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Parmi les nombreuses manifestations d’importance organisées dans le cadre de cette Année, les ''États généraux du multilinguisme dans les outre-mer'' constituent à n’en point douter l’un des moments essentiels.
 
Ces ''États généraux'' témoignent de la richesse culturelle et patrimoniale des femmes et des hommes vivant dans les territoires ultramarins. Et je tiens à féliciter la [[w:Délégation générale à la langue française et aux langues de France|Délégation générale à la langue française et aux langues de France]] d’avoir décidé l’organisation de cette manifestation qui se déroulera en [[w:Guyane|Guyane]] du 14 au 18 décembre prochains.
 
Avec plus de 50 langues parlées outre-mer sur les 75 langues qui constituent le patrimoine linguistique exceptionnel de la France, ces ''États généraux'' vont permettre de mettre en lumière la diversité et la richesse unique de ce trésor national.
 
C’est toute l’ambition de ce gouvernementGouvernement de permettre aux [[w:langues de France|langues de France]] de cohabiter sereinement afin que chaque personne connaisse la langue française et s’exprime à travers l’héritage linguistique qui est le sien. Car les langues doivent vivre, doivent être parlées et transmises afin que perdure cette richesse incomparable.
 
Je souhaite à tous les participants de profiter pleinement de ces ''États généraux'' qui remplissent admirablement les objectifs de cette Année des outre-mer.
 
Marie-Luce PENCHARD
''« Aucune langue n'est, sans le concert des autres », écrivaient naguère Patrick Chamoiseau et Édouard Glissant.''
 
En organisant les ''États généraux du multilinguisme dans les outre-mer,'' qui clôturent et couronnent l'Année des outre-mer, j'ai voulu tout d'abord rendre hommage à l'inestimable apport ultramarin qui contribue à la richesse culturelle de notre pays. Cette richesse se manifeste à travers le foisonnement de la création culturelle qui s'exprime et se transmet dans plus de cinquante langues, de France et d'ailleurs. C'est le [[w:théâtre caribéen|théâtre caribéen]] , c'est le [[w: deba chanté et dansé|deba chanté et dansé]] par les femmes de [[w:Mayotte| Mayotte]], l'[[w:art oratoire tahitien, Orero|art oratoire tahitien, Orero]], les [[w:berceuses kanakes|berceuse kanakes]], c'est enfin l'universalité des [[w:contes|contes]] de notre enfance qui se disent chaque fois dans une langue différente. Et chacun sait que si la France fait entendre sa voix dans le concert des [[w:musiques du monde| musiques du monde]], c'est à l'outre-mer qu'elle le doit.
 
Chacun sait aussi que si la langue française est parlée sur les cinq continents, aux côtés d’un grand nombre d’autres langues, la France a le devoir de prendre en compte la diversité des langues parlées sur son territoire, et singulièrement dans les territoires d’outre-mer, là où cette langue n’est pas la langue maternelle de la majorité de nos concitoyens.
 
Cette rencontre, qui réunit à [[w:Cayenne|Cayenne]], 250 personnes venues des quatre océans, est le fruit de la détermination et du travail de coopération de plusieurs services de l’État - notamment de la [[w:Délégation générale à la langue française et aux langues de France/Délégation générale à la langue française et aux langues de France]] dont je salue l'engagement remarquable -, de chercheurs, et de représentants de ceux qui travaillent au quotidien à faire vivre ces langues.
 
À partir des pratiques des locuteurs, des nombreuses initiatives individuelles ou collectives, des réussites et parfois des déceptions, à partir des expériences et des savoirs élaborés par les scientifiques, il s'agit d'engager une discussion ouverte sur la pluralité des langues dans notre vie sociale.
J'attends de cette confrontation de points de vue exprimés dans notre langue commune, le français, que se dessinent les lignes de force d'une [[w:politique linguistique|politique linguistique]] qui réponde aux exigences de diversité, de modernité et de justice sociale que réclame une société démocratique.
 
Je souhaite que ces états''États généraux du multilinguisme'' soient un repère et un signe positif pour les jeunes générations qui auront à sauvegarder la polyphonie du monde, si l'on veut qu'il reste vivable.
 
Frédéric MITTERRAND
===Le mot du Président de la [[w:Région Guyane|Région Guyane]], [[w:Rodolphe ALEXANDRE|Rodolphe ALEXANDRE]]===
 
Les ''États généraux du multilinguisme dans les Outreoutre-mer'' ne pouvaient sans doute pas trouver meilleure terre d’accueil que la Guyane. La Guyane représente en effet, à elle seule, un véritable laboratoire en termes de diversité des cultures et des langues, qu’il s’agisse des langues régionales (créole guyanais, langues amérindiennes et bushinengues) ou des langues étrangères (anglais, néerlandais, portugais, espagnol, créoles caribéens, mandarin...).
 
Outre la mise en valeur de la multiplicité linguistique et culturelle de l’ensemble des départements et collectivités d’outre-mer, ces ''États généraux'' seront donc également l’occasion pour la Guyane de faire valoir son exceptionnelle densité en la matière, et, sans doute, de mettre en avant son savoir-faire en termes d’intégration de toutes les composantes de sa population.
 
Car, si la langue constitue indubitablement un lien fort entre les personnes, en ce qu’elle leur permet de communiquer entre elles, de se comprendre, et de partager et faire vivre leur culture commune, elle peut aussi contribuer à isoler les communautés les unes des autres si aucun effort n’est entrepris pour leur permettre de se rapprocher et surmonter la barrière de la langue afin d’apprendre à mieux se connaitre.
C’est pourquoi j’ai souhaité, avec l’ensemble de mon équipe, placer cette mandature sous le signe du décloisonnement et du rassemblement de l’ensemble des communautés qui composent la Guyane, en organisant plusieurs rencontres inédites et de grande envergure, telle la grande réunion des Chefs coutumiers [[w:amérindiens|amérindiens]] et [[w:bushinengues|bushinengues]] en avril 2011, ou encore les [[w:Journée internationale des populations autochtones|Journée internationale des populations autochtones]] les 9 et 10 décembre 2011, à Cayenne.
 
Il va de soi qu’une bonne maitrisemaîtrise de la langue française par le plus grand nombre est une condition nécessaire à l’aboutissement de notre projet. Car elle seule a vocation à constituer le dénominateur commun permettant de passer d’une [[w:langue régionale|langue régionale]] ou étrangère à une autre.
Or, c’est précisément l’objectif que nous nous sommes fixés : ouvrir, et faire découvrir à la Guyane et au monde la richesse des cultures et des langues qui vivent et s’expriment sur l’ensemble de notre territoire.
Guyane et au monde la richesse des cultures et des langues qui vivent et s’expriment sur l’ensemble de notre territoire.
 
Ce sera certainement l’un des enjeux portés par chacune des délégations présentes à ces ''États généraux,'' dont je ne doute pas qu’ils seront placés sous le signe de l’ouverture, de la diversité, de l’échange et du partage.
Bons travaux à toutes et à tous.
 
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