« Grec ancien/Lexique du théâtre » : différence entre les versions

aucun résumé des modifications
Aucun résumé des modifications
Aucun résumé des modifications
Les définitions viennent de la page : [https://fr.wikipedia.org/wiki/Lexique_th%C3%A9%C3%A2tral/Wikipédia lexique théâtral] sur Wikipédia. Nous extrayons de ce lexique ce qui concerne exclusivement la Grèce.
 
*Accessoires
L’aphorisme, en grec aphorismos, du verbe ἀφορίζειν (« définir, délimiter »), est une sentence énoncée en peu de mots — et par extension une phrase — qui résume un principe ou cherche à caractériser un mot, une situation sous un aspect singulier. D'une certaine manière, l'aphorisme se veut le contraire du lieu commun. Par certains aspects, il peut se présenter comme une figure de style lorsque son utilisation vise des effets rhétoriques.
Exemple : les aphorismes d’Hippocrate comme le célèbre « Ars longa, vita brevis » (« L’art est long, la vie est brève »)
*Catharsis
Pour Aristote, la catharsis est l'épuration des passions qui se produit par les moyens de la représentation artistique : en assistant à une tragédie ou en recourant aux {{citation|mélodies qui transportent l'âme hors d'elle-même}}, le spectateur se libère de ses émotions et éprouve {{citation|un allègement accompagné de plaisir}}. Si le terme de catharsis est souvent référé à la ''[[Poétique (Aristote)|Poétique]]'', on ne trouve néanmoins une définition développée de ce terme que dans ''[[La Politique (Aristote)|La Politique]]'' d'[[Aristote]], à propos de la musique :
{{citation bloc|Nous voyons ces mêmes personnes, quand elles ont eu recours aux mélodies qui transportent l'âme hors d'elle-même, remises d'aplomb comme si elles avaient pris un remède et une purgation. C'est à ce même traitement, dès lors, que doivent être nécessairement soumis à la fois ceux qui sont enclins à la pitié et ceux qui sont enclins à la terreur, et tous les autres qui, d'une façon générale, sont sous l'empire d'une émotion quelconque pour autant qu'il y a en chacun d'eux tendance à de telles émotions, et pour tous il se produit une certaine purgation et un allègement accompagné de plaisir. Or, c'est de la même façon aussi que les mélodies purgatrices procurent à l'homme une joie inoffensive<ref>''La Politique'', traduction de [[Jean Tricot]], [[Librairie philosophique J. Vrin]], 1995, {{p.|584}} (Livre VIII, 7, 1342a 10)</ref>.}}
 
Bien qu'il renvoie à sa ''Poétique'' pour plus d'éclaircissements ({{citation|nous en reparlerons plus clairement dans notre ''Poétique''}}), il devait faire allusion au deuxième livre car le terme n'apparaît qu'une seule fois dans l'ouvrage qui nous est parvenu :{{citation bloc|La tragédie (...) est une imitation faite par des personnages en action et non par le moyen de la narration, et qui par l'entremise de la pitié et de la crainte, accomplit la purgation des émotions de ce genre<ref>Aristote, ''Poétique'', 1449b28</ref>.}}
 
[[Aristote]] paraît surtout employer le terme en son sens médical, bien qu'il fasse également référence à des mélodies purgatrices, qui appartiennent probablement à des rites thérapeutiques. Le sens large que ce terme possède en grec, et ses connotations religieuses aussi bien que politiques traceront la voie à son interprétation ultérieure comme une purification morale. En s'identifiant à des personnages dont les passions coupables sont punies par le destin, le spectateur de la [[tragédie]] se voit délivré, purgé des sentiments inavouables qu'il peut éprouver secrètement. Le théâtre a dès lors pour les théoriciens du classicisme une valeur morale, une fonction édifiante. Plus largement, la catharsis consiste à se délivrer d'un sentiment encore inavoué. Ce sens large a donné lieu à un emploi particulier de ce terme en psychanalyse et plus largement encore en psychothérapie.
 
L'interprétation de ce passage très allusif est délicate et sujette à de nombreux débats. La question porte en particulier sur le mode de purgation qui a lieu : s'agit-il d'une purgation morale, ou [[Aristote]] a-t-il simplement dit que le mode de représentation fait en sorte que l'on ne ressent pas ces émotions au premier degré.
 
Entre les deux interprétations, la différence porte :
* sur l'enjeu de la purgation : dans un cas, il s'agit de la morale, dans l'autre de la seule esthétique
* sur la cause de la purgation : dans un cas, il s'agit des exemples montrés sur la scène, dans l'autre du seul dispositif de la représentation théâtrale.
1 560

modifications