« Histoire de France/Affaiblissement de la monarchie » : différence entre les versions

 
== Louis XV — Le ministre Choiseul ==
;Choiseul
Le ministre Étienne François de Choiseul dirigea les affaires de la France de 1758 à 1770. Issu d’une grande famille originaire de Lorraine, il porte – comme son père – le prénom du dernier duc de Lorraine et de Bar, François III Étienne. Sa réussite lui permet de devenir secrétaire d’État aux Affaires étrangères de 1758 à 1761, puis de 1766 à 1770, comme successeur de cardinal de Bernis et donc de diriger la diplomatie française pendant la guerre de Sept Ans. Il est fait alors « duc » et « pair de France ».
;Période de prospérité
Après le traité de Paris, Choiseul travailla à préparer une guerre de revanche contre l'Angleterre. Il réorganisa l'infanterie, l'artillerie, le génie ; il fit construire un grand nombre de vaisseaux par le moyen de souscriptions qu'il provoqua, et la marine française se rebâtit. Il consola la France de la perte du Canada par la réunion de la Lorraine à la couronne (1766) à la mort du roi Stanislas ; par l'achat de la Corse (1768), par le développement des colonies qui restaient. Mais une intrigue le renversa et il fut remplacé par un triumvirat composé du duc d'Aiguillon, de Maupeou et de Terray.
;Duc d'Aiguillon, de Maupeou et de Terray
Maupeaou détruisit les parlements et les remplaça par des cours de justice qu'on appela par dérision « parlements Maupeou » ; le duc d'Aiguillon laissa démembrer la Pologne par la Prusse, la Russie et l'Autriche (1722) ; Terray fut accusé de patronner une société d'accapareurs de grains qui provoqua une disette. Cette association reçut le nom de « pacte de famine ».
;Mort de Louis XV
Le {{Date|26|avril|1774}}, se déclarèrent les symptômes de la [[w:Variole|petite vérole]], alors que ''Louis XV'' était au [[w:Petit Trianon|Petit Trianon]].
 
Le parlement de Paris envoya le dimanche {{date|1|mai|1774}}, [[w:Nicolas Félix Vandive|Nicolas Félix Van Dievoet dit Vandive]], conseiller notaire secrétaire Maison et Couronne de France, greffier au [[w:Grand Conseil (France)|Grand Conseil]], pour s'enquérir de la santé du roi, comme nous l'apprend en son fameux journal le libraire parisien [[w:Siméon-Prosper Hardy|Siméon-Prosper Hardy]] :
 
{{citation|''la nouvelle cour du Parlement n'avait pas manqué, suivant l'usage ordinaire, de députer le nommé [[w:Nicolas Félix Vandive|Vandive]], l'un des premiers principaux commis au greffe de la Grand Chambre et de ses notaires secrétaires, pour aller à [[w:Versailles|Versailles]] savoir des nouvelles de la santé du Roi. Mais ce secrétaire ne pouvoit rendre compte de sa mission à l'inamovible compagnie que le mardi suivant, attendue la vacance accoutumée du lundi 2 mai''}}.
 
Les filles survivantes du roi, le [[w:François-Xavier de Saxe|Comte de Lusace]], frère de la feue Dauphine, furent aussi présent lors de l'agonie du roi. Durant la nuit, une bougie fut allumée au balcon de la chambre. Elle fut éteinte à la mort du roi.
 
Le roi mourut des suites de la maladie ([[w:septicémie|septicémie]] aggravée de complications pulmonaires) le {{Date|10|mai|1774}}, à 15 heures 30, au [[w:château de Versailles|château de Versailles]], dans l'indifférence du peuple et la réjouissance d'une partie de la cour. Variolique, il ne fut pas embaumé. Il laissa le trône à son petit-fils, le futur [[w:Louis XVI de France|Louis XVI]]. Les obsèques eurent lieu le 12 mai dans la [[w:basilique Saint-Denis|basilique Saint-Denis]].
;État des esprits
Les philosophes des lumières menaient une rude guerre, non seulement aux abus, mais encore à la royauté elle-même et à la religion ; Voltaire mène une lutte contre ce qu'il appelle « l'infâme », c'est-à-dire l'obscurantisme religieux.
D'autres, les économistes, demandaient des réformes pour augmenter la richesse publique : la liberté du commerce, du travail, la suppression de la corvée, des douanes intérieures, etc. Il était devenu évident que des changements importants étaient devenus nécessaires dans l'état de la société.
;Les écrivains du XVIII{{e}} siècle
Les plus grands écrivains, qui exercèrent sur leur siècle une influence importante, furent Voltaire, Rousseau, Montesquieu et Buffon.
 
Les deux premiers, écrivains de combat, attaquèrent sous toutes les formes et avec toutes les ressources de l'esprit, les abus de la société, et préparèrent les esprits à la Révolution. On doit à Voltaire le ''Siècle de Louis XIV'' et l'''Histoire de Charles XII''.
 
Montesquieu par son ouvrage l''Esprit des lois'' chercha à préparer l'avènement de la liberté. Il se proposait d'éclairer les gouvernements et non de les renverser, lui qui écrivait « qu'il ne faut toucher aux lois établies que d'une main tremblante ».
 
Le comte de Buffon, intendant du Jardin des Plantes, consacra cinquante ans de sa longue existence à écrire son ''Histoire naturelle'' des animaux dans un style revêtu des couleurs les plus éclatantes.
;Les savants
Le XVIII{{e}} siècle vit aussi briller dans les sciences des noms restés célèbres. Tels sont ceux de Monge, inventeur de la géométrie descriptive, de Lagrange, célèbre mathématicien, de Laplace et de Lalande, astronomes de talent ; de Réaumur, savant physicien, de Lavoisier, « créateur » de la chimie, d'Antoine de Jussieu, qui donna la classification naturelle des plantes.
 
À cette même époque, l'abbé de l'Épée se dévouait à l'instruction des sourds-muets, Valentin Haüy, fondait l'Institut des aveugles, le médecin anglais Jenner découvrait la vaccine, Parmentier vulgarisait la pomme de terre, Franklin inventait le paratonnerre et les frères de Montgolfier, les aérostats ; l'architecte Soufflot construisait le Panthéon, à Paris.
;Les navigateurs
Les découvertes géographiques reculaient les limites du monde connu, surtout en Océanie. Bougainville, après avoir partagé la gloire de Montcalm au Canada, entra dans la marine et fit un voyage autour du monde dont il publia la relation. Quelques années après, un autre illustre marin, La Pérouse, envoyé par Louis XVI à la découverte de nouvelles terres, trouvait la mort sur les récifs des Nouvelles-Hébrides.
=== Questionnaire ===