Différences entre versions de « Photographie/Personnalités/S/Alfred Stieglitz »

 
L'année 1917 a marqué la fin d'une époque dans la vie de Stieglitz et le début d'une autre. En partie à cause des évolutions de l'esthétique, des temps incertains provoqués par la guerre et de ses relations grandissantes avec O'Keeffe, il n’eut plus l’intérêt ni les ressources pour continuer ce qu’il faisait depuis une décennie. En l'espace de quelques mois, il a dissout ce qui restait de la ''Photo-Secession'', a cessé de publier ''Camera Work'' et a fermé les portes du ''291''. Il était clair pour lui que son mariage avec Emmy était terminé. Il avait finalement trouvé « sa jumelle », et rien ne pouvait plus l'empêcher de vivre la relation qu'il avait toujours souhaitée.
 
=== Georgia O'Keeffe et l'art moderne (1918 - 1924) ===
 
Au début de juin 1918, O'Keeffe déménagea du Texas à New York après que Stieglitz lui eut promis de lui fournir un studio tranquille où elle pourrait peindre. En l'espace d'un mois, il a pris la première des nombreuses photos d'elle nue dans l'appartement familial alors que sa femme Emmy était absente, mais celle-ci est revenue pendant que leur session était toujours en cours. Elle soupçonnait que quelque chose se passait entre eux deux depuis un moment et lui dit d'arrêter de la voir ou de sortir. Stieglitz est parti et a immédiatement trouvé une place dans la ville où lui et O'Keeffe pouvaient vivre ensemble. Ils ont dormi séparément pendant plus de deux semaines. À la fin du mois de juillet, ils étaient ensemble dans le même lit et, à la mi-août, lors de leur visite à Oaklawn, « ils étaient comme deux adolescents amoureux. Plusieurs fois par jour, ils montaient les escaliers jusqu'à leur chambre qu'ils commenceraient à se déshabiller en courant », dixit Richard Whelan.
 
Une fois sortie de leur appartement, Emmy changea d'avis. En raison des délais légaux, il fallut six ans de plus avant que le divorce soit prononcé. Pendant cette période, Stieglitz et O'Keeffe ont continué à vivre ensemble, même si de temps en temps elle partait seule pour se livrer à son art. Stieglitz a profité de ces séparations pour se concentrer sur la photographie et la promotion de l'art moderne.
 
O'Keeffe était la muse que Stieglitz avait toujours voulu. Il l'a photographiée de façon obsessionnelle entre 1918 et 1925, ce fut la période la plus prolifique de toute sa vie. Au cours de cette période, il a tiré et monté plus de 350 photos d'O'Keeffe, qui dépeignent un large éventail de son caractère, ses humeurs et sa beauté. Il a réalisé de nombreuses études de près sur des parties de son corps, en particulier de ses mains seules ou près de son visage ou de ses cheveux. La biographe d’O'Keeffe, Roxanna Robinson, affirme que « sa personnalité était essentielle à ces photographies ; c’était ce que Stieglitz enregistrait, autant que son corps ».
 
En 1920, Stieglitz a été invité par Mitchell Kennerly des ''Anderson Galleries'' à New York pour organiser une grande exposition de ses photographies. Au début de 1921, il a accroché sa première exposition individuelle depuis 1913. Sur les 146 tirages qu'il avait produits, seuls 17 avaient été vus auparavant. Quarante-six étaient de O'Keeffe, y compris de nombreux nus, mais elle n'a été identifiée comme modèle sur aucune des photos. C'est dans le catalogue de ce spectacle que Stieglitz a fait sa célèbre déclaration: « Je suis né à Hoboken. Je suis américain. La photographie est ma passion. La recherche de la vérité est mon obsession ». Ce qui est moins connu, c'est qu'il a modulé cette affirmation en la suivant avec ces mots :
 
VEUILLEZ NOTER : dans l'énoncé ci-dessus, les termes suivants deviennent rapidement « obsolètes » : ART, SCIENCE, BEAUTÉ, RELIGION, tout ISME, ABSTRACTION, FORME, PLASTICITÉ, OBJECTIVITÉ, SUBJECTIVITÉ, VIEUX MAÏTRES, ART MODERNE, PSYCHANALYSE, ESTHÉTIQUE, PHOTOGRAPHIE PICTORIALE, DÉMOCRATIE, CÉZANNE, "291", INTERDICTION. Le mot VÉRITÉ s'y est glissé mais il peut être rejeté par quiconque.
 
 
Un portrait de Georgia O'Keeffe par Stieglitz
 
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