Différences entre les versions de « Histoire de France/Triomphe de la royauté — guerres d'Italie »

(→‎Charles VIII : début)
;États généraux
En 1484, Anne, pour fortifier son pouvoir attaqué, convoqua les états généraux. Ils se réunirent à Tours et laissèrent à Anne de Beaujeu toute son autorité. Puis ils votèrent les subsides demandés et se séparèrent, non sans avoir émis des doctrines assez hardies au sujet de la souveraineté du peuple.
;Guerre folle
Le duc d'Orléans, qui aspirait à la tutelle, s'unit au duc de Bretagne et voulut s'emparer du pouvoir par les armes. Anne de Beaujeu attaqua les révoltés avec décision. Son général, La Trémouille<ref>La Trémouille, né en 1460, fut chargé du commandement des troupes royales pendant la minorité de Charles VIII ; il commanda l'armée à la bataille de Fornoue, occupa le Milanais, se battit à Marignan, et fut tué à la bataille de Pavie (1525).</ref>, battit Louis d'Orléans à Saint-Aubin-du-Cormier et le fit prisonnier (1488). Après cette défaite, le duc de Bretagne se hâta de signer le traité de Sablé (Sarthe), qui le réconciliait avec le roi.
;Charles VIII épouse Anne de Bretagne
Anne de Beaujeu, avant de rentrer dans la vie privée, fit épouser au jeune roi Anne de Bretagne, héritière du duché, et déjà fiancée à Maximilien d'Autriche, veut de Marie la Bourgogne (1491). Ce mariage préparait la réunion de la Bretagne à la France ; mais il avait l'inconvénient d'irriter Maximilien à qui on dut renvoyer Marguerite, sa fille, fiancée au dauphin depuis neuf ans.
;Onéreux traités
À partir de ce moment, Charles VIII gouverna par lui-même et rêva de conquérir le royaume de Naples, sur lequel Charles d'Anjou lui avait transmis des droits. Pour exécuter son projet en sécurité, il dut traiter avec ses voisins qui le menaçaient d'une coalition. Par le traité de Senlis, il rendit à Maximilien la dot de Marguerite, l'Artois et la Franche-Comté ; à Etaples, il paya au roi d'Angleterre les arrérages<ref>Arrérages : pension, tribut ou intérêts, qui n'ont pas été payés à l'échéance.</ref> de la pension annuelle promise à Picquigny ; enfin, à Narbonne, il rendit le Roussillon et la Cerdagne à Ferdinand le Catholique (1492).
;Expédition en Italie
Ces précautions prises, Charles VIII partit pour l'Italie, divisée alors en plusieurs petits États ennemis les uns des autres. Sa marche fut un triomphe ; il entra à Naples presque sans coup férir (1494). Mais pendant que Charles VIII passait son temps en fêtes et en grands projets, une coalition se préparait contre lui dans le nord de l'Italie. Dès qu'il en eut connaissance, il partit avec {{formatnum:9000}} hommes, trouva la route barrée à Fornoue par {{formatnum:40000}} coalisés, attaqua l'ennemi avec ardeur et força le passage (1495). Cette victoire lui ouvrait la route de France, mais les généraux d'Aubigny et de Montpensier<ref>Gilbet de Montpensier : connétable, père du célèbre connétable de Bourbon.</ref> qu'il avait laissés à Naples se laissèrent battre par les Espagnols et la conquête fut perdue.
;Bataille de Fornoue
Charles VIII avait rejoint le corps d'armée à la tête duquel il devait combattre. Le roi donna l'ordre de charger, et la bataille commença sur tous les points. Elle fut très chaude, mais dura peu. Lors de cette bataille, le roi avait, à un moment, devancé le gros de sa garde sans regarder si elle le suivait de près : il n'était plus qu'à une centaine de pas de l'armée ennemie ; le marquis de Mantoue, qui le voyait peu accompagné, le chargea à la tête de sa cavalerie. Le roi, serré de près, se défendit jusqu'à ce qu'un gros de troupes royales arriva à son aide et le délivra de tout péril.
;Mort de Charles VIII
Charles VIII s'appliquait à bien gouverner son royaume, lorsqu'il mourut prématurément des suites d'un accident, au château d'Amboise. En regardant jouer à la paume le 7 avril 1498, il heurte violemment du front un linteau de pierre sur la montée cavalière du château. Après sa mort, la succession revient à son cousin Louis XII, lequel épouse également sa veuve, Anne de Bretagne. Il est inhumé à la basilique Saint-Denis tandis que son cœur rejoint la Basilique Notre-Dame de Cléry, afin qu'il puisse être près de ses parents, Louis XI et Charlotte de Savoie. Avec lui s'éteignit la branche des Valois directs.
;Fait contemporain
L'Amérique est découverte en 1492, par Christophe Colomb.
=== Questionnaire ===