Différences entre les versions de « Neurosciences/Le codage neuronal »

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Le cas le plus extrême de codage épars est celui où un neurone code pour une information et seulement celle-ci. L'idée comme quoi un seul neurone code pour un concept ou une unité d'information est cependant assez peu probable. L'idée est d'ailleurs appelée humoristiquement la '''théorie du neurone grand-mère''', la boutade étant qu'on aurait un neurone pour le concept de "grand-mère". La théorie exacte est plus compliquée que cela, mais cette description simplifiée n'est pas si fausse. Pour faire moins simple, le cerveau aurait une organisation hiérarchique, en forme d'arbre hiérarchique. Les neurones en bas de l'échelle coderaient des propriétés sensorielles simples, alors que ceux tout en haut coderaient des concepts abstraits. Plus on monte dans la hiérarchie, plus les propriétés sont assemblées pour coder des stimulus de plus en plus complexes et abstraits. Par exemple, telle ensemble de stimulus serait assemblé pour coder des formes, qui seraient elle-mêmes assemblées en représentation visuelles d'objets, qui seraient combinées avec d'autres représentations sensorielles pour donner des concepts abstraits, et ainsi de suite.
 
Un autre cas moins extrême, mais tout aussi irréaliste, est celui des '''codages locaux''' (un terme utilisé avec plusieurs sens en neuroscience, faites attention). Avec ces codages, une information est représentée par un petit groupe de quelques neurones hautement sélectifs. Par hautement sélectifs, on veut dire que chaque neurone de l'ensemble ne s'active pour l'information codée et pour aucune autre. Deux informations différentes ne partagent pas le moindre neurone commun. Ce faisant, il n'y a pas d'interférences entre informations, qui sont physiquement séparées dans le cerveau. Mais le défaut de ce codage est qu'il a une capacité de stockage limitée : avec N neurones, on peut coder N informations au maximum. La mémoire a donc une capacité assez limitée. Un autre défaut est que ce tels codages ne permettent pas la généralisation des connaissances acquises. Toute connaissance est distincte des autres dans le cerveau et les associations formées entre deux connaissances ne se généralisent pas à d'autres connaissances reliées. Évidemment, ces deux propriétés ne sont pas franchement intuitives, surtout au vu de ce que l'on sait de la mémoire.
 
En réalité, l'engramme n'est pas qu'un seul neurone, mais un réseau de neurones qui code aussi pour d'autres concepts similaires. Par exemple, si on prend le réseau de neurones qui répondent au concept "chat", certains de ces neurones font partie d'un autre réseau qui code le concept de mammifère, d'autres font partie du réseau du concept "mignon", etc. Ce codage est assez efficient, dans le sens où des concepts semblables qui partagent des points communs, vont partager un même réseau neuronal. En clair, tout concept est représenté par un réseau de neurones, l'ensemble des neurones activés étant petit pour le codage épars, grand pour le codage dense.
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