Différences entre les versions de « Photographie/Tirage des épreuves/Méthodes générales d'agrandissement »

== Le masquage et la surimpression ==
 
=== Principe et méthodes ===
Une fois le cadrage défini, il faut réfléchir à la façon de mettre en valeur le sujet de façon optimale. Il s'agit d'équilibrer les valeurs de gris, on dit parfois « harmoniser » l'image.
 
Une fois le cadrage défini, il faut réfléchir à la façon de mettre en valeur le sujet de façon optimale. Il s'agit d'équilibrer les valeurs de gris, on dit parfois « harmoniser » ou « maquiller » l'image.
 
Souvent, on s'aperçoit que certaines zones de l'image positives sont trop sombres, mais que les zones claires correspondantes du négatif présentent des détails. On s'arrange alors pour masquer ces zones, ou les « retenir », afin qu'elle apparaissent plus claires sur l'épreuve finale. Au contraire, les zones les plus sombres du négatif donnent facilement des plages blanches, sans détails, sur l'agrandissement. De telles zones donnent une impression de vide très désagréable et il faut les surimpressionner de façon que les détails qu'elles contiennent puissent apparaître. Cette surimpression (à ne pas confondre avec une superposition d'images) est d'autant plus nécessaire que lorsque l'on examine une photographie, le regard se porte en priorité vers les zones les plus claires et si celles-ci ne sont pas intéressantes, alors il y a de grandes chances pour que l'épreuve soit ratée.
Dans les cas les plus simples, s'il s'agit de masquer ou de surimpressionner des zones relativement vastes de l'image, les mains suffisent. Avec un peu d'habileté et d'expérience, il est possible de masquer efficacement les zones à retenir avec un ou plusieurs doigts, de réaliser des contours approximatifs pour éclaircir un visage, la terre par rapport au ciel, des rochers, etc. De même, en accolant les mains et en laissant entre elles quelque espace, on peut donner plus de lumière aux zones qui en ont besoin. Il est recommandé dans ce cas d'équiper l'agrandisseur d'un allumage par pédale, de façon à garder les mains libres pendant cette opération.
 
Pour les masquages plus localisés ou demandant plus de précision, de petits morceaux de carton découpés à la demande et tenus au bout d'une tige au-dessus des zones à masquer sont indispensables. On peut les fixer avec des pinces ou avec un peu de pâte adhésive. Des feuilles de carton découpées à un profil donné ou percées de trous pour laisser passer la lumière sont d'un usage commun.
 
Pour produire des tirages masqués en série, l'établissement d'une procédure rigoureuse s'impose. Les caches peuvent être disposés sur un châssis spécial qui les maintient à une distance précise et constante du papier de tirage.
 
Une fois que l'agrandissement est terminé, les opérations de masquage et de surimpression doivent passer totalement inaperçues, il n'est pas toujours très facile d'arriver à ce résultat, loin de là !
 
=== Sur quoi faut-il intervenir ? ===
 
Parmi les exemples typiques de prises de vues qui imposent pratiquement le maquillage, il y a celui très classique du portrait d'une personne qui porte des vêtements blancs. Ces derniers sont souvent très lumineux et sont traduits d'autant plus facilement par des zones blanches uniformes que l'on tire souvent les portraits assez clairs pour minimiser les défauts de la peau, particulièrement pour les modèles féminins. La surimpression permet d'éviter l'affreux effet de « trou » qui survient lorsqu'une photo présente une plage blanche sans aucun détail.
 
Lorsque l'on réalise un portrait avec des éclairages trop brutaux et venant trop d'« en haut », les yeux apparaissent souvent trop sombres. Il convient alors de les éclaircir par un masquage bien dosé, qui donne toujours des résultats bien meilleurs que ceux que l'on pourrait obtenir sur l'épreuve finale par un blanchiment chimique partiel.
 
Les zones claires, même quand elles fourmillent de détails, sont très gênantes lorsqu'elles sont situées sur les bords des photographies ; elles donnent plus ou moins l'impression que l'image sort du cadre, s'échappe en quelque sorte. Il convient de maintenir le regard du spectateur dans le cadre, c'est pourquoi beaucoup de tireurs avertis prennent soin de rendre les zones périphériques un peu plus foncées, toujours discrètement bien sûr. Lorsque la correction des zones claires ne peut pas être pratiquée de cette façon, alors la fuite du regard peut être évitée par la présentation du tirage dans un [[passe-partout]] plus ou moins sombre.