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== Introduction ==
 
Au développement spectaculaire des sciences et des techniques correspond un accroissement sans précédent des connaissances humaines. Il n'est pas exagéré de parler d'un « règne de l'information ». Cette dernière, sous toutes ses formes, est plus que jamais à la base de toute activité humaine. L'apparition récente de systèmes d'information libres tels que Wikipédia ou Wikilivres faitaccompagne partiedepuis dequelques années ce mouvement général.
 
Les spécialistes disent que le nombre des données disponibles double tous les dix ans. Cela correspond à une multiplication par mille en un siècle et par seize, ce qui n'est déjà pas si mal, au cours des quelques quarante ansannées d'une vie professionnelle. Naturellement, il ne s'agit là que d'une moyenne, certains domaines de la connaissance sont « en léthargie », on ne fait plus guère de recherches sur la machine à vapeur, tandis que d'autres connaissent au contraire un développement quasi explosif.
 
Chaque découverte suscitant plusieurs nouvelles questions, disait un humoriste, il s'ensuit que la quantité d'ignorance croît beaucoup plus vite que la quantité de savoir ! On peut s'en amuser mais c'est un vrai sujet de préoccupation. Chaque cerveau ne peut emmagasiner qu'une partie de plus en plus faible des connaissances humaines, celles-ci sont donc de plus en plus dispersées chez des spécialistes dont le niveau est très élevé dans certainsquelques domaines très restreints mais de plus en plus faible en valeur relative dans la quasi totalité des autres domaines, même quand ceux-ci sont relativement proches dude domaineleur dedomaine compétenced'excellence.
 
Par ailleurs, l'information n'est pas une « marchandise » comme les autres. Lorsqu'une information est communiquée d'un « émetteur » à un « récepteur », le second est normalement enrichi sans que le premier s'en trouve appauvri. C'est que le savoir, au contraire des biens matériels, se multiplie par transmission. Sa possession et sa diffusion au sein d'une communauté humaine sont deux préalables au rêve d'une Société à la fois plus riche et plus juste.
 
Sait-on qu'il a même fallu une loi, du reste peu appliquée, pour imposer à nos Grandes Écoles d'Ingénieurs d'organiser une information sur la '''propriété industrielle''' ? Pourtant, parmi les milliers de brevets d'invention déposés chaque année dans le monde entier, 80% décrivent des techniques dont il n'est question nulle part ailleurs.
 
La '''« Mission Interministérielle pour le Développement de l'Information Scientifique et Technique »''' (MIDIST), créée en 1979, n'a pu commencer à travailler sérieusement qu'à partir de 1981, lors de l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement de gauche. Le mathématicien Jean-Pierre Kahane, qui la présida de 1981 à 1986, n'a pas ménagé ses efforts pour faire avancer les choses.
 
La mission de la MIDIST était « d’étudier et de proposer au gouvernement les orientations de la politique nationale dans le domaine de l’information scientifique et technique, d’animer l’action des ministères et organismes intéressés et d’assurer leur cohérence ; de promouvoir toute action d’intérêt commun de nature à renforcer les moyens d’information scientifique et technique et de veiller à la compatibilité technologique des bases de données et des réseaux ».