Différences entre les versions de « Neurosciences/Les méthodes pour étudier le cerveau »

m
typo
m (typo)
 
==La méthode des lésions : l'usage de l'anatomie==
 
La première méthode est la '''méthode des lésions''', une méthode anatomique ancienne qui a longtemps eu son heure de gloire et qui reste encore une méthode très utilisée. Elle consiste à étudier les conséquences de lésions cérébrales en fonction de leur localisation. Historiquement, cette méthode a été l'une des premièrepremières à être utilisée. Dès 1860, le savant Paul Broca a étudié le cas d'un patient surnommé "Tan", qu'une lésion dans l'hémisphère gauche avait privé de langage. Ce patient ne pouvait plus parler correctement et son discours se résumait à quelques mots isolés, sans phrase, ni grammaire, ni syntaxe. A son autopsie, Broca détermina que la lésion responsable était localisée dans une petite portion de l'hémisphère gauche, dans son lobe frontal. Et c'est ainsi que la première corrélation entre aire et fonction fût découverte. Par la suite, d'autres cas similaires, comme ceux du patient H.M ou de Phinéas Gage, sont devenus iconiques et sont mentionnés dans tout cours de neurosciences ou de neurologie.
 
===Le principe : l'approche localisationiste===
==Les méthodes directes==
 
Les technologies que nous allons voir dans ce qui suit sont des techniques dites directes : elles mesurent l'activité électrique ou physiologique des neurones directement, sans passer par une mesure indirecte. Elles sont à opposer aux méthodes indirectes, que nous verrons dans la section suivante. Les méthodes directes sont au nombre incroyable de 2 : l'électroencéphalographie et la magnéto-encéphalographie. Elles mesurent toutes les deux l'activité électrique du cerveau, mais elles nele font par des méthodes légèrement différentes.
 
===L’électroencéphalographie===
* Le plus couramment utilisé est un atome de Fluor-18 placé dans une molécule de glucose. La molécule de glucose marquée par l'atome radioactif se comporte comme toute autre molécule de glucose et migre dans les tissus pour y être utilisé. Plus un tissu sera actif, plus il consommera de glucose et plus les molécules radioactives y seront concentrées. En somme, il s'agit d'un indicateur du métabolisme cérébral.
* En recherche, on utilise aussi de l'oxygène-15, dont les concentrations semblent refléter fidèlement le débit sanguin cérébral, qui lui-même dépend fortement de l'activité des neurones (comme on l'a vu il y a quelques chapitres).
* On peut aussi utiliser des molécules qui se fixent sur de récepteurs synaptiques ou sur des neurotransmetteurs. Par exemple, certains examens en TEP utilisent du Raclopride, un antagoniste des récepteurs dopaminergiques D2 qui se fixe sur ces récepteurs. D'autres molécules sont utiliséutilisées dans le même but : mesurer le nombre et la densité de récepteurs synaptiques, essentiellement dopaminergiques. Ce genre d'examens est utilisé pour le diagnostic de la maladie de Parkinson ou de syndromes similaires à celle-ci (démence à corps de Lewy, dégénérescence cortico-basale, paralysie supra-nucléaire progressive, ...). Elle est aussi utiliséutilisée par les chercheurs pour étudier certaines maladies psychiatriques, comme la dépression, les troubles bipolaires, la schizophrénie ou les addictions.
 
<noinclude>[[File:PET-schema.png|centre|vignette|upright=2.0|Tomographie par émission de positons.]]</noinclude>
 
QuelqueQuel que soit le traceur utilisé, sa désintégration radioactive produit un positron (pour simplifier, les positrons sont des anti-électrons chargés positivement) - ce qui donne son nom à la TEP. Celui-ci réagit alors avec la matière alentour et donne naissance à une paire de photons gamma qui partent chacun dans des directions opposées. Ces photons sont captés par des caméras spécialisées, placées en cercle autour du patient, comme le montre l'image ci-contre. Celles-ci mesurent en continu les flux de photons gamma et transmettent leurs données à un ordinateur, qui analyse la différence de temps d'arrivée des positrons d'une paire (l'un est capté avant l'autre par les caméras) et en déduit la localisation du traceur désintégré. Diverses analyses statistiques, réalisées par logiciel, permettent alors de savoir quelles sont les régions les plus riches en traceurs et celles qui sont appauvries ou neutres. Le résultat est affiché sous la forme d'une série d'images médicales que le médecin ou le chercheur peut analyser comme bon lui semble.
 
<noinclude>{|
242

modifications