« La politique monétaire/La courbe de Phillips » : différence entre les versions

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Les développements précédents sont valides pour une économie fermée, c'est à dire sans exportations, ni importations. Mais en économie ouverte, la courbe de Phillips doit être légèrement modifiée. En effet, les prix importés sont pris en compte dans la mesure de l'inflation et influencent directement la courbe de Phillips. En tenir compte fait que l'on peut étudier ce qu'il arrive quand les taux de change varient, par exemple. Dans cette section, nous allons étudier le canal des taux de change, et plus précisément le canal ''direct'' des taux de change. Nous avions déjà parlé de ce canal dans le chapitre dédié, mais nous avions volontairement survolé l'effet direct des taux de change sur les prix.
 
===L'influence des prix importés sur lale courbeniveau degénéral Phillipsdes prix===
 
En économie ouverte, une partie des produits vendus provient de la production domestique, tandis que le reste est importé. LeDans niveauce généralqui dessuit, prixon dépendnote doncQ desla prixquantité destotale produitsde domestiques,biens maiset aussiservices desachetés dans prixun importéspays. LeCette niveauquantité généraln'est desautre prix estque la moyennesomme desde prixla importésproduction etnationale desY prix(autrement domestiquesdit, moyennele pondéréePIB), par le poidset des importations dans le niveau des prixI. Si l'on veut modéliser cela mathématiquement, on doit tomber sur cette formule :
 
: <math>Q = Y + I</math>
: <math>P = \beta \cdot P_d + (1 - \beta) \cdot P_i</math>, avec <math>\beta</math> un coefficient qui indique quelle est la part des prix domestiques dans le niveau général des prix, <math>P_d</math> la moyenne des prix domestiques et <math>P_i</math> la moyenne des prix importés.
 
Ensuite, on multiplie ces quantités par leurs prix respectifs. Dans ce qui suit, on note P le niveau général des prix, <math>P_d</math> la moyenne des prix domestiques et <math>P_i</math> la moyenne des prix importés. On a alors :
 
: <math>P \cdot Q = P_d \cdot Y + P_i \cdot I</math>
 
Le niveau général des prix se calcule à partir de la formule précédente, en divisant par Q :
 
: <math>P = P_d \cdot \frac{Y}{Q} + P_i \cdot \frac{I}{Q}</math>
 
Par définition, on a <math>I = Q - Y</math>, ce qui donne :
 
: <math>P = P_d \cdot \frac{Y}{Q} + P_i \cdot \frac{Q - Y}{Q}</math>
 
On simplifie :
 
: <math>P = P_d \cdot \frac{Y}{Q} + P_i \cdot \left( 1 - \frac{Y}{Q} \right)</math>
 
En posant <math>\beta = \frac{Y}{Q}</math>, on trouve la formule à démontrer :
 
: <math>P = \beta \cdot P_d + (1 - \beta) \cdot P_i</math>, avec <math>\beta</math> un coefficient qui indique quelle est la part des prix domestiques dans le niveau général des prix, <math>P_d</math> la moyenne des prix domestiques et <math>P_i</math> la moyenne des prix importés.
 
Cette formule nous dit que le niveau général des prix dépend donc des prix des produits domestiques, mais aussi des prix importés. Plus précisément, il est égal à la moyenne des prix importés et des prix domestiques, moyenne pondérée par le poids des importations dans le niveau des prix.
 
===L'influence des prix importés sur l'inflation===
 
Dans ce qui suit, on suppose que le coefficient <math>\alpha</math> est approximativement constant. Cette hypothèse est valide tant que les variations des prix sont faibles. Mais si les prix importés augmentent beaucoup plus vite que les prix domestiques, alors elle ne l'est plus. De plus, il faut que la part des importations dans le PIB ne change pas trop. Si ce n'est pas le cas, les ménages vont remplacer des produits étrangers par des produits domestiques (ou inversement), ce qui fait que le coefficient changera. Mais si ce phénomène de substitution est faible, et que les prix varient peu, l'hypothèse est crédible.
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