« Histoire de France/Affaiblissement de la monarchie » : différence entre les versions

 
== Louis XV — Guerre d'Amérique ==
;Louis XVI
;Ses premiers actes
Les premiers actes de son gouvernement furent de remettre à la nation le droit de joyeux avènement<ref>Droit de joyeux avènement : impôt spécial que percevait le roi à son avènement.</ref>, réduisit les impôts et les tailles, donna sur sa propre cassette {{formatnum:200000}} francs aux pauvres. Il appela au ministère l'économiste Turgot et le généreux Malesherbes, qui voulaient accomplir les réformes réclamées par l'opinion publique.
;Turgot
Anne Robert Jacques Turgot, nommé contrôleur général des finances, remplaça les impôts existants par un seul impôts territorial sur toutes les classes ; il autorisa la libre circulation des grains et des farines ; il supprima les corvées, les jurandes et les maîtrises, et proclama la liberté du travail. Cependant, il fut contraint de démissionner en 1776. La cause immédiate de sa chute est incertaine. Certains parlent d’un complot, de lettres fabriquées de toutes pièces, et attribuées à Turgot, contenant des attaques sur la reine [[w:Marie-Antoinette d’Autriche|Marie-Antoinette]], d’une série de notes sur le budget de Turgot préparée, dit-on, par [[w:Jacques Necker|Necker]] et montrée au roi pour prouver son incapacité. D’autres l’attribuent à la reine et il n’y a aucun doute sur sa haine de Turgot depuis qu’il a soutenu [[w:Charles Gravier, comte de Vergennes|Vergennes]] dans l’affaire du comte de Guines.
;Necker
Necker, banquier genevois, remplaça Turgot. Il voulu relever le crédit de l'État par l'ordre, l'économie, les emprunts, sans toucher aux privilèges. Un moment il ne parvint à ranimer la confiance, mais la guerre survint, et il ne put combler le déficit.
;Guerre d'Amérique
En 1774, treize colonies anglaises de l'Amérique du nord, écrasés d'impôts, se révoltèrent contre la métropole<ref>Métropole : se dit d'un État considéré par rapport à ses colonies.</ref>. Deux ans après, elles proclamèrent leur indépendance, sous le nom d'États-Unis d'Amérique, et prirent pour président Georges Washington.
 
La France qui en voulait à l'Angleterre, se montra enthousiaste pour la cause américaine. De jeunes nobles, entre autres la Fayette, partirent comme volontaires ; après l'ambassade de Franklin<ref>Franklin : un des fondateurs de l'indépendance américaine, inventeur du paratonnerre.</ref> à Paris, Louis XVI envoya en Amérique le marquis de Rochambeau, avec une petite armée (1778). En même temps, la marine française, commandée par d'Orvilliers, de Grasse, d'Estaing, de Guichen, la Pérouse et surtout Suffren, remportait des succès dans les mers de l'Europe, aux Antilles et aux Indes, où le bailly de Suffren battit cinq fois les Anglais.
;Traité de Versailles
L'Angleterre, à bout de ressources, signa la paix de Versailles (1783). Elle reconnut l'indépendance des États-Unis, et rendit à la France une partie des colonies, le Sénégal et quatre villes des Indes.
;Embarras financiers
Cette gloire extérieure coûtait cher à la France : le trésor était épuisé, et des idées d'indépendance et de liberté, contraires à la vieille monarchie, se propageaient dans toutes les classes.
 
Des ministres comme de Calonne et de Brienne avaient remplacé Necker (1781), et augmenté le déficit. De mauvaises récoltes amenèrent la disette ; des insurrections éclatèrent en Bretagne et en Dauphiné. La situation devenait de plus en plus critique ; on parlait de réunir les états généraux.
;Convocation des états généraux
Le roi résolut alors de rappeler Necker, et il le chargea de préparer la réunion des états pour le 5 mai 1789. Les trois ordres de la nation, appelés à nommer leurs représentants aux états généraux, mirent par écrit leurs projets et leurs vœux de réformes ; c'est ce que l'on appelle les cahiers des états généraux.
 
Dans ces cahiers, il était généralement demandé : un gouvernement constitutionnel<ref>Gouvernement constitutionnel : gouvernement composé du roi qui gouverne et d'une assemblée qui discute les lois et les vote ainsi que le budget annuel.</ref>, la responsabilité des ministres et des fonctionnaires, la liberté civile, l'abolition des privilèges et des droits féodaux, l'égalité des impôts, la liberté de conscience, l'unité des poids et mesures.
 
Aucune classe de français ne songeait à renverser le roi et à détruire la monarchie.
=== Questionnaire ===