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La ville opportunités ou menaces pour la faune nocturne ?

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Éléments de définitionModifier

La population vivant en ville s'accroit d'année en année, conduisant au phénomène d' étalement urbain. Celui-ci exprime la migration de la population depuis les milieux urbains vers des zones périphériques de moindre densité de population, se traduisant ainsi par l’expansion de ces zones (Squires, 2002).

Le milieu urbain est défini quant à lui comme un lieu de regroupement de la population dont les activités sont autres qu’agricoles. Il est fonction de la taille et la densité de population, les organisations économiques et sociales qu’elle induit, ainsi que l’aire concernée et la transformation de l’environnement originel en des constructions et infrastructures (Weeks, 2010). La ville peut être considérée aujourd'hui comme un nouveau milieu pour la faune et la flore. Tandis que la préservation de la biodiversité est mise en avant dans toutes démarches réalisées par les villes, l'attention portée à la faune nocturne commence progressivement à s'accroitre.

La faune nocturne se différencie des espèces diurnes par son rythme biologique. Elle est, à l'inverse de ces espèces, en activité au cours de la nuit et au repos le jour. Elle profite de ces conditions pour se déplacer, se reproduire, ou encore s’alimenter, soit en utilisant l’obscurité pour ne pas être repérée de ses prédateurs, ou alors dans le but justement de chasser (Davies et al., 2012).

Impacts positifs et négatifs sur la faune nocturneModifier

Pollution sonoreModifier

Les infrastructures de transport en milieu urbain sont particulièrement bruyantes. Cela peut s’expliquer par la configuration de l’aménagement urbain et la présence de constructions verticales, ne faisant qu’amplifier les sons. Dès lors, le bruit produit par les routes est réverbéré sur les surfaces, augmentant ainsi son intensité initiale. Dans le cas présent, le bruit correspond à une nuisance sonore qui implique une certaine gêne sur les êtres vivants exposés. Cette nuisance peut être qualifiée également de Pollution sonore.

Cette pollution causée par l'homme fait partie de l’un des nombreux facteurs qui contribuent à l'appauvrissement de la faune en ville. On relève plusieurs effets de cette pollution, tels que le masquage des signaux sonores (chant, cris, etc.), des modifications de comportement (abandon du territoire, diminution de la reproduction, etc.) ainsi que des répercussions physiologiques (stress, augmentation du rythme cardiaque et de la respiration).

Les signaux sonores sont employés par de nombreux animaux de manière à communiquer entre eux, pour se reconnaître, se reproduire, s’orienter ou se protéger. Bernard Krause indique que chaque espèce a une « niche sonore » qui lui est propre (Krause, 1993). Ainsi, les chauves-souris peuvent percevoir les sons de 100 kHz contrairement à d’autres animaux. De plus, pour que la communication entre les individus soit efficace, cela suppose que les sons se propagent dans l'environnement entre l'émetteur et le récepteur. Or, les sons produits par les activités humaines en milieu urbain viennent interférer ceux émis par les animaux. C’est le cas par exemple des anoures qui émettent des sons de 200 à 4 000 Hz contre 1 000 à 40 000 Hz pour le bruit des voitures (Thirion et al., 2010). Les chauves-souris sont aussi concernées, elles utilisent des ultra-sons pour se nourrir. Les ondes ultrasonores sont réfléchies par l’insecte puis sont captées par l’oreille de la chauve-souris. Il lui est ainsi possible de déterminer la distance qui la sépare d’un obstacle ou d’une proie. Les chauves-souris utilisent également leur système d’écholocation pour se déplacer dans le noir total. A cause de la pollution sonore, ces ondes se propagent moins bien mais sont surtout mal réfléchies. Tout cela entraîne une perte des repères, ainsi qu’une sous-alimentation. Les modifications du comportement varient considérablement entre les espèces et les caractéristiques du bruit. Le bruit des autoroutes engendre par exemple une mauvaise répartition des oiseaux nicheurs. Dans le même raisonnement, le bruit du trafic routier affecte les oiseaux dans l’utilisation de leur territoire et perturbe l’activité de chasse de certains rapaces. C’est également le cas pour les chauves-souris. Toutefois, il semblerait que plusieurs espèces aient évolué en adaptant leurs manières de communiquer (Brumm & Slabbekkorn, 2005).

En effet, certaines espèces ont augmenté l’intensité de leur chant pour pallier aux bruits ambiants. Comme l’illustre l’étude réalisée par Sun et Narins (2005), l’espèce Rana taipehensis a su modifier l’intensité de son chant en réponse aux interférences acoustiques. C’est le cas également des oiseaux, un mâle faiblement affecté par le bruit ambiant émettra un chant à environ 77 décibels (A). Le même oiseau situé dans un milieu urbain bruyant devra chanter à plus de 91 dB(A) pour se faire entendre par ses congénères. Il y a une différence de 14 décibels entre les deux chants mais compte tenu de l’échelle logarithmique de la puissance sonore, cela correspond à une puissance quintuplée (Brumm, 2004). Ces adaptations ne sont pas sans conséquences. En élevant l’intensité de son chant, l’oiseau consomme plus d’énergie. Il doit donc par la suite prendre plus de temps pour la recherche de nourriture afin de compenser les pertes d’énergie. Par exemple, une hausse de 16 dB(A) dans le chant correspond à une augmentation de consommation d’oxygène de 16 % chez Sturnus vulgaris (Brumm, 2004). D’autres espèces quant à elle, changent la fréquence de leur chant comme le montre l’étude sur les criquets mélodieux Chorthippus biguttulus. Celle-ci compare le chant des mâles de populations vivants près des routes à celui d’autres en espaces exemptes de fortes pollutions sonores anthropiques. Les chercheurs ont étudié plus de 1 000 chants et ainsi observé que les stridulations des criquets du bord des routes ont été modifiées, avec des basses fréquences plus fortes. Cette adaptation permettrait la perception du chant par la femelle et ainsi de passer outre le bruit de la route. Néanmoins, les scientifiques ont mis en évidence de nombreux risques comme la non reconnaissance du mâle par la femelle, ou encore la remise en question de leur capacité reproductrice. L’adaptation semble d’autant plus forte que la coexistence de la population avec le bruit routier est grande (Lampe et al., 2012; Paiges et al., 2006).

Certaines espèces ont, quant à elle, changé leur période d’émission de signaux. C’est le cas par exemple de certains oiseaux qui chantent désormais durant les moments les plus calmes de la journée. Ces changements engendrent malgré tout un stress pour l’oiseau. Plusieurs espèces ont su trouver des solutions pour remédier aux problèmes de perception de leurs signaux. Cependant, toutes ne possèdent pas cette faculté. De nombreuses études montrent que le nombre d’espèces et le nombre d’individus en ville déclinent à cause de l’augmentation du bruit causé par le trafic routier (Reijnen et al., 1997; Weiserbs & Jacob, 2001; Forman et al., 2002).

Pollution lumineuseModifier

 
Canons à lumière érigés en 2004 en mémoire des attentats du 11 septembre 2001. Des milliers d'oiseaux ont été attirés par le double faisceau et tournoyaient dans la lumière.
 
Le ciel nocturne de New York photographié en temps de pose rallongé. Ce ciel est connu pour être d'autant plus orangé que l'air est humide et pollué.
 
Principales sources de pollution lumineuse : l'éclairage de ville de nuit, en particulier les lampadaires omnidirectionnels (éclairage jaune sodium à droite de l'image), l'éclairage décoratif des très grands édifices, et le reflet de ces éclairages sur l'eau (photographie prise à Sydney en janvier 2007).
 
L'éclairage nocturne urbain est installé à Paris à partir de la fin du XVIIe siècle. Cette peinture de Ludwik de Laveaux représente la place du Palais Garnier en 1892 où sont visibles des éclairages permanents à bec de gaz.
 
Au XXe siècle, les zones industrielles et charbonnières (ici en Tchéquie avec les Hauts-fourneaux des aciéries dans la zone minière et industrielle de Vitkovice/Ostrava, travaillant à feu continu) ont généré un important besoin en éclairage nocturne, pour des raisons de sécurité, puis parfois d'image. Un des problèmes posé par ces éclairages puissants et permanents est qu'ils attirent de nombreux animaux (oiseaux, insectes...) dans les zones les plus dangereuses et polluées.
 
Les illuminations nocturnes gagnent parfois les espaces verts en y exacerbant la pollution lumineuse, ici durant les fêtes de Noël dans l'hémisphère sud (en été) dans le parc d'Ibirapuera (second plus grand parc de São Paulo (Brésil), comparable en importance au Bois de Boulogne pour Paris, ou Hyde Park pour Londres
 
Durant les migrations aviaires, des canons à lumière (ici ceux du mémorial du World Trade Center) peuvent attirer et piéger dans leur faisceau de nombreux oiseaux (ici probablement en migration automnale nord → sud)

Lorsque l’on parle de faune nocturne, les impacts de l’éclairage public sont bien souvent les premiers cités. Le noir est qualifié d’habitat par certains chercheurs dans le cas des espèces lucifuges (fuyant la lumière contrairement aux espèces photophiles). On parle de pollution lumineuse lorsque les effets engendrés sont néfastes sur l’environnement. Celle-ci peut se traduire de différentes manières : lumière du ciel nocturne, éblouissement, sur-éclairage (Hölker et al., 2010). De nombreuses sources interviennent comme les éclairages publics, les habitations, vitrines, etc. Ces diverses technologies émettent dans des longueurs d’ondes différentes allant même jusqu’à l’ultra-violet ou l’infra-rouge (Jehin & Demoulin, 2009). Or, la faune possède des capacités de perception de la lumière variables selon les espèces. Toutes ne vont pas être impactées de la même manière. A cette explication de variabilité s’ajoute également le cycle de vie, qui intervient comme un facteur prépondérant.

Afin d’illustrer les différents effets de la pollution lumineuse sur la faune en villes, trois classes seront prises comme exemple (insecte, oiseaux et amphibiens) et deux ordres (les tortues faisant partie des reptiles et les chauves-souris faisant parties des mammifères).

Parmi les insectes, les papillons de nuit sont de bons exemples. Ces derniers, actifs la nuit, sont notamment attirés par les petites longueurs d’onde. Lors d’un éclairage en pleine nuit, ils vont s’orienter vers la source lumineuse et voler autour jusqu’à épuisement voire même finir brûlés par la chaleur émise (Van Langevelde et al., 2011). Une étude a montré l’impact de l’installation d’un lampadaire sur un carrefour giratoire en milieu rural. Il a été mesuré que dans un rayon de 200 m autour de la source lumineuse, la plupart des insectes nocturnes avait disparu en l’espace de deux ans (ANPCEN, 2008).

Plusieurs explications répondent à ce phénomène. La première est celle évoquée dans le paragraphe précédent tandis que la migration forcée des populations vers des milieux moins éclairés ou encore une prédation plus favorisée sont venues compléter les causes observées (Gaston et al., 2012). En outre, de nombreux insectes nocturnes se reproduisent la nuit. Il a été observé que les sources lumineuses artificielles interagissaient dans la survie des papillons de nuit car les femelles, désorientées, déposaient leurs œufs en des endroits inadaptés pour les larves. Il est estimé en France près de 5 200 espèces de papillons de nuit contre seulement 257 espèces de papillons diurnes. Toutes jouent un rôle écologique important, laissant supposer que si les papillons nocturnes disparaissent en grand nombre, les conséquences en termes de fonctionnement des écosystèmes peuvent être désastreuses (Van Langevelde et al., 2011).

Un autre exemple concerne les jeunes tortues marines. Celles-ci s’orientent en direction de la mer grâce à la lumière des étoiles et de la lune reflétée sur l’eau. Or, seule la moitié des tortues venant d’éclore s’y dirigent, les autres étant désorientées par les lumières artificielles près des plages. Elles s’orientent alors dans la direction opposée, finissant par mourir (Mark, 2001). De plus, la présence ou non de lumière influence le choix des tortues adultes sur le lieu de ponte. En effet, celles-ci évitent les plages illuminées, ce qui a pour conséquence de concentrer les pontes dans des lieux parfois non propices et l’augmentation de la mortalité. Une étude réalisée en Floride indique que cela induit aussi des conséquences sur le sex-ratio des jeunes (Witherington et al., 2003). Ce déséquilibre peut engendrer des problèmes au niveau de la reproduction.

La lumière a également une incidence sur la vie des amphibiens car ces derniers ont un rythme biologique réglé par la lumière. Les résultats de l’étude réalisée par Wise démontrent que la lumière artificielle durant la nuit affecte la physiologie et le comportement de base d'une grande variété d'amphibiens (Wise, 2006). Une autre étude soulève le problème de la lumière sur leur reproduction. Les mâles de grenouilles vertes seraient moins vocaux en présence de lumière. Ces derniers se servent du chant pour attirer les femelles et se reproduire ensuite. Ainsi, la baisse des signaux vocaux a pour conséquence une diminution de la reproduction de ces grenouilles (Baker & Richardson, 2006).

Les effets néfastes de la pollution lumineuse sur l’avifaune sont nombreux et pourtant beaucoup moins surveillés que ceux entraînés par la pollution sonore. Les espèces migratrices et sédentaires sont toutes deux concernées par ce phénomène grandissant. Chez le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula), la mésange bleue (Parus caerulus), la mésange charbonnière (Parus Majors) et le merle noir (Turdus merula), les mâles nichant près des sources de lumière dans la ville se mettent à chanter environ 1h20 plus tôt par rapport aux autres oiseaux situés dans des milieux où la pollution lumineuse est absente. Les mâles chantant le matin plus tôt ont plus de chance de séduire les femelles. Cependant, la lumière artificielle engendrant ce phénomène « coupe » le lien entre qualité du mâle et chant du matin. Ce qui signifie que cela rend un mâle plus attractif qu’il ne l’est en réalité au détriment des « bons » mâles (Kempenaers et al., 2010). La réussite de la reproduction de l’espèce pourrait être mise en péril.

Sous l’influence des faisceaux lumineux, les femelles commencent à pondre les œufs en moyenne 1,5 jours en avance par rapport à la normale. Ceci entraîne un décalage dans le temps lorsque les oisillons demandent de la nourriture et la disponibilité de cette dernière. La lumière artificielle conduit donc à une mauvaise adaptation du timing de reproduction. Les femelles proches des sources de lumière sont généralement en meilleure condition physique que celles commençant à pondre plus tard dans la saison, mais le nombre d’œufs n’est pas plus important. Une fois les oisillons assez grands pour accompagner les parents, les lumières artificielles sont susceptibles de les désorienter et les empêchent de regagner le nid ou de trouver leur direction. Cela a surtout lieu chez les procellariiformes (albatros, fulmars, pétrels, puffins, etc.) (Kempenaers et al., 2010).

Un autre phénomène notable concerne les mâles formant des couples extra-conjugaux lorsque leur territoire se trouve près d’une rue éclairée. Ces mâles sont deux fois plus efficaces pour obtenir plusieurs femelles par rapport aux mâles dont le territoire se situe au centre d’une forêt et non perturbés constamment par la lumière. A noter que ceci n’est pas dû au fait que le territoire des mâles se trouve en lisière de forêt. Au contraire, il a été démontré que les mâles situés dans les lisières non éclairées étaient moins efficaces que ceux situés au centre de la forêt non éclairée (Kempenaers et al., 2010). Il ne faut pas non plus négliger l’éclairage des automobiles qui entraînent des collisions fréquentes, surtout avec les rapaces nocturnes et les engoulevents.

L’éclairage provenant d’édifices tels que les phares, les tours ou les plateformes pétrolières pose également un sérieux problème lors des déplacements migratoires des oiseaux. La majorité des migrateurs et particulièrement ceux allant vers l’Afrique en survolant le Sahara voyagent de nuit en utilisant la position des étoiles pour se repérer. “Cette boussole stellaire n’est pas innée, mais acquise avant le vol migratoire” (Siblet, 2008). Les éclairages sur les constructions entraînent un taux de mortalité très important, que ce soit par collision avec des édifices ou désorientation de l’oiseau qui tournera en rond au-dessus de l’éclairage jusqu’à épuisement. Une désorientation peut avoir lieu lorsqu’ils pénètrent dans le dôme lumineux formé au-dessus de la ville. L’éblouissement provoqué les empêche de discerner les étoiles, conduisant à leur égarement. Les oiseaux migrateurs peuvent aussi être très sensibles à une stimulation soudaine de l’œil comme un faisceau lumineux issu d’une lampe de 200 W dirigée vers le haut. Ils peuvent dévier de manière très brutale de leur route initiale, parfois jusqu’à 45°, et l’influence d’un tel faisceau peut être ressentie jusqu’à 1 km de distance par rapport à la source (Siblet, 2008).

Les oiseaux ne sont pas les seuls animaux volants perturbés par la lumière. En effet, les chauves-souris qui s'orientent dans l'obscurité en utilisant les échos de leurs cris ultra-sonores détestent la lumière. “Les chauves-souris sont des espèces lumifuges, explique Josselin Boireau, chargé de mission dans le Groupe mammalogique breton (GMB) à Sizun (Finistère). Elles trouvent généralement refuge sous les charpentes, dans des clochers ou des cavités. Si vous installez un projecteur pour éclairer toute la nuit une église par exemple, vous perturbez le rythme biologique de ces animaux qui ne chassent que dans l'obscurité”. Avec un taux de reproduction déjà très bas (pas plus d'un petit par an), les populations de chiroptères subissent ces pressions anthropiques qui désorganisent totalement leur habitat. Autre conséquence de cette luminosité: la concurrence entre les espèces. Il en existe une vingtaine en Bretagne. Certaines chauves-souris communes, comme la pipistrelle représentée ci-contre (Pipistrellus pipistrellus),se sont progressivement adaptées aux garde-manger à ciel ouvert que sont les réverbères, contrairement à d'autres, comme le grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum), dont les effectifs n'ont cessé de diminuer depuis trente ans.

« Les pipistrelles sont insectivores, comme toutes les chauves-souris européennes, rappelle Josselin Boireau. La nuit, les lampadaires attirent les insectes et ces dernières n'ont plus qu'à se servir. Par contre, le grand rhinolophe, une autre espèce présente en Bretagne, ne chasse que dans l'obscurité la plus totale. Il est donc privé d'une partie de son alimentation. Les scientifiques estiment aujourd'hui que cette compétition interspécifique pour la nourriture pourrait porter préjudice, à terme, à certaines espèces qui n'en avaient vraiment pas besoin ». Sur les 33 espèces en France, seul le murin à oreilles échancrées (Myotis emarginatus) tolère de la lumière dans son gîte (Museum national d’histoire naturelle, 2014). Les autres chiroptères désertent les clochers, les bâtiments, les cavités, dès lors que les entrées ou sorties sont éclairées. De fait, certaines espèces ont totalement disparu des régions urbanisées.

A court terme, la lumière artificielle peut sembler être une opportunité pour les chauves-souris, notamment au niveau de l’alimentation (à défaut de pouvoir se repérer aux sons, elles se dirigent vers la lumière). En effet, la lumière attire les insectes, qui servent d’alimentation aux chauves-souris. Cependant, à long terme on constate que cette lumière artificielle se révèle en fait être une réelle menace. La corrélation négative de la lumière sur les chauves-souris n'est plus à démontrer : retard dans le temps d'émergence nocturne accompagné d'une perte significative des opportunités de chasse, diminution de la croissance des juvéniles, accroissement de la demande énergétique, ce qui affecte la reproduction. Ces observations se retrouvent pour d’autres taxons.

La pollution lumineuse a des effets démontrables sur l’écologie comportementale des organismes en conditions naturelles (Longcore & Rich, 2004). Dans l’ensemble, ces effets dérivent des changements d’orientation, désorientation et attraction ou répulsion à cause d’un environnement altéré par la lumière artificielle, ce qui alternativement peut affecter la prédation, la reproduction, la migration et la communication.

Une étude récente (Boldogh et al., SAMU. 2007) a analysé l’éclairage direct des chauves-souris (ici des colonies de Grand rhinolophe, Murin à oreilles échancrées et Petit murins (Myotis blythii)) vivant dans des bâtiments plus ou moins illuminés et non-éclairés, mais dans des bâtiments proches les uns des autres. Les chercheurs ont étudié et comparé les dates des naissances, la masse corporelle et la longueur de l’avant-bras de ces chauves-souris et ont constaté que l’éclairage artificiel retardait le développement des jeunes et qu’il pouvait parfois même anéantir toute une colonie. Les jeunes étaient significativement plus petits dans les bâtiments illuminés que non-éclairés. Les différences de longueur de l’avant-bras et de masse corporelle suggèrent qu’après la mise-bas, le taux de croissance des jeunes est plus faible pour les chauves-souris vivant dans les bâtiments illuminés.

La pollution lumineuse très présente dans les milieux urbanisés affecte grandement la faune diurne et nocturne. Les effets sont souvent indirects mais la lumière artificielle nuit principalement de deux manières.

La première concerne la perturbation du cycle biologique de l’animal, ce dernier étant basé sur la succession du jour et de la nuit. Ces perturbations mettent en péril les performances de reproduction de l’espèce (mauvais choix d’emplacement de ponte pour la tortue, sous développement des jeunes chez la chauve-souris, etc.) La seconde est un phénomène plus direct que la précédente : l’attirance des animaux par la lumière artificielle entraînant leur collision avec des bâtiments (oiseaux migrateurs) et/ou leur désorientation menant à l’épuisement (oiseaux et insectes).

Structure et organisation du milieu urbainModifier

Nous pouvons voir que plusieurs impacts majeurs issus de l’urbanisation ressortent telles les pollutions lumineuse et sonore. Cependant certains impacts plus indirects touchant plusieurs espèces sont à prendre en compte.

L’urbanisation entraîne des changements parfois moins flagrants que ceux évoqués précédemment car moins visibles. Ce sont par exemple des modifications de la température, la structure du bâti, l’organisation avec les espaces naturels, ou encore certaines activités d’entretien des espaces. Ces paramètres peuvent offrir aux espèces une opportunité de développement mais aussi représenter une menace. La construction de bâtiments a, par exemple, pour conséquences la modification de la circulation de l’air, l’augmentation de la température, mais aussi une imperméabilisation du sol et ainsi une perte de ressources pour la faune nocturne. Cela peut engendrer une perte d’habitats, d’espèces ou une réduction de la taille de la population et donc de biodiversité.

Au niveau des sources d’alimentation, le milieu urbain peut favoriser ou nuire certaines espèces (Exemple du papillon). Malgré les initiatives de “Village fleuri”, les villes offrent peu de fleurs à butiner, concourant à la formation d’une compétition à la fois intra-espèce et inter-espèces. En outre, certaines sont généralistes, c’est-à-dire qu’elles peuvent se nourrir de végétaux différents, alors que d’autres ont une alimentation plus spécifique (Parisot et al., 2009) . Les mites par exemple s’alimentent de plumes, poils, fibres textiles comme le coton. La végétation en milieu urbain n’est généralement pas celle originelle mais constituée d’espèces végétales exotiques. Deux conséquences possibles à cela, soit une perte de sources d’alimentation et d’habitats peut être observée, ou alors la possibilité de nouvelles sources de nourriture et d'abris (ex: arbre à papillons) (Hunter, 2007).

Les oiseaux quant à eux, tout comme certaines espèces de chauve-souris peuvent s’adapter à ce nouvel environnement. Les insectes étant malgré tout présents, cela leur fournit une alimentation parfois complétée par des restes de nourriture humaine. La ville est également un milieu où la stagnation d’eau, alliée à des conditions de températures favorables, permet le développement des larves de moustiques (Li et al., 2014). Les chauves-souris s’en trouvent favorisées.

Un autre problème se pose et entraîne de nombreuses conséquences sur la reproduction des insectes : la circulation de l’air qui, en milieu urbain, est modifiée. Les édifices constituent des barrières à la circulation initiale de l’air et des allées dans lesquelles le vent s’engouffre, alors que le vent joue de nombreux rôles pour les insectes. Les papillons femelles émettent des phéromones en période de reproduction afin d’attirer les mâles (Retamoza et al., 2014). Or, si la circulation du vent est modifiée, les chances que ces hormones ne parviennent pas aux futurs partenaires sont accrues, impactant la pérennité de l’espèce (Abdullah et al., 2012). C’est le cas également des lampyres (vers luisants), les mâles peuvent repérer les femelles à une distance de près de 20 m (contre une centaine de mètres pour certaines espèces de papillons nocturnes). Cette étude a démontré qu’ils ont également besoin que le vent suive une direction constante et une certaine vitesse pour que la détection du partenaire soit optimale. Le milieu urbain, par ses nombreuses sources d’air, vient donc contraindre ce besoin. (De Cock, Matthysen, 2005).

De plus, les activités anthropiques inhérentes à la ville, mais également sa configuration et sa composition jouent un rôle sur la température. En effet, la température en milieu urbain a tendance à être plus élevée que celle en zone rurale. On parle souvent d’îlot de chaleur pour caractériser ce phénomène (Rizwan et al., 2008). La température joue un rôle prédominant dans les écosystèmes et le cycle de vie des espèces. Les œufs de papillon par exemple peuvent éclore au bout de quelques jours lorsque les températures sont douces, alors que cela peut aller jusqu’à plusieurs mois en cas de basses températures. Le froid peut également influer la période larvaire, si celui-ci est trop intense ou dure trop longtemps, les larves meurent. Par ces conditions de température plus douces, la ville peut ainsi offrir un milieu favorable à la survie des individus en périodes de froid (ex: cas des larves de processionnaires qui “hibernent” l’hiver). Il peut aussi favoriser une levée plus rapide de la période de diapause dans laquelle était l’insecte (Mauchamp, 1988).

Une autre menace de grande ampleur touche directement et massivement les insectes : l’utilisation de produits phytosanitaires. Ceux-ci étaient, jusque ces dernières années, fortement utilisés en ville comme désherbant chimique par exemple. Or, les pesticides représentent un danger pour les populations d’insectes. Selon de nombreux chercheurs, ce sont la première source de mortalité des insectes en ville. : les insecticides tuent directement les individus ou indirectement en intoxiquant leur alimentation, leur habitat, etc. (The Task Force on Systemic Pesticides, 2015). La pollinisation est par exemple remise en cause, impactant la biodiversité végétale mais également le reste de la chaîne alimentaire. En outre, les phénomènes de bioaccumulation et biomagnification posent problème, ils concernent toute la chaîne alimentaire.(Kogan & Lattin, 1993).

Enfin, les édifices en ville eux-mêmes influent sur le cycle de vie des espèces. Malgré l’accroissement des milieux urbains, les chauves-souris ont su s’adapter et créer leur habitat dans le bâti. Les chauves-souris dites anthropophiles trouvent refuge, pour tout ou partie de leur cycle biologique, dans les bâtiments publics ou privés. S'installant aussi bien dans les combles que sous la charpente, ces monuments servent de gîte pour l'élevage des petits en période estivale, de site d'hibernation ou encore de site de swarming (site précis où les chauves-souris d'une grande aire géographique se retrouvent pour l'accouplement lors de la saison de reproduction en automne) (Vienne Nature, 2014).Malheureusement, les chauves-souris font toujours l’objet de mauvaise croyance, engendrant une modification ou une réhabilitation des bâtis en défaveur de celles-ci : combles bouchés, grillages dans les églises. Certains grillages sont dangereux pour elles, ils peuvent d’une part piéger les grandes espèces de chauves-souris qui se coincent les avant-bras dans les mailles, mais également empêcher l’accessibilité des combles pour des espèces comme les Rhinolophes. Certaines espèces parviennent tout de même à accéder au bâti malgré le grillage, comme les espèces rampantes : pipistrelles, les grands-murins, etc. Malgré leurs capacités d’adaptations, les espèces les plus communes restent les plus touchées par la construction de bâtiment. Dans le cas des chauves-souris, et malgré leurs efforts pour s’adapter aux activités anthropiques, les conséquences ne cessent de croître et de s’imposer sur la vie de ces espèces (Parc naturel régional des caps et marais d’opale, 2011).

Les aménagements et la construction même des villes impactent la faune nocturne. La principale menace pour les reptiles et les amphibiens correspond à la perte d’habitats remplacés par les villes. Un tiers des amphibiens sont menacés d’extinction, notamment à cause de la destruction des habitats d’eau douce (Beatty et al., 2011). De plus, les amphibiens sont d’autant plus exigeants en termes d’habitat puisqu’ils ont besoin de deux habitats (terrestre et aquatique). Cela augmente les impacts liés à la destruction du milieu initial. La deuxième cause du déclin de ces populations est due à la fragmentation des milieux par les infrastructures de transport.

En effet, la connectivité de l'habitat semble jouer un rôle clef dans la viabilité régionale des populations d'amphibiens (Cushman, 2006). Plus l’habitat est proche d’une route plus le risque de mortalité est important. Comme l’illustre l’étude sur la mortalité des tortues sur les routes de l’Outaouais, les lieux de concentration de tortues mortes sur la route se trouve le long de la rivière des Outaouais (le nombre atteint 4,38 tortues mortes/10 km). De plus, les échanges entre populations sont limités par ces infrastructures ce qui menace, à terme, la pérennité de l’espèce (Desroches & Picard, 2005).


D’après les études présentées dans cette première partie, nous pouvons constater que la ville a parfois des impacts positifs sur la faune nocturne. Cependant, ceux-ci ne restent effectifs qu’à court terme. La plupart des impacts relevés sont négatifs comme les pollutions lumineuse et sonore qui, à court terme, influent sur le cycle de vie des espèces nocturnes, et à long terme, sur la pérennité de celles-ci. L’homme étant diurne, la faune nocturne demeure plus discrète pour celui-ci. A travers les actuelles problématiques liées à la biodiversité, celles des espèces nocturnes n’attirent pas encore toute son attention. Il semble nécessaire aujourd’hui de minimiser ces impacts négatifs et ainsi définir la place que la faune nocturne pourrait avoir dans la ville de demain.

Place de la faune nocturne dans la ville de demainModifier

Trame noireModifier

L'article 36 de la loi Grenelle 1 fut voté en octobre 2008 par le Parlement. Il souligne le fait que des dispositions de prévention, interdiction ou restriction doivent être prises concernant “Les émissions de lumière artificielle de nature à présenter des dangers ou à causer un trouble excessif aux personnes, à la faune, à la flore ou aux écosystèmes, entraînant un gaspillage énergétique ou empêchant l'observation du ciel nocturne” (Braye et al., 2009). Bien que l’intérêt économique pour les acteurs concernés soit omniprésent dans cet extrait, on note cependant qu’un tel aspect se veut source d’impulsion pour une protection accrue de la biodiversité. La mise en place de la trame noire en ville est ainsi apparue, suivie d’autres initiatives comme les Plans-lumières.

Cette trame a pour objectif la création de corridors non éclairés, permettant aux différentes espèces « de communiquer, de s’alimenter, de se reproduire, dans des milieux naturels protégés » (Jehin & Demoulin, 2009). Ce principe rejoint le but recherché par les trames vertes et bleues. Le 20 mars 2012, l’ANPCEN (Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement) et la Fédération des Parcs Naturels régionaux (PNR) de France et Parcs nationaux de France ont signé deux conventions. Ces textes ont pour but d’améliorer la qualité de la nuit et limiter l’ensemble des nuisances lumineuses portant atteinte à la biodiversité. Il s’agit ici de promouvoir la trame noire qui s’ajouterait aux trames vertes et bleues mises en place par la loi Grenelle 2. En milieu urbain, les mêmes perspectives sont suivies, avec pour objectif final d’améliorer la qualité de la nuit, pour les habitants comme pour la biodiversité. En effet, les sources d’éclairage y sont multiples (affichage publicitaire, enseignes, éclairage public, privé, etc.), et ce pour de nombreuses fins allant de la sécurité aux visées touristiques (Mérigou, 2013). En recréant un réseau d’obscurité, les espèces nocturnes seraient préservées. Des habitats écologiques seraient également protégés, les déplacements facilités ainsi que les étapes de reproduction et alimentation nettement moins entravées. La trame noire constitue donc un précieux outil face à la menace qu’est la lumière pour ces espèces (Deda et al., 2007).

Dans le but de créer des corridors non éclairés, différentes solutions peuvent être envisagées en milieu urbain. Ces alternatives doivent toutefois concilier protection de la biodiversité et attentes sociales. Il s’agit en effet de limiter l’éclairage de nuit dans les villes et répondre ainsi aux attentes de la trame noire, sans compromettre la sécurité et la sûreté au cours de la nuit (Jehin & Demoulin, 2009) :

‐ Le plus important est d’éviter absolument la diffusion de la lumière vers le ciel. Des abat-jours peuvent être disposés sur les émetteurs de lumière. Cela permet de limiter les pertes d’éclairage et d’éviter les problèmes d’éblouissement. La lumière étant renvoyée et donc concentrée vers le bas, sa puissance peut être diminuée. On économise ainsi de l’énergie tout en conservant le même éclairage.

‐ L’utilisation d’un appareillage permettant de réguler le flux de lumière pour obtenir un éclairement optimal est recommandé (ni trop fort, ni trop faible).

‐ L’éblouissement peut être éliminé en installant des réflecteurs adaptés. « On ne doit pas voir directement la lumière d’un lampadaire à une distance supérieure à trois fois sa hauteur au-dessus du sol » (Jehin & Demoulin, 2009).

‐ N’émettre un éclairage que lorsque cela est nécessaire. Le temps d’éclairage peut être limité à l’aide d’une minuterie ou de détecteurs de mouvements. Les éclairages publicitaires et des monuments doivent être coupés après 23h.

‐ Avoir un excellent contrôle de l’éclairage : la lumière est uniquement dirigée là où elle est requise.

‐ Favoriser autant que possible l’éclairage au sodium à basse pression (le plus économique et le moins polluant) et émettant dans la lumière jaune. Ce type de lumière n’émet pas d’UV et impacte moins la faune nocturne comme les insectes qui sont moins attirés (Shockley Cruz & Linder, 2011; Hori et al., 2014).

‐ Diffuser de manière uniforme la lumière pour limiter l’adaptation de nos yeux à différentes intensités lumineuses. La transition entre obscurité et lumière doit être graduelle et non pas directe (Jehin & Demoulin, 2009).

Les éclairages à boule sont parmi les moins adaptés, en effet, près de 65 % des rayons lumineux sont diffusés dans d’autres directions que vers sol, soit une grande inefficacité. La dispersion de la lumière est importante et contribue à perturber le rythme nycthéméral de la faune nocturne comme des Hommes (Duffy & Czeisler, 2009; Kyba et al., 2011). En outre, leur consommation énergétique est élevée car leur fonctionnement se base sur la présence d’une lampe à vapeur de mercure. Leur utilisation sera interdite dès 2015 (AFE, 2010; Arnaud, 2013). Ainsi, il est aujourd’hui conseillé d’utiliser un boîtier contenant le dispositif d’éclairage afin d’éviter toute diffusion dans les zones où la lumière ne serait pas requise. De plus, l’angle de diffusion de lumière doit être inférieur à 10° par rapport à la verticale.

La lampe consommant le moins d'énergie parmi celles existantes pour l'éclairage public demeure la sodium basse pression. Elle n'éclaire que dans une seule longueur d'onde : orange. Son rendu de couleur est très mauvais mais c'est la moins polluante au niveau lumineux. Cette lampe pourrait être installée dans des endroits où ce rendu n’a pas grande importance (rue de passage, etc.) (Jehin & Demoulin, 2009).

De plus, les solution précédemment citées concilient enjeux environnementaux et intérêts socio-économiques car l’amélioration de l’éclairage entraînerait une économie d’énergie de 60 à 65 % tout en limitant de manière significative la pollution lumineuse (AREHN, 2014).

La ville de Lille est un exemple d’application de ces mesures. Au niveau de la Citadelle de la ville, les luminaires ont été modifiés pour des éclairages comportant un bafflage interne. Cette conception permet d’éviter non seulement les pertes de lumière mais également de la diffuser avec plus de précision, restreignant le périmètre d’émanation lumineuse et l’orientant vers la zone d’intérêt. En parallèle, les lampes ont été changées pour de nouvelles à sodium haute pression. Ces dernières ont la caractéristique d’émettre une lumière plus jaune et sans UV. La fonction d’éclairage est ainsi assurée sans toutefois nuire à la faune nocturne par éblouissement ou gêne. Suite à ces modifications, des observations ont commencé à être faites. Moins d’insectes volaient au niveau des lampadaires. Les chiroptères semblent être moins perturbés par la lumière et deux espèces remarquables ont pu être observées: le murin de Daubenton (Myotis daubentonii) et le murin à moustache (Myotis mystacinus) (NORPAC & IDDR, 2000). D’autres modifications ont également été apportées dans la ville, initialement engendrées à des fins de réduction de la facture énergétique. En effet, Lille s’est engagée dans une démarche d’amélioration de l’éclairage public grâce à un plan d’action de 8 ans (2004-2012). Celui-ci était basé sur la diminution des sources d’éclairage, leur remplacement par des dispositifs de haute performance, la diminution de temps d’allumage. En parallèle, la ville a décidé d’éduquer la population à travers des campagnes de sensibilisation, et de mieux adapter l’éclairage via l’emploi de télésurveillance, etc. Entre 2004 et 2008, la consommation électrique annuelle de la ville est passée de 21 715 000 KWh à 13 897 600 KWh, soit une diminution de 36 %. Ces mesures ont également contribué à réduire la pollution lumineuse (Decaillon, 2010). Aucune recherche sur les impacts positifs comme négatifs concernant la faune nocturne de la ville suite à ces changements n’ont été trouvées. Toutefois, au regard des travaux cités précédemment, une amélioration des conditions de vie de la faune nocturne peut être imaginée.

Pas de grandes surfaces lisses : Le très grandes vitres réfléchissantes ou donnant sur de locaux éclairés sont des pièges souvent mortels pour les oiseaux, et on a démontré en 2017 que la nuit les grandes surfaces verticales lisse sont également des pièges sensoriels qui peuvent tromper les chauves-souris qui les confondent avec des voies ouvertes et entrent en collision avec ces obstacles. Les chauves-souris qu’on croirait protégées par leur capacités d’écholocation semblent ne pas "voir" ces surfaces, ce qui est source de collisions et de blessures (sur 21 chauve souris filmées dans un couloir de vol où a été placée une surface lisse verticale, 19 ont heurté cette surface sans la percevoir alors que tous les autres obstacles et parfois étaient facilement évités par toutes les chauve-souris [1] ; il reste à étudier le cas des vitres ou parois métalliques lisses verticales urbaines et à voir si les chauve-souris ont trouvé des parades ou des apprentissage ). Le recul des hirondelles et de nombreuses espèces de chauve-souris (on peut même parler de disparition sur de vastes territoires) pourraient avoir des effets négatifs considérables sur la survie de ces espèces, mais également sur les écosystèmes et notre santé[2],</ref>Peter Stilz & al. (2017) “Perspective Echolocation How glass fronts deceive bats “ |Science | 08 Sep 2017| Vol. 357, Issue 6355, pp. 977-978 | DOI: 10.1126/science.aao2989</ref>

Trame verteModifier

La trame verte et bleue est une démarche instaurée lors du Grenelle de l’Environnement et soutenue par la Stratégie Nationale de Biodiversité. D’après l’AREHN (l’Agence Régionale de l’Environnement de Haute-Normandie, 2014), la trame verte et bleue est une « démarche qui vise à maintenir et/ou à reconstituer à l’échelle nationale un réseau écologique (corridors écologiques) pour que les espèces animales et végétales puissent vivre, communiquer, se déplacer, s’alimenter, se reproduire, se reposer ». Cet outil vise à protéger la biodiversité ainsi que son fonctionnement écologique à travers la conservation ou création de continuités écologiques sur l’ensemble du territoire (Dalloz & Dejean, 2010). Il se base sur la présence de corridors écologiques et de réservoirs appelés aussi cœurs de nature (Dalloz & Dejean, 2010). Or, la ville prend part au tissage du réseau écologique sur l’ensemble du territoire, on parle souvent de trame verte urbaine.

Différentes initiatives contribuent à créer et/ou affirmer la trame verte en ville, nécessaire à la pérennité de la faune nocturne. Le cas de Lille, élue Capitale française de la biodiversité en 2012, est un exemple (Kervadec, 2012). Après avoir réalisé un inventaire faunistique, la ville a décidé de mettre en place une gestion différenciée de ses espaces verts, et ce depuis 2002. Cela se traduit par un entretien réfléchi de ces milieux selon leurs caractéristiques.

A cela s’ajoute une diminution de l’emploi des produits phytosanitaires avec comme objectif d’être une ville “zéro pesticide” fin 2014 (Cormier & Kenderesy, 2013). Cette résolution protège non seulement certaines espèces, mais elle évite également la contamination des habitats. Pour les habitants, les produits phytosanitaires semblent également nocifs. Par exemple, des recherches de l’INSERM ont démontré une étroite corrélation entre certaines molécules présentes dans ces produits et le développement de cancers, de défaillances des systèmes neurologiques ou immunitaires, etc. L'avantage de cette mesure est donc double, tant pour la faune que pour la santé même des populations (INSERM, 2013).

Ensuite, le mouvement “Verdissons nos murs” est apparu dans la ville de Lille. Il consiste en la végétalisation des façades de tout type de bâtiments, allant des maisons individuelles aux écoles, mairies de quartiers, etc. A ces fins, diverses plantes grimpantes sont sélectionnées et plantées. Elles créent par exemple des habitats pour des espèces d’oiseaux ou d’insectes, mais peuvent également favoriser leurs déplacements. Elles contribueraient ainsi à relier les cœurs de nature, renforçant la continuité écologique recherchée. Ces aménagements sont bénéfiques également pour les Hommes. En effet, l'amélioration de l'isolation thermique apportée aux façades par cette végétalisation est un avantage reconnu. De plus, les plantes contribuent à l’assainir l’air en captant certains polluants. Par leur fonctionnement, elles pourraient également contre-balancer l’effet d’îlot thermique urbain. Enfin, l’aspect esthétique demeure un critère important à souligner (NORPAC & IDDR, 2012). On peut toutefois nuancer certaines initiatives en y percevant un frein écologique majeur. Par exemple, les espèces végétales proposées sont bien souvent exotiques. Mais, sont-elles adaptées à la biodiversité? C'est là la question centrale à se poser lors de l'établissement d'une trame verte, quelle diversité souhaite-t-on favoriser? Dans le cas énoncé, l’objectif est-il bien de favoriser la faune? Mais alors, quelles espèces sont-elles visées? La faune nocturne y trouve-t-elle son compte?

Ces initiatives sont des exemples et sont propres à chaque ville. De nombreuses démarches peuvent être instaurées. Elles doivent toutefois être profondément réfléchies et adaptées à chaque cas afin d'engendrer le plus d'externalités positives pour les citadins comme pour la faune.

Un changement de conscienceModifier

La ville est aujourd’hui considérée sous un nouveau regard. Bien que des erreurs soient encore commises, elle se veut plus respectueuse pour la biodiversité qu’avant. L’émergence des trames noires renforce d’autant plus l’attention portée à la faune nocturne.

Parallèlement à cela, on assiste à une demande croissante de la part des citadins pour le verdissement des villes. Philippe Clergeau, instructeur au Muséum national d’Histoire naturelle évoque le mouvement actuel: “Il existe aujourd’hui un refus du tout minéral et une vraie demande pour une nature de proximité dans la ville”. L’Ile-de-France fait ainsi face à de nombreuses sollicitations des habitants pour mettre en place des jardins familiaux, des parcs, etc. Bien que ces milieux soit plus accueillants et riches de biodiversité que des surfaces imperméabilisées, il n’en demeure pas moins que toutes les espèces nocturnes n’y trouveront pas leur compte (Mao, 2009). La limite entre intérêts purement écologiques et anthropologiques est mise en évidence, révélant l’importance d’une bonne communication sur les enjeux environnementaux impliqués.

Le comportement de chaque individu est essentiel pour la cohabitation de l’Homme avec la faune nocturne. En effet, la demande d’éclairage publique en ville pour des raisons de sécurité ont conduit à une sur-illumination. Il en est de même pour les éclairages automatiques installés à l’entrée des habitations ou dans les jardins. Les chouettes sont par exemple affectées, les chauves-souris également. Une sensibilisation de la population est nécessaire. Un “Jour de la Nuit” a été instauré le 20 septembre de chaque année où les villes participant éteignent la majeure partie des éclairages publics. C’est également l’occasion de proposer aux personnes des activités d’observation nocturne et d’avertir sur les conséquences engendrées pour la faune nocturne (Huet, 2015). La “Nuit de la Chouette” est un autre exemple. Survenant au printemps une année sur deux, cet événement met en avant l’importante de la protection des rapaces nocturnes et des attitudes à adopter afin de nuire le moins possible (LPO & FPNRF, 2015). Les villes peuvent donc mettre en place différents outils de sensibilisation du grand public: sorties d’observation, expositions, conférences, ateliers, etc.

Il en est de même avec l’utilisation par les particuliers de produits phytosanitaires dans leurs jardins. L’utilisation abusive fut bien souvent décriée. Une proposition de loi visant à prohiber l’utilisation de pesticides dans les jardins privés et espaces verts publics a été votée par le Parlement. Elle s’appliquera dès 2022 et sera précédée deux ans auparavant de l’interdiction d’avoir en sa possession de tels produits hors usage professionnel (Assemblée Nationale, 2014). Un nouveau mouvement apparaît également au sein des villes, celui de ne plus lutter contre les adventices. La ville de Nantes a décidé de laisser les “mauvaises herbes” se développer sur les trottoirs, au bord des caniveaux, des arbres. Elle propose ainsi un changement des consciences auprès de la population. En effet, les adventices sont en majorité considérées par les individus comme un manque d’entretien et donc une forme de saleté. L’exemple de Nantes vient contrer cet a priori. Les vertus alimentaires de certaines espèces comme le pissenlit sont évoquées, ou encore les rôles écologiques joués au niveau de l’érosion, de la fertilité des sols, etc. Ces mesures sont bénéfiques pour la faune nocturne, les chenilles de papillons de nuit y trouvent une source d’alimentation, pour d’autres espèces cela permet le déplacement, offre une zone de refuge, etc. (Parcs & Jardins de Nantes, 2014).

L’utilisation de transports doux peut également contribuer à une meilleure qualité de l’air, une réduction de la pollution sonore et la diminution du phénomène d’ “îlot de chaleur”. A Lille, des vélos en libre service ont été installés (Transpole Lille Métropole, 2014), des bus roulant au gaz naturel pour véhicules (GNV) sillonnent la ville. Ce carburant a l’avantage d’émettre moins de polluants que les autres hydrocarbures, notamment en rejet carboné. En outre, les nuisances sonores seraient réduites par l’utilisation de GNV. Sa combustion serait moins rapide et produirait moins de vibrations, soit un bruit des moteurs réduits de près de 4 dB. Un véhicule roulant au GNV émettrait ainsi deux fois moins de bruit qu’un véhicule diesel (Meyer, 2014).

La biodiversité dans la ville de demainModifier

L’équilibre entre la faune nocturne et l’Homme se joue donc à plusieurs niveaux. Comportement de chaque individu ou planification territoriale à plus grande échelle, les différents acteurs ont tous un rôle important à jouer. Suite aux problématiques évoquées et aux potentielles solutions, la ville jusqu’alors conçue est aujourd’hui perçue de toute autre manière. Le concept de “ville durable” a ainsi surgi, porté par une campagne européenne lancée entre 1994 et 2004 (Laigle, 2007). L’équilibre entre intérêts écologiques et sociaux tend à être atteint à travers de telles démarches. Néanmoins, à quelle échelle doit-on repenser la ville durable de demain et comment cela se traduit-il ?

L’échelle de la ville a tout d’abord été étudiée. C’est le cas de Barcelone en Espagne, ou encore Malmö en Suède. Toutes deux mettent en avant leurs performances énergétiques, le développement de transports doux, tourisme équitable, voire même la création d’une Agence de l’Ecologie Urbaine dans le cas de Barcelone. Toutefois, la préservation de la faune et plus particulièrement de la faune nocturne n’est à aucun moment souligné. Les nouveaux schémas proposés à l’échelle de la ville se montrent moins impactants pour l’environnement, mais l’objectif visé semble être plus celui de la lutte contre le réchauffement climatique (ADEME & Energie Cités, 2009). Peut-on parler de durabilité si la biodiversité n’est pas intégrée aux démarches entreprises? La définition de ville durable donnée par l’Agence de l'Ecologie Urbaine de Barcelone souligne ce constat. Elle caractérise ce nouveau milieu urbain comme étant “une ville compacte à forte densité spatiale qui présente les caractéristiques de complexité fonctionnelle, connectivité, accessibilité, diversité des populations, efficacité du métabolisme urbain, cohésion sociale” (BCNecologia, 2014). Les objectifs de ces villes ne semblent pas prendre pleinement en compte la faune nocturne dans leurs nouvelles voies d’organisation. Le cas de la cité-Etat de Singapour nuance ce constat. Tandis que la pollution sonore, atmosphérique, la gestion de l’eau, etc. sont des axes de développement énoncés, le verdissement urbain est également promu afin de créer des continuités écologiques. En parallèle, les réservoirs de nature existants sont protégés voire agrandis alors que de nouveaux sont favorisés. La faune nocturne n’est pas explicitement citée, il est possible d’y étendre toutefois les bénéfices que la faune diurne tirera de ces changements (Leitmann, 2000). A travers ces exemples, une question demeure. La ville est-elle l’échelle adéquate pour repenser le milieu urbain afin que faune nocturne et hommes s’épanouissent?

La dimension de quartier a également suscité de nombreux travaux. En 2012, le Ministère du Logement de l’Egalité des Territoires et de la Ruralité a créé la label français EcoQuartier . Vu comme un premier pas vers un nouveau schéma de développement urbain, ce label serait également une étape dans la démarche de transition écologique (Ministère du logement, de l’égalité des territoires et de la ruralité, 2014). Il tend également à répondre aux objectifs de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité 2011-2020 (Ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, 2011) à travers la signature de la Charte des EcoQuartiers. Le 20ème engagement stipule que le signataire s’engage à “Préserver et valoriser la biodiversité, les sols et les milieux naturels”. Il se traduit par la réalisation d’un inventaire, la collaboration d’un spécialiste lors de l’élaboration des plans de l’éco-quartier et la création de potentiels habitats pour la faune. Un indicateur quantitatif, présentant la part de surface végétalisée, a été mis en place pour apprécier les évolutions (Ministère du logement, de l’égalité des territoires et de la ruralité, 2014). Les limites dans cet engagement sont nombreuses. En effet, un seul indicateur quantitatif semble faible. Dans le cadre de la faune nocturne, il serait nécessaire d’en développer d’autres, ainsi que des indicateurs qualitatifs pour avoir une meilleure perception des espèces présentes, des habitats, continuités écologiques, interactions, etc.

Des initiatives existent néanmoins. Deux axes sont souvent mis en avant: limiter les sources de destruction de la biodiversité et explorer les moyens d'accroître celle-ci (Henry, 2012). Ils se traduisent par la préservation et création d’habitats comme par la conservation et le développement d’espaces verts, de nichoirs, l’aménagement du bâtiment avec la mise à disposition de combles pour la faune nocturne (notamment chiroptères, rapaces nocturnes). Certains proposent même de récupérer leurs déjections afin de les utiliser comme fertilisant dans les espaces verts publics ou jardins. Ces milieux, ainsi que des potagers et zones de maraîchage sont favorisés. La végétalisation des toits est également envisagée. La création de ces nombreux habitats à partir d’espèces végétales indigènes permettrait d’accueillir une grande diversité faunistique. En valorisant une biodiversité, la faune nocturne serait aussi mieux intégrée. Cette démarche s’étend même jusqu’aux travaux lors de la conception de l’écoquartier, afin d’impacter le moins possible. En parallèle, la participation des habitants peut être sollicitée via la création d’une Charte de protection de la biodiversité urbaine par les habitants (Belvalette et al., 2011). Un nouveau concept émerge aujourd’hui dans la manière de repenser la biodiversité en ville, celui de biodiversité ordinaire et de biodiversité remarquable (La faune nocturne est ici concernée). L’appel à projets EcoQuartiers 2009, fondé sur cette perception, a mis au coeur des débats la place de la biodiversité en ville (CETE de Lyon, 2010). Ce concours se perpétue depuis, de nouvelles perspectives et conceptions émergent au fil des années, faisant prendre conscience aux acteurs du rôle central de la biodiversité. Toutefois, la faune nocturne urbaine est encore peu considérée. Quand les acteurs y porteront-ils leur attention? Cela constituera-t-il une prochaine étape afin de recouvrer l’harmonie entre homme et faune nocturne?

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