« Neurosciences/Le système ventriculaire » : différence entre les versions

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La sécrétion du liquide céphalo-rachidien est le produit d'un échange d'ions entre le sang et les ventricules. Les épendymocytes servent de barrière pour certains ions, qui ne peuvent pas les traverser rapidement. Il en est de même pour les cellules ou protéines, du fait de leur trop grande taille. L'imperméabilité aux ions, du moins ceux qui ne sont pas sécrétés activement par des pompes, permet de conserver le pH du liquide céphalo-rachidien dans des bornes acceptables. Ainsi, cela protège le cerveau de variation du pH du sang ou de variations de la teneur en ions.
 
La sécrétion du liquide cérébrospinal se base sur un phénomène d'osmose, qui attire l'eau des vaisseaux sanguins dans les ventricules, au point de la faire traverser les épendymocytes. La force d'attraction est causée par un gradient de Sodium, généré par les épendymocytes. Les épendymocytes capturent le sodium de manière passive du côté des vaisseaux sanguins, avant de le secréter dans les ventricules grâce à des pompes à sodium, localisées sur leur membrane interne (du côté du ventricule). Le gradient de concentration ainsi formé tend à attirer l'eau des vaisseaux sanguins par osmose. D'autres pompes échangent des ions, tels du chlore et de l'<chem>HCO3-</chem>, entre le sang et le liquide céphalo-rachidien. Le déséquilibre crée par ces pompes accentue l'effet du gradient de Sodium. Le mécanisme exact dépend de plusieurs échangeurs localisés du cotécôté sanguin et du cotécôté ventriculaire.
* Coté ventriculaire, on trouve un échangeur <chem>Na</chem>-<chem>K</chem> (Sodium-Potasssium), qui échange 3 ions Sodium contre 2 ions Potassium. L'échangeur en question est une pompe ionique, à savoir qu'elle éjecte du Sodium y compris contre son gradient de concentration, en dépensant de l'énergie. Elle utilise pour cela de l'ATP, le carburant intracellulaire par excellence.
* Coté sanguin, plusieurs échangeurs sont présents, mais les les deux échangeurs principaux sont un échangeur <chem>H</chem>-<chem>Na</chem> et un échangeur <chem>HCO3-</chem>-<chem>Cl-</chem>.
 
Les ions <chem>H</chem> et <chem>HCO3-</chem> proviennent de la réaction entre <chem>CO2</chem> et <chem>H2O</chem>, qui a lieu dans les épendymocytes. Le <chem>CO2</chem> est une molécule volatile, qui passe sans problèmes du sang vers les épendymocytes. AÀ l'intérieur des épendymocytes, il réagit avec l'eau pour donner de l'acide carbonique <chem>H2CO3</chem>. Ce dernier se décompose ensuite en <chem>H</chem> et <chem>HCO3-</chem>.
 
[[File:Mécanismes de production du LCS dans les plexus choroïdes.png|centre|vignette|upright=1.5|Mécanismes de production du LCS dans les plexus choroïdes]]
===Le syndrome méningé===
 
Le '''syndrome méningé''' est quasi- pathognomonique d'une atteinte des méninges : céphalées soudaines (souvent très fortes), raideur de la nuque, vomissements (en jet), éventuellement accompagnés d'une irritabilité, d'une photophobie et/ou d'une phonophobie. Les ressemblances sont donc nombreuses avec l'hypertension intracrânienne que nous verrons dans la section suivante. Par contre, la raideur de la nuque est pathognomonique d'une atteinte méningée.
 
La cause principale de syndrome méningé n'est autre que la '''méningite''', à savoir une infection/inflammation des méninges. Si le terme méningite est encore utilisé, il faut cependant signaler que celle-ci est presque toujours secondée par une encéphalite (inflammation du cerveau), méninges et cerveau étant très proches l'un de l'autre. Cependant, on peut parler de méningite quand l'encéphalite reste à la surface du cerveau et ne pénètre pas en profondeur. Dans une telle situation, les troubles neurologiques sont généralement légers. Les méningites peuvent être aussi bien virales que bactériennes, plus rarement fongiques. Dans les régions occidentales, le virus de l'herpès est un virus à l'origine de nombreux cas de méningites, méningites avec une encéphalite concomitante très fréquente. Pour les méningites septiques (bactériennes), les streptocoques sont les agents infectieux les plus fréquents, suivi par la bactérie Escherichia coli, les pneumocoques et méningocoques. Sa présentation clinique est souvent différente de l'hypertension intracrânienne vraie, mais on retrouve les maux de tête ainsi que les nausées/vomissements, avec une raideur de la nuque.
Enfin, citons les rares cas de tumeurs méningées, aussi appelées '''méningiomes'''. Les plus courantes se forment dans la dure-mère, mais toutes les couches des méninges peuvent devenir localement tumorales, voire cancéreuses. Elles sont diagnostiquées le plus souvent chez les personnes de 40 à 50 ans. Elles sont bénignes, en majorité (près de 80% des cas), et se développent très lentement, d'une manière extrêmement progressive. Les symptômes sont souvent frustres : hypertension intracrânienne, signes liés à la compression locale du cerveau, parfois épilepsie. Bref : aucun symptôme particulièrement clair. Le diagnostic se fait après un examen d'imagerie cérébrale.
 
On peut noter que les femmes sont plus souvent touchées que les hommes, sans doute pour des raisons hormonales. Divers éléments viennent à l'appui d'un lien entre hormones féminines et survenue d'un méningiome. Pour la moitié des méningiomes, leurs cellules expriment des récepteurs aux hormones féminines (œstrogène et progestérone) à leur surface. Divers traitements hormonaux favorisent la survenue d'un méningiome, notamment ceux utilisés pour traiter les conséquences de la ménopause. L'arrêt de ces traitements entraine généralement une régression de la tumeur assez rapide. Il en est de même pour la grossesse, qui est souvent le moment de survenue d'un nouveau méningiome ou d'aggravation d'un méningiome pré-existantpréexistant. De plus, les méningiomes apparaissent plus fréquemment chez les patientes atteintes de cancer du sein. Mais ce n'est pas le seul facteur de risque : il faudrait ajouter les traumatismes crâniens, les irradiations ionisantes et quelques autres facteurs similaires.
 
Les traitements des méningiomes sont en nombre limité, mais ceux-ci sont parfois très efficaces. Les petits méningiomes asymptomatiques sont simplement surveillés par des examens de routine et ne donnent pas lieu à traitement. Par contre, l'apparition de symptômes ou l'augmentation de la taille de la tumeur change la situation. Les médecins peuvent alors décider de recourir à la chirurgie, pour retirer le méningiome. La chirurgie réussit généralement très bien et permet de retirer la totalité de la tumeur. Il faut dire que les méningiomes sont souvent séparés du cerveau par une sorte d'espace vide, ce qui permet de les retirer assez facilement. Mais il existe des cas où ce n'est pas le cas, par exemple les tumeurs localisées à des endroits qui compliquent la chirurgie (tumeurs du sinus caverneux). Si la tumeur devient vraiment problématique, ou qu'elle est difficile à retirer, les traitements par radiothérapie peuvent être mis en œuvre.
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