« Psychologie cognitive pour l'enseignant/Aborder une notion : définitions et exemples » : différence entre les versions

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Si nous nous sommes intéressés à l'usage d'exemples, celui-ci n'est pas exclusif, mais reste complémentaire à l'usage de définitions. Reste que définir un concept n'est pas une chose aussi simple qu'on pourrait le croire. Simplement donner une définition et la compléter avec des exemples ne suffit pas. Intéressons-nous donc à ce qui peut aider les élèves à mieux comprendre une définition.
 
===Les définitions ont une charge cognitive faible comparé à l'induction à partir d'exemples===
 
L'induction à partir d'exemples marche en théorie aussi bien pour les catégories que pour les autres concepts, mais elle n'est pas forcément la méthode la plus efficace (l'exemple du concept "carré" est assez clair là-dessus) et il est souvent préférable de privilégier les explications déductives. La raison à cela est une histoire de charge cognitive. Analyser des exemples pour en extraire les points communs demande de conserver beaucoup de choses en mémoire de travail. Les exemples sont en effet riches en propriétés, que le sujet doit filtrer au fur et à mesure pour ne conserver que les plus pertinentes. Alors que fournir une définition et l'illustrer par des exemples n'a pas ce problème : les propriétés pertinentes sont fournies au début de l'explication et le sujet ne doit pas mémoriser temporairement quoique ce soit de plus.
 
===L'usage de définitions alternatives===
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Dans l'exemple du carré, on peut remarquer que la définition fait appel à d'autres concepts. Par exemple, la définition "Quadrilatère dont les côtés ont la même longueur et à quatre angles droits" fait appel au concept de quadrilatère. Même chose pour la définition "Figure géométrique qui est à la fois un rectangle et un losange", qui demande de savoir ce qu'est un rectangle et un losange. Ce cas est loin d'être le seul et arrive très souvent que les propriétés utilisées dans une définition sont des concepts qui doivent être connus de l'élève au préalable. Ces définitions dérivent une catégorie en spécialisant une catégorie plus générale, en ajoutant des propriétés à un concept déjà connu. Par exemple, la définition suivante est dans ce cas : "Un carré est un rectangle avec quatre cotés égaux". On prend la catégorie plus générale "rectangle" (un carré est un rectangle) et on ajoute le fait d'"avoir ses côtés égaux".
 
Notons qu'il est techniquement possible d'expliquer de tels concepts en présentant la définition, ou en utilisant des exemples. Pour le concept de carré, on peut en fournir la définition, mais on peut aussi présenter des rectangles quelconques et des carrés et demander aux élèves de les classer en deux types distincts : ceux-ci vont alors remarquer qu'il y a une différence entre les carrés et les rectangles quelconques, et pourront éventuellement formaliser la définition d'un carré. Notons que l'usage d'une définition marche particulièrement bien avec les catégories, mais échoue complètement pour les autres concepts. L'induction à partir d'exemples marche en théorie aussi bien pour les catégories que pour les autres concepts, mais elle n'est pas forcément la méthode la plus efficace (l'exemple du concept "carré" est assez clair là-dessus) et il est souvent préférable de privilégier les explications déductives. La raison à cela est une histoire de charge cognitive. Analyser des exemples pour en extraire les points communs demande de conserver beaucoup de choses en mémoire de travail. Les exemples sont en effet riches en propriétés, que le sujet doit filtrer au fur et à mesure pour ne conserver que les plus pertinentes. Alors que fournir une définition et l'illustrer par des exemples n'a pas ce problème : les propriétés pertinentes sont fournies au début de l'explication et le sujet ne doit pas mémoriser temporairement quoique ce soit de plus.
 
Techniquement, les concepts utilisés dans la définition sont des ''prérequis'', à savoir des connaissances qu'il faut obligatoirement connaitre pour comprendre l'explication et/ou la définition. Dans ce cas, cela impose de voir les concepts dans un ordre bien précis : voir ce qu'est un quadrilatère avant de parler de carré, pour l'exemple précédent. On voit aussi que toutes les définitions n'ont pas les mêmes prérequis, sans compter que le nombre de prérequis n'est pas le même. Mais tout cela pose la question de l'ordre dans lequel voir les concepts, chose que nous allons aborder dans le chapitre suivant. De manière générale, on doit prendre en compte les liens que les concepts ont entre eux pour savoir dans quel ordre en parler.