Différences entre les versions de « Philosophie/Présocratiques »

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(Un petit point d'histoire de la philosophie: sur les termes de présocratique et de physicien)
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Le propre des philosophes dits présocratiques est de promouvoir une démarche rationnelle, c'est à dire expliquer, à l'aide de concepts généraux, l'origine et la nature des phénomènes naturels.
Est-ce qu'un terme générique comme celui de phusikoi peut permettre d'identifier l'unité d'une notion commune aux différentes conceptions que l'on rapporte des grands noms de la tradition (essentiellement par Aristote, livre A)? Thalès: l'eau, Anaximandre: l'infini (apeiron), Anaximène: l'air, Pythagore (école italique): le nombre et l'opposition des contraires, Empédocle d'Agrigente: l'amour et la hainre, Anaxagore, l'inteligence (''noûs''), Parménide et Zénon d'Elée: l'unicité de l'être, Héraclite: le feu pur, l'intelligence directrice, Démocrite d'Abdère: les quatres élements sous forme d'atomes matériels. Il y a de quoi devenir sceptique en contemplant cette constellation d'explications divergentes. Et pourtant quelque chose d'unique s'est produit: l'explication myhtologique et religieuse a laissé la place à une recherche des causes qui président à la manifestation du visible. Le point de départ de la réflexion des ''physiciens'' est le moment où l'on s'est ''étonner'' (''taumazein'') que le monde soit ce qu'il est, et qu'il soit tout simplement. La tentative d'apporter une réponse rationnelle à la question de l'origine de la nature et du devenir a nécessité d'une part le recours à de nouveaux concepts, dégagés des significations populaires de la nature pleine de dieux, ou plutôt au concept. Car les explications présocratiques sont encore teintées de mysticisme et d'éléments religieux (l'orphisme notamment en rapport à l'école pytahgoricienne). Mais il n'empêche que la persévérance de ces penseurs à penser contre la foule (''doxa'') leur permet de délivrer le langage de son ancrage traditionnel. Leur interrogation porte sur le général, l'universel: qu'est-ce que la totalité où je me tiens. En interrogeant l'être de ce qui est, il ont promu le questionnement au titre d'attitude fondamentale face à l'existence. Préparant la voie d'une éthique,non pas tant par leur discours dont on ne possède que des fragments, mais par l'aspiration à régler sa vie sur l'harmonie découverte par la raison, les physiciens prépare la voie à un questionnement sur la finalité de l'existence humaine dans un univers dont les divinités rectrices masquent en fait l'unité de la Raison universelle, la providence qui gouverne toute choses. C'est à ce moment que naît la figure du sage dont s'inspireront largement les Stoïciens à l'époque alexandrine.
Si la philosophie occidentale considère que son héritage lui vient de Socrate, les physiciens de l'antiquité ont ceci de commun avec ce dernier d'avoir élevé la question, l'interrogation sur le sens, à la dignité la plus haute. Mais un autre type d'interrogation naît avec Socrate: le questionnement des choses humaines. C'est cependant des premiers efforts des présocratiques à systématiser et à démontrer par la raison, et donc par la parole (''logos'': raisonnement, langage, fondement, raison des choses), que se fait jour la possibilité d'une enquête sur l'essence dont Platon fera l'objet de sa philosophie. De ce fait, les présocratiques apparaissent moins comme des précepteurs que comme des prédecesseurs dans l'effort de réflexion sur ce que cela veut dire: être.--[[Utilisateur:82.253.91.32|82.253.91.32]] 1 février 2006 à 22:32 (UTC)
 
 
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