinateur,programmation c'estde expliquer comment il est libresoi-même.
 
Un esprit se programme lui-même en prenant des décisions. Tous les esprit se programment ensemble collectivement en prenant des décisions collectives.
 
L'esprit se programme lui-même pour bien penser et bien vivre en se donnant des bons principes et en décidant de les suivre.
Le même contenu peut être imaginé selon diverses modalités : un passé qu'on a vécu, un avenir projeté, une simple hypothèse, un contenu imaginé par autrui, et même un contenu qu'autrui croit qu'on imagine. Quand on se souvient, on se met à la place de l'autre qu'on a été. Quand on se projette dans l'avenir, on se met à la place de celui qu'on pourrait être. De ce point de vue on se connaît soi-même de la même façon qu'on connaît les autres, en se mettant à la place de soi-même par l'imagination. Quand j'imagine ce que je pourrais être, je suis dans une position semblable à celle d'un autre qui imagine ce que je pourrais être. Quand j'imagine comment un autre m'imagine, j'imagine ce que je pourrais être si j'étais tel qu'il m'imagine.
 
== La programmation par l'imagination ==
== L'introspection ==
 
(...)
La perception de son propre corps peut être considérée comme une sorte de perception de soi-même. Par exemple les informations fournies par les capteurs de tension musculaire permettent de construire un modèle interne du corps, de la position des membres et des efforts auxquels ils sont soumis. Mais la connaissance de soi-même est plus que la perception de son corps, parce que l'esprit est en permanence un témoin de lui-même.
 
Le contrôle de la perception et de l'imagination ==
Si je vois que le ciel est bleu, je suis pas seulement informé sur l'état du ciel, je suis également informé sur moi-même, à savoir que je vois le ciel, je me connais moi-même en tant qu'être qui perçoit le ciel.
 
(...)
L'introspection est la perception de soi-même en tant qu'esprit, c'est à dire en tant qu'être qui perçoit, imagine, ressent, pense, veut ou agit.
 
Les croyances ==
L'introspection requiert-elle des organes sensoriels ? Y a-t-il une interface sensorielle entre le moi perçu et le moi qui perçoit ? Lorsque je sais que je vois le ciel, est-ce un œil introspectif qui me montre que je vois le ciel ?
 
La perception et l'imagination attribuent continuellement des concepts aux êtres perçus et imaginés. Toutes ces attributions de concepts sont des croyances, tant qu'elles sont mémorisées.
Un organe sensoriel est toujours une interface entre un intérieur, le système nerveux, et un extérieur, l'environnement au delà de la peau ou le milieu intérieur en deçà. Les signaux extérieurs sont reçus par l'interface sensorielle et traduits en signaux intérieurs, utilisables par le système nerveux.
 
Quand nous prenons conscience d'une croyance, nous pouvons choisir de la mettre en doute. Une croyance consciente fait l'objet d'une évaluation qui précède la décision de l'approuver. Elle est ensuite prise en charge par le système exécutif qui la conserve en mémoire de travail et l'utilise pour contrôler la perception et l'imagination.
L'introspection ne requiert pas d'organe sensoriel parce qu'il n'y a pas de signaux extérieurs à traduire en signaux intérieurs, pas de séparation entre un moi qui perçoit et un moi perçu. Tout se passe à l'intérieur. Toutes les informations sur l'agent, en tant qu'il perçoit, qu'il imagine, qu'il ressent ou qu'il veut, sont déjà présentes à l'intérieur de l'agent. Pour développer ses facultés d'introspection il lui suffit d'exploiter ces sources intérieures d'information. Un organe sensoriel d'introspection n'est pas nécessaire parce que les informations recherchées sont déjà présentes à l'intérieur.
 
Une croyance consciente peut faire de l'effet, par l'intermédiaire du système exécutif, sur l'ensemble du fonctionnement cérébral. On retrouve ainsi un élément de la théorie cognitive de la conscience de Baars (Baars 1988, Changeux 2002, Dehaene 2014). Tant qu'une représentation ne retient pas l'attention, elle reste attachée à son lieu de production et ne peut pas faire d'effet sur l'ensemble du système. Son effet est nécessairement limité. Mais si on en prend conscience, elle peut être utilisée pour influencer les autres parties du cerveau, elle est comme écrite sur un tableau noir qui peut être lu par d'autres modules cérébraux.
Pour se connaître soi-même il faut se percevoir soi-même. Mais où trouve-t-on ce moi que l'on doit percevoir ?
 
Après être restées actives un moment en mémoire de travail, les croyances sont en général enregistrées et consolidées en mémoire à long terme, où elles demeurent comme des croyances dormantes, ou latentes. Elles sont réveillées si nous nous les remémorons.
Le moi est ceci qui perçoit, qui s'émeut, qui imagine, qui pense, qui désire, qui veut et qui agit. Il n'y a pas de moi séparé de la perception, de l'imagination, de l'émotion, de la volonté et de l'action, pas d'administrateur central dans le cerveau, seulement une administration centralisée. Les perceptions, les émotions, les pensées appartiennent au même moi parce que l'administration est centralisée, pas parce qu'il y a un administrateur central. Deux pensées dans la même tête, ce n'est pas pareil que deux pensées dans deux têtes différentes.
 
Comme une croyance consciente est évaluée avant d'être approuvée, tout le processus d'évaluation fait partie de la perception du concept attribué. Les capacités d'évaluation qui précèdent la décision sont des capacités de détection des concepts. Comme toutes les attributions de concepts peuvent faire l'objet d'une approbation consciente, le système de décision fonctionne comme un détecteur universel, capable de détecter n'importe quel concept, dès qu'il a appris le faire.
La Joconde n'est pas seulement une représentation de Mona Lisa, elle est aussi une présentation de Léonard de Vinci, parce qu'il est ce qui représente.
 
== L'invention de la perception ==
Le moi se perçoit lui-même à partir de ses perceptions, de ses émotions, de son imagination, de ses pensées, de ses désirs, de sa volonté et de ses actions.
 
Nos capacités de perception ne sont pas fixées. Nous pouvons toujours apprendre de nouvelles façons de percevoir.
 
La sensibilité peut être affinée par l'expérience. Nos systèmes de perception sont sensibles au contexte et à de nombreux paramètres qu'on peut faire varier pour se rendre plus sensibles à ce que nous percevons.
 
Nous pouvons inventer des concepts en combinant les concepts qu'on a déjà. Si on s'attend à percevoir à nouveau une combinaison de concepts, on peut se doter de la capacité à la détecter comme un nouveau concept unique. On peut faire de même pour la détection de combinaisons suffisamment semblables à d'autres combinaisons déjà perçues et considérées comme des exemples typiques.
 
Apprendre par expérience à faire de nouvelles inférences muettes augmente nos capacités à percevoir, parce que nous apprenons ainsi à percevoir les conséquences à partir de leurs conditions.
 
Nos capacités de perception dépendent de nos anticipations, et donc des schémas, des systèmes de présupposés, que nous nous avons adoptés. En modifiant nos schémas nous pouvons modifier nos façons de percevoir et d'interpréter la réalité. En nous rendant libres d'adopter des croyances et des schémas ou des les rejeter, la volonté nous rend libres de découvrir ou d'inventer de nouvelles façons de percevoir.
 
La détection d'un concept peut être un processus presque instantané, si le signal de détection est produit aussitôt que les informations sur l'être détecté sont fournies, ou progressif, si le système de détection prend le temps d'accumuler des informations avant de se prononcer. Le processus d'évaluation qui précède une décision est en général progressif. On a le temps de prendre en compte de nombreuses informations avant de se décider.
 
Comme nous sommes libres de décider de nos façons d'évaluer nos décisions, nous sommes libres d'inventer des façons de percevoir. Nous pouvons inventer tous les concepts que nous voulons en nous donnant les moyens de les détecter.
 
== Les émotions ==
Émotion et cognition sont parfois pensées en opposition, mais c'est une erreur. Les émotions produisent et utilisent des représentations internes qui préparent à l'action, elles font donc partie de la cognition. Elles sont de précieuses informatrices sur les réalités extérieure et intérieure. Ressentir des émotions fait partie de la perception de la réalité.
 
== Les croyancesL'introspection ==
 
La perception de son propre corps peut être considérée comme une sorte de perception de soi-même. Par exemple les informations fournies par les capteurs de tension musculaire permettent de construire un modèle interne du corps, de la position des membres et des efforts auxquels ils sont soumis. Mais la connaissance de soi-même est plus que la perception de son corps, parce que l'esprit est en permanence un témoin de lui-même.
La perception et l'imagination attribuent continuellement des concepts aux êtres perçus et imaginés. Toutes ces attributions de concepts sont des croyances, tant qu'elles sont mémorisées.
 
Si je vois que le ciel est bleu, je suis pas seulement informé sur l'état du ciel, je suis également informé sur moi-même, à savoir que je vois le ciel, je me connais moi-même en tant qu'être qui perçoit le ciel.
Quand nous prenons conscience d'une croyance, nous pouvons choisir de la mettre en doute. Une croyance consciente fait l'objet d'une évaluation qui précède la décision de l'approuver. Elle est ensuite prise en charge par le système exécutif qui la conserve en mémoire de travail et l'utilise pour contrôler la perception et l'imagination.
 
L'introspection est la perception de soi-même en tant qu'esprit, c'est à dire en tant qu'être qui perçoit, imagine, ressent, pense, veut ou agit.
Une croyance consciente peut faire de l'effet, par l'intermédiaire du système exécutif, sur l'ensemble du fonctionnement cérébral. On retrouve ainsi un élément de la théorie cognitive de la conscience de Baars (Baars 1988, Changeux 2002, Dehaene 2014). Tant qu'une représentation ne retient pas l'attention, elle reste attachée à son lieu de production et ne peut pas faire d'effet sur l'ensemble du système. Son effet est nécessairement limité. Mais si on en prend conscience, elle peut être utilisée pour influencer les autres parties du cerveau, elle est comme écrite sur un tableau noir qui peut être lu par d'autres modules cérébraux.
 
L'introspection requiert-elle des organes sensoriels ? Y a-t-il une interface sensorielle entre le moi perçu et le moi qui perçoit ? Lorsque je sais que je vois le ciel, est-ce un œil introspectif qui me montre que je vois le ciel ?
Après être restées actives un moment en mémoire de travail, les croyances sont en général enregistrées et consolidées en mémoire à long terme, où elles demeurent comme des croyances dormantes, ou latentes. Elles sont réveillées si nous nous les remémorons.
 
Un organe sensoriel est toujours une interface entre un intérieur, le système nerveux, et un extérieur, l'environnement au delà de la peau ou le milieu intérieur en deçà. Les signaux extérieurs sont reçus par l'interface sensorielle et traduits en signaux intérieurs, utilisables par le système nerveux.
Comme une croyance consciente est évaluée avant d'être approuvée, tout le processus d'évaluation fait partie de la perception du concept attribué. Les capacités d'évaluation qui précèdent la décision sont des capacités de détection des concepts. Comme toutes les attributions de concepts peuvent faire l'objet d'une approbation consciente, le système de décision fonctionne comme un détecteur universel, capable de détecter n'importe quel concept, dès qu'il a appris le faire.
 
L'introspection ne requiert pas d'organe sensoriel parce qu'il n'y a pas de signaux extérieurs à traduire en signaux intérieurs, pas de séparation entre un moi qui perçoit et un moi perçu. Tout se passe à l'intérieur. Toutes les informations sur l'agent, en tant qu'il perçoit, qu'il imagine, qu'il ressent ou qu'il veut, sont déjà présentes à l'intérieur de l'agent. Pour développer ses facultés d'introspection il lui suffit d'exploiter ces sources intérieures d'information. Un organe sensoriel d'introspection n'est pas nécessaire parce que les informations recherchées sont déjà présentes à l'intérieur.
== L'invention de la perception ==
 
Pour se connaître soi-même il faut se percevoir soi-même. Mais où trouve-t-on ce moi que l'on doit percevoir ?
Nos capacités de perception ne sont pas fixées. Nous pouvons toujours apprendre de nouvelles façons de percevoir.
 
Le moi est ceci qui perçoit, qui s'émeut, qui imagine, qui pense, qui désire, qui veut et qui agit. Il n'y a pas de moi séparé de la perception, de l'imagination, de l'émotion, de la volonté et de l'action, pas d'administrateur central dans le cerveau, seulement une administration centralisée. Les perceptions, les émotions, les pensées appartiennent au même moi parce que l'administration est centralisée, pas parce qu'il y a un administrateur central. Deux pensées dans la même tête, ce n'est pas pareil que deux pensées dans deux têtes différentes.
La sensibilité peut être affinée par l'expérience. Nos systèmes de perception sont sensibles au contexte et à de nombreux paramètres qu'on peut faire varier pour se rendre plus sensibles à ce que nous percevons.
 
La Joconde n'est pas seulement une représentation de Mona Lisa, elle est aussi une présentation de Léonard de Vinci, parce qu'il est ce qui représente.
Nous pouvons inventer des concepts en combinant les concepts qu'on a déjà. Si on s'attend à percevoir à nouveau une combinaison de concepts, on peut se doter de la capacité à la détecter comme un nouveau concept unique. On peut faire de même pour la détection de combinaisons suffisamment semblables à d'autres combinaisons déjà perçues et considérées comme des exemples typiques.
 
Apprendre par expérience à faire de nouvelles inférences muettes augmente nos capacités à percevoir, parce que nous apprenons ainsi à percevoir les conséquences à partir de leurs conditions.
 
Nos capacités de perception dépendent de nos anticipations, et donc des schémas, des systèmes de présupposés, que nous nous avons adoptés. En modifiant nos schémas nous pouvons modifier nos façons de percevoir et d'interpréter la réalité. En nous rendant libres d'adopter des croyances et des schémas ou des les rejeter, la volonté nous rend libres de découvrir ou d'inventer de nouvelles façons de percevoir.
 
La détection d'un concept peut être un processus presque instantané, si le signal de détection est produit aussitôt que les informations sur l'être détecté sont fournies, ou progressif, si le système de détection prend le temps d'accumuler des informations avant de se prononcer. Le processus d'évaluation qui précède une décision est en général progressif. On a le temps de prendre en compte de nombreuses informations avant de se décider.
 
Comme nous sommes libres de décider de nos façons d'évaluer nos décisions, nous sommes libres d'inventer des façons de percevoir. Nous pouvons inventer tous les concepts que nous voulons en nous donnant les moyens de les détecter.
 
Le moi se perçoit lui-même à partir de ses perceptions, de ses émotions, de son imagination, de ses pensées, de ses désirs, de sa volonté et de ses actions.
 
== Qu'est-ce que la parole ? ==
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