« Philosophie/Désir » : différence entre les versions

432 octets ajoutés ,  il y a 14 ans
m
Robot : Corrige les liens pointants sur des redirections
m (Robot : Corrige les liens pointants sur des redirections)
*son aspect illimité quand il se reporte sans cesse sur de nouveaux objets.
 
Ces aspects mettent en cause la possibilité pour l'homme d'être heureux. Le [[Philosophie/Bonheur|bonheur]] résiderait de ce fait soit dans l'absence de désir, soit dans la maîtrise de soi (tempérance).
 
Cette conception négative du désir implique certaines questions :
*est-il possible de distinguer entre de vrais et de faux désirs ?
*cette réduction est-elle un [[devoir]] moral ?
*la réduction des désirs conduit-elle au [[Philosophie/Bonheur|bonheur]] ?
 
Ces questions sont des poncifs de la reflexion morale depuis l'[[Antiquité]]. On peut schématiquement opposer deux types de réponse :
== Désirs naturels et désirs vains ==
 
Les philosophes, depuis les origines de la philosophie, se sont demandés quelle place faire aux désirs. Les réponses sont très variées. Dans le ''Phédon'', [[Philosophie/Platon|Platon]] expose l'idée d'une vie ascétique où l'homme doit lutter contre les turbulences de son corps ; les [[Cyrénaïques]], au contraire, font de la satisfaction de tous les désirs le bien suprême. Toutes ces réflexions ont conduit à de nombreuses distinctions, comme on le voit par exemple chez [[Philosophie/Épicure|Épicure]].
 
=== La classification des désirs ===
La [[Philosophie/Morale|morale]] [[épicurePhilosophie/Épicure|épicurienne]] est une morale qui fait du plaisir le [[bien]], et de la douleur le [[mal]]. Pour atteindre le bonheur (l'[[ataraxie]]), l'épicurien suit les règles du quadruple remède :
*les dieux ne sont pas à craindre ;
*la mort n'est pas à craindre ;
 
{| border="1" cellpadding="5" cellspacing="0" align="center"
|+'''Classification des désirs selon [[Philosophie/Épicure|Épicure]]'''
 
! colspan="4" style="background:#efefef;" align="center" |'''Désirs naturels'''
 
 
Cette classification n'est pas séparable d'un art de vivre, où les désirs sont l'objet d'un ''calcul'' en vue d'atteindre le [[Philosophie/Bonheur|bonheur]].
 
=== Le calcul des plaisirs ===
Cet exposé de la doctrine épicurienne fait voir qu'il n'est pas facile de distinguer la réalité des désirs. L'épicurisme suppose une insatisfaction fondamentale. Quel est alors le véritable désir de l'homme et comment l'assouvir ?
 
Pour [[Philosophie/Platon|Platon]], ce désir est le désir de [[Philosophie/Vérité|vérité]] et il faut pour l'assouvir se libérer de "cette chose mauvaise" qu'est le corps. Il identifie vrai et bien, et donc le vrai désir est la recherche du bien. Les faux désirs sont ceux du corps qui troublent l'âme, l'empêche d'atteindre la vérité et sont sources d'illusions.
 
Cet idéalisme platonicien fait donc du corps une source d'erreur et de mal :
*le désir de vérité est en même temps désir du Bien.
 
Tous les philosophes n'ont pas condamné le désir ; il faut de plus remarquer que si [[Philosophie/Platon|Platon]] condamne [[moralePhilosophie/Morale|moralement]]ment le désir, ce dernier reste la condition d'une spiritualisation des instincts qui passe par la philosophie et la politique et qui est l'expression du désir d'immortalité.
 
Mais peut-on condamner aussi catégoriquement le désir ? S'il est la cause de nos actions, on ne le devrait pas, car il serait alors l'essence même de notre [[nature]].
 
== Bibliographie ==
* [[Philosophie/Le Banquet|Le Banquet]], Platon
* [[Phédon]], [[Philosophie/Platon|Platon]]
* De l'âme, [[Aristote]]
* Lettre à Ménécée, [[Philosophie/Épicure|Épicure]]
* [[L'Ethique]], [[Spinoza]]
* Généalogie de la morale, [[Introduction à la pensée de Friedrich Nietzsche|Friedrich Nietzsche]]
* Crépuscule des Idoles, [[Introduction à la pensée de Friedrich Nietzsche|Friedrich Nietzsche]]
 
== Les notions ==
[[Volonté]] | [[Passion]] | [[Philosophie/Morale|Morale]] | [[Philosophie/Bonheur|Bonheur]]
12 783

modifications