Différences entre les versions de « Philosophie/Présocratiques »

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:Les '''Présocratiques''' sont des philosophes qui ont vécu du milieu du VIIe siècle av. J.-C. jusqu'à l'époque de [[Socrate]]. Certains ne sont donc pas littéralement des pré-socratiques, comme les Sophistes, Démocrite, etc. Ils sont considérés comme les initiateurs de certains aspects de la spéculation philosophique (philosophie de la nature par exemple). Leurs doctrines et leur vie, du fait de l'état lacunaire de nos sources, ne sont pas très bien connues. De plus, ce qu'il nous reste de leurs écrits provenant des œuvres de philosophes ultérieurs, nous nous retrouvons face à des textes réinterprétés de manière parfois très tendancieuse (par exemple Aristote, ''Métaphysique'', livre A).
Le terme de présocratiques n'apparaît qu'après la prise de conscience de l'héritage platonicien, mais le nom qu'on leur attribuait au VIe siècle est ''phusikoi'', les physiciens au sens de ceux qui
se portent à l'étude de la Nature. L'expression ne doit cependant pas laisser penser à un héritage directe ou à une continuité d'inspiration entre les penseurs matinaux de l'aube grecque et le savant de l'âge classique qui met en pratique l'expérimentation. La Nature dont le phusikos fait l'expérience est un tout dont il n'est qu'une partie. La ''phusis'', la Nature, c'est à la fois ce qui croît, toutes les choses qui s'épanouissent sous le ciel, et ce par quoi ce qui croît, justement, croît. La Nature n'est pas alors la nature objective offerte à l'appréhension du calcul.C'est en Ionie, à Millet, que l'on situe habituellement le lieu de naissance de la ''philosophie'', notonammentnotamment avec Thalès.
Le propre des philosophes dits présocratiques est de promouvoir une démarche rationnelle, c'est à dire expliquer, à l'aide de concepts généraux, l'origine et la nature des phénomènes naturels.
Est-ce qu'un terme générique comme celui de phusikoi peut permettre d'identifier l'unité d'une notion commune aux différentes conceptions que l'on rapporte des grands noms de la tradition (essentiellement par Aristote, livre A)? Thalès: l'eau, Anaximandre: l'infini (apeiron), Anaximène: l'air, Pythagore (école italique): le nombre et l'opposition des contraires, Empédocle d'Agrigente: l'amour et la hainre, Anaxagore, l'inteligence (''noûs''), Parménide et Zénon d'Elée: l'unicité de l'être, Héraclite: le feu pur, l'intelligence directrice, Démocrite d'Abdère: les quatres élements sous forme d'atomes matériels. Il y a de quoi devenir sceptique en contemplant cette constellation d'explications divergentes. Et pourtant quelque chose d'unique s'est produit: l'explication myhtologique et religieuse a laissé la place à une recherche des causes qui président à la manifestation du visible. Le point de départ de la réflexion des ''physiciens'' est le moment où l'on s'est ''étonner'' (''taumazein'') que le monde soit ce qu'il est, et qu'il soit tout simplement. La tentative d'apporter une réponse rationnelle à la question de l'origine de la nature et du devenir a nécessité d'une part le recours à de nouveaux concepts, dégagés des significations populaires de la nature pleine de dieux, ou plutôt au concept. Car les explications présocratiques sont encore teintées de mysticisme et d'éléments religieux (l'orphisme notamment en rapport à l'école pytahgoricienne). Mais il n'empêche que la persévérance de ces penseurs à penser contre la foule (''doxa'') leur permet de délivrer le langage de son ancrage traditionnel. Leur interrogation porte sur le général, l'universel: qu'est-ce que la totalité où je me tiens. En interrogeant l'être de ce qui est, il ont promu le questionnement au titre d'attitude fondamentale face à l'existence. Préparant la voie d'une éthique,non pas tant par leur discours dont on ne possède que des fragments, mais par l'aspiration à régler sa vie sur l'harmonie découverte par la raison, les physiciens prépare la voie à un questionnement sur la finalité de l'existence humaine dans un univers dont les divinités rectrices masquent en fait l'unité de la Raison universelle, la providence qui gouverne toute choses. C'est à ce moment que naît la figure du sage dont s'inspireront largement les Stoïciens à l'époque alexandrine.