« Philosophie/Perception » : différence entre les versions

Considérons une perception qui serait uniquement constituée de sensations ; serait-elle encore une perception ? serait-elle une moindre perception qu'une combinaison de sensation et de souvenirs ? Considérons, à l'inverse, une perception qui ne serait que le résultat de l'interprétation d'un groupe d'images et de souvenirs. Les images et les souvenirs sont des rétentions de sensations ; dans ce cas, on peut parler légitimement de perceptions. Pourtant, les rêves et les illusions sont-elles des perceptions ? Selon la définition de Lalande, il s'agit bien de perceptions, puisque nous tenons par exemple nos rêves pour réels et nous y percevons des objets que nous distinguons de nous. Il ne s'agit pourtant pas de perceptions de choses réelles. Faut-il alors penser que toutes organisations de sensations, quelle que soit leur origine, qu'elles soient illusoires ou qu'elles soient le reflet fidèle de la réalité, sont des perceptions ? Nous dirions alors que les perceptions sont des perceptions, indépendamment de la question de savoir si elles sont vraies ou fausses, ce qui est une conception que l'on peut peut-être soutenir, bien qu'elle soit étrange, puisque le contenu de la perception paraît devoir être le réel.
 
La question qu'il faut soulever ici est surtout de savoir si nous pouvons distinguer entre vraie et fausse perception, et nouss'il y a un sens à parler de perception fausse. Nous voyons que nous n'avons aucun moyen de le faire en utilisant la définition de Lalande.
 
Ce défaut est d'autant plus gênant, carque, indépendamment de la question de savoir s'il existe un critère de réalité, le fait est que nous ne donnons pas à toutes nos perceptions le même statut. Par exemple, nous n'agissons pas de la même manière selon que nous croyions ou pas à la réalité de nos rêves. Peu importe de savoir si, nosvraiment, les rêves sont illusoires ou réels : le fait est que la perception n'est pas la même ''pour nous'' dans les deux cas, et que nous possédons un critère de réalité (quel qu'il soit) qui fait varier considérablement ce que nous entendons par perception. Mais pouvons-nous faire une échelle des perceptions selon leur degré de réalité ?
 
La définition de Lalande est donc totalement obscure sur tous ces points. Essayons de les formuler clairement sous forme de questions :
* De quelles genres de sensations/images/souvenirs les perceptions sont-elles faites ?
* Percevoir, est-ce forcement percevoir des objets réels, et en quel sens du mot « réalité » ?
* Y a-t-il un critère de la réalité du contenu d'une perception ?
 
Nous laisserons aux lecteurs le plaisir de réfléchir par eux-mêmes à ses questions.
 
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