Initiatives éco-citoyennes/Initiatives intéressantes non-développées

Initiatives éco-citoyennes/Initiatives intéressantes non-développées

Pour la rédaction de ce livre, le parti a été pris d'établir une sélection d'opérations concernant des enjeux énergétiques et de réduction et ou valorisation des déchets. Ces initiatives ont fait l'objet de rédactions détaillées comme vous avez pu le lire précédemment.
Pourtant, de nombreuses autres initiatives citoyennes existent dans ces deux domaines ; en fournir un aperçu constitue l'objet de cette page.

Autres initiatives en matière de déchets

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Nous le savons bien, le meilleur moyen de réduire les quantités de déchets qui s’accumulent chaque jour davantage reste de ne pas en produire. Mais, à défaut d’un objectif réalisable, tâchons de présenter brièvement quelques initiatives éco-citoyennes supplémentaires, qu’il aurait été dommage de ne pas aborder dans ce livre…

La réduction des déchets à la source

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Les fédérations locales de France Nature Environnement organisent ces journées d’actions directement dans les grandes surfaces.
L’objectif premier de ces actions est d’inciter les consommateurs à orienter leurs achats vers des produits comportant moins d’emballages.
Pour réaliser cet objectif, les membres de l’association sont là pour rappeler aux acheteurs qu’ils peuvent tout à fait agir pour réduire les déchets ménagers en leur faisant prendre conscience que ces types de gestes doivent débuter dès l’achat.
Les moyens mis en œuvre sont simples : il s’agit de sensibiliser un maximum de personnes en les informant à la fois sur l’impact économique et écologique de la réduction des déchets, et de les guider dans les magasins de grande consommations vers les produits les plus économes en emballages ou qui génèrent peu de déchet après utilisation. Pour ce faire, les bénévoles ont à leur disposition des étiquettes « stop-rayon » et comptent donc sur l’attention des consommateurs.
Pour que ces actions n’aient pas lieu uniquement lors de ces fameuses journées, les fédérations insistent sur l’importance d’associer les employés du magasin lors des interventions des bénévoles de l’association. Une telle collaboration vise à la sensibilisation sur la durée pour développer des habitudes réelles d’achats éco-responsables.

Des collectes qui font bon ménage avec l’engagement social

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ou Quand les fonds recueillis par la vente de déchets à des industriels du recyclage sont employés pour le financement d’associations.

La collecte des Bouchons de liège sur le modèle des bouchons de bouteilles en plastique

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Bouchon de liège

Le liège, matériau naturel par excellence puisqu’il provient directement de l’écorce du chêne-liège est aussi un matériau recyclable ! Pourtant, il fait encore très peu partie des filières de recyclage, et ne peut par conséquent pas être valorisé. Toutefois, des organismes se mobilisent pour organiser sa collecte (bouchons de liège, panneaux d’affichage en liège…) en vue de le recycler. En effet, le liège a la particularité de ne pas perdre ses qualités lorsqu’il est broyé. Dans cette optique, l’association belge Le Petit Liège, organise la collecte via des magasins, d’autres associations ou encore des établissements publics tels que les écoles. Au sein d’une unité de production à finalité sociale, il s’agit ensuite de transformer le matériau récupéré et produire un isolant utilisé dans l’éco-construction, le liège étant un très bon isolant thermique et acoustique. Pour plus d’informations sur les produits qui emploient du liège et les méthodes de recyclage de ce dernier, voir le site du petit liège.

En France, la collecte du liège peut passer par un collectif d’associations, « l’Opération Tire-Bouchon ». Chaque association membre est responsable de la collecte exclusive des bouchons en liège et de leur stockage. Les fonds récoltés par la revente aux liégeurs sont ensuite investis dans une cause humanitaire. Souvent, comme c’est d’ailleurs le cas pour l’association Les bouchons d’Amour (collecte de bouchons de bouteilles en plastique) parrainées par Jean-Marie Bigard, l’action de ces association s’oriente vers l’insertion économique et l’intégration sociale des personnes handicapées.

Récupération de CD et DVD

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La couche de Polycarbonate (A) est celle qui comporte l'information codée

L’association «CD-moi », basée en Meurthe et Moselle, organise et met en place la collecte de CD et DVD et la sensibilisation sur leur recyclage. Les fonds perçus par la vente à des sociétés de recyclage sont utilisés, comme ceux issus de la revente de bouchons en liège ou en plastique, à des fins humanitaires. L’association, se fixe en effet deux objectifs : d’une part, l’amélioration des conditions d’hospitalisation des enfants en services de pédiatrie, et apporter une meilleure qualité de vie dans les maisons de retraite d’autre part. Le tout en permettant la valorisation d’un composant essentiel aux CD et DVD, le polycarbonate (1), c'est-à-dire en concourant à la réduction de la consommation d’énergies fossiles. Aucune filière de valorisation de ce produit n’est clairement développée à ce jour. Pourtant, ce plastique dit « noble » garde quasiment les mêmes caractéristiques après recyclage et les méthodes sont connues de certaines entreprises.

(1)le polycarbonate est une matière plastique aux propriétés physiques telles qu’elles en font un matériau très recherché par les industriels.

Quand des artistes décident de faire valoir leurs talents via la récupération

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De l'art de réduire l'impact écologique du métro londonien

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A Londres, des artistes et stylistes ont décidé de donner une deuxième vie aux rames de métro. Ainsi, des chaussures (type baskets) sont fabriquées à partir du tissu des banquettes du cuir de porte-chéquiers délaissés, et du caoutchouc de vieux pneus. Certes, la récupération est devenue un très bon argument commercial, et l’initiative reste limitée à la profession de styliste, mais la démarche est particulièrement poussée : finalement, ces trois matériaux sont les composants d’une paire de baskets en toile… ! Et il y a un « plus », un peu anecdotique mais qui existe pour permettre au styliste de démontrer son engagement en faveur de l’environnement : une paire de chaussures vendue = un arbre planté dans Londres. Ainsi, aucune nouvelle matière première n’est employée puisqu’il y a recyclage direct.
Mais ces matières ne constituent qu’une faible part des composants d’une rame de métro… Oui, mais d’autres artistes, notamment des designers, ont mis sur pieds un projet de locaux de travail préfabriqués que sont les wagons de l’Underground londonien. Dans une logique « jusqu’au boutiste » comparable à celle décrite précédemment, ils ont converti les wagons en ateliers, et leurs « bureaux » très visibles sont « posés » sur des toits du quartier de Soreditch. Outre les murs à proprement parler, d’autres matières sont issues de la récupération (comme les escaliers), l’énergie consommée est verte à 100% (des batteries solaires placées sur les toits suffisent à alimenter l’ensemble de la structure). La problématique écologique est aussi soulignée par le fait que l’aménagement de tels « locaux » nécessite très peu de matériel.

L’association Art Gens ou comment mélanger art et écologie

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Cette association lyonnaise qui s’apparente à un collectif d’artistes éco-citoyens se fixe comme objectifs de retrouver une fonction à des déchets industriels ou ménagers et de sensibiliser le grand public au tri des déchets et à des méthodes de recyclage qui pourraient être qualifiées d’alternatives. Il s’agit de démontrer qu’il est possible voire même facile d’allier art et écologie ou du moins art et recyclage. Le concept associé est celui de la mise en valeur de solutions à la portée de chacun afin de réduire les consommations d’énergie (liées à la production d’objets neufs) et les déchets produits. Le moyen ? Notre imagination ! Art Gens souhaite permettre à ses membres ou participants de révéler leur potentiel d’inventivité de manière positive, en se plaçant dans une optique de respect de l’environnement.
Les artistes de l’association ne se contentent pas de créer en faisant de la « récup’ » : ils diffusent aussi leurs savoirs et leurs idées à travers des ateliers hebdomadaires dans leurs locaux et des ateliers mensuels nomades (les bénévoles peuvent intervenir dans tout type de lieu ou de manifestation pour une demi-journée à une journée), où les participants apprennent et s’expriment par leurs créations à partir de déchets ménagers et de matières récupérées. Ils ouvrent par ailleurs une « déchètèque » une fois par mois pour que chaque adhérent créateur (créatrice) du dimanche (ou pas seulement !) puisse acheter, au kg ou au mètre, des matériaux récupérés.
Enfin, l’association est aussi en mesure d’inciter au tri sélectif en proposant des modules géants (3 mètres de hauteur pour un repérage facilité) en forme de fleurs et conçus entièrement à base de matériaux réutilisés. Ces poubelles de tri sont fabriquées à destination des organisateurs d’évènements tels que les salons, ou encore les festivals. En effet, les artistes de l’association s’attachent particulièrement à l’aspect ludique et pédagogique de leurs actions.

Et les D3E dans tout cela ?

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Des ordinateurs solidaires pour moins de déchets

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Défis est le nom d’une association basée en Pays de Lorient et créée en octobre 2007.
Dans le contexte du tout numérique, il est parfois difficile, pour les ménages équipés, d'imaginer qu’il existe un réel fossé numérique au sein de nos sociétés. Pour les membres de Défis, la réduction de cette fracture numérique constitue une mission de service public. Le challenge ? Reformater des ordinateurs destinés à la casse, les équiper de logiciels gratuits, et permettre à des personnes laissées sur le bord du chemin des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) et en particulier d’Internet, de s’approprier la technologie et les ouvertures qu’elle génère.
Certes l’objectif premier de Défis lors de sa création n’était pas de réduire la masse des DEEE (Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques) mais leur action est aussi une façon de démontrer qu’on peut facilement allier souci de préservation de l’environnement et engagement social.
Défis au pluriel car il s’agit non seulement de combler autant que possible le fossé existant, à la fois en termes matériel et de formation, mais aussi de promouvoir le recyclage du matériel informatique et l’accès pour tous aux applications de base d’un ordinateur via la promotion des logiciels libres.
Les créateurs de l’association insistent depuis le début de l’aventure sur l’aspect solidaire mais surtout sur le caractère coopératif que doivent revêtir les actions. Les partenariats sont essentiels pour les dons d’anciens ordinateurs, et les approches par la création de réseaux permettent d’élargir le nombre de familles bénéficiaires.

De l’importance de sensibiliser au tri des D3E

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Eco-action, une autre initiative bretonne, mais de Brest cette fois, s’est fixée pour finalité d’informer au mieux les particuliers sur les alternatives existantes à la mise en décharge de leur DEEE.
Les adhérents pratiquent ainsi le porte à porte pour informer sur les caractéristiques des composantes dangereuses de ces déchets, notamment en sensibilisant les ménages au tri de leurs déchets dangereux pour qu’ils soient recyclés.
Leurs actions ne se limitent toutefois pas à de la sensibilisation. Le porte à porte permet aussi la collecte du matériel de façon directe et certaine, tout en démontrant que sa valorisation est possible. En 2009, Eco-Action a équipé une trentaine d’immeubles de bacs destinés au dépôt des déchets électroniques dont les habitants souhaitent se débarrasser.

L’Eco-Voisin, pour un voisinage qui trie mieux ses ordures ménagères

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En 2009, 87% des Français ont placé le tri et le recyclage de leur déchets ménagers en tête des gestes qu’ils sont prêts à accomplir pour la protection de l’environnement. Pourtant, le taux de tri des emballages n’a été que de 63% la même année. Pour augmenter ce taux, Eco-Emballages(1) s’est associé à Voisins Solidaires(2) pour créer un réseau de voisins dont la mission serait de sensibiliser les habitants de son immeuble à la démarche de tri et en informant son entourage de façon durable sur les bonnes pratiques, les réflexes à avoir. Ce dispositif, appelé « Eco-Voisins », est mis en œuvre en partenariat avec les mairies et les bailleurs sociaux.
L’objectif est double : il faut d’une part accroître l’intérêt des citoyens pour les enjeux environnementaux que constitue la collecte sélective des déchets ménagers, et d’autre part, intégrer cette dimension environnementale au sein des actions de solidarité de voisinage. La cohésion entre voisins serait renforcée à travers ce relais d’information. Les « éco-voisins » qui seront formés pour devenir des référents du tri dans leur immeuble doivent se montrer disponibles et capables de répondre aux questions des résidants.

(1)éco-organisme en charge « d’organiser, superviser et accompagner le tri des emballages ménagers en France »
(2)association qui « développe un dispositif national de mobilisation dont l'objectif est de renforcer les solidarités de proximité et de développer les petits services et l'entraide entre voisins qui facilitent la vie au quotidien » et qui est par exemple à l’origine de la Fête des Voisins


Suite à ce recensement non exhaustif d’opérations touchant à la problématique des déchets, mais ayant aussi la caractéristique d’être issues de l’initiative de citoyens, nous avons trouvé intéressant de décrire tout aussi brièvement une initiative touchant à la fois aux économies d’énergie et à la valorisation de déchets textiles.


Métisse, ou comment associer recyclage de vêtements en mauvais état et isolation écologique

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À l’origine de cette innovation, un réseau d’entreprises, Le Relais, spécialiste du recyclage des vêtements (collecte, tri, valorisation).
Mais alors en quoi s’agit-il d’une initiative éco-citoyenne ? Le Relais est membre du réseau Emmaüs, et les entreprises qui le composent ont un but socio-économique en agissant contre l’exclusion, via la réinsertion professionnelle. Par ailleurs, la réussite de cette entreprise repose tout d'abord sur le don.
Mais aujourd’hui, seuls 40% des vêtements collectés peuvent être revendus en l’état. Le personnel du Relais se voyait ainsi trier et destiner à l’incinération chaque année des quantités de plus en plus importantes de vêtements, compte tenu de la baisse de qualité des vêtements récupérés et du développement croissant des vêtements à très bas prix qui concurrencent fortement le secteur du réemploi.
Aujourd'hui, les vêtements récupérés abîmés non réemployables connaissent eux aussi une deuxième grâce au Relais. En effet, après effilochage (par des lignes de défibrage capables de retirer tous les corps autres que textile), les restes de ces vieux jeans ou lainages sont mélangés et subissent un thermoliage (pour lier les fibres entre elles). Au final, ils prennent la forme de panneaux ou de rouleaux et constituent un isolant sain, durable. Cette nouvelle technique d’isolation présente des atouts non négligeables, tels que le fait d’être respirant, de réguler l’hygrométrie, et de bénéficier de très bonnes performances acoustiques. Le tout en fait un isolant à l’efficacité comparable à la laine de verre, l’inconfort de la pose en moins.
Métisse (du nom donné à cette nouvelle génération d’isolant) est un isolant « écologique », non pas parce qu’il est conçu à partir de matières naturelles (comme les autre isolants écologiques : liège, chanvre, lin,...) mais parce qu’il est conçu à partir de vêtements-déchets qui sans cette invention, auraient été incinérés.
L’apparition de cette nouvelle technique permet de conjuguer rôle social – les bénéfices de la vente sont investis dans l’action sociale du Relais – et une double dimension écologique – celle de la valorisation des déchets et celle de la maîtrise de la consommation d’énergie.

Autres initiatives pour l'énergie

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Tout comme le volet sur les déchets, nous pouvons dire que la meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas. Nous développerons ici certaines initiatives citoyennes liées aux économies d'énergie, mais aussi aux énergies renouvelables et plus largement à l'habitat écologique.

Promotion des énergies renouvelables

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Les énergies renouvelables dans le Nord Pas-de-Calais

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L'association ICARE (Initiatives Citoyennes Associatives pour les Énergies Renouvelables) a été créée en janvier 2008. Son but est de promouvoir une culture du financement citoyen local en matière d'énergies renouvelables. Partant du constat que ce mode de fonctionnement est très développé dans les pays du Nord de l’Europe mais très peu en France, Icare veut donc être le maillon manquant d’abord pour la Région Nord-Pas de Calais puis au-delà.

Le projet associatif repose sur deux grandes thématiques : l’aide à la réalisation et la sensibilisation du grand public. L'association souhaite assurer un appui administratif, technique voire financier, et cela pour une grande diversité de demandeurs : particuliers, associations, collectivités, personnes morales… L’association veut aussi jouer un rôle de diffuseur d’informations sur les questions énergétiques et les problématiques de Développement Durable dans leur ensemble. Ce centre de ressources pourra donc diffuser les informations nécessaires et fournira une base de données pour les projets futurs.

Le fonctionnement de l’association intègre une large dimension sociétale. Icare cherche avant tout à former un réseau avec l’ensemble des acteurs concernés, afin que les informations puissent être mutualisées et donc profiter à tous.

Les rebelles de Schönau, produire son électricité en Allemagne

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Schönau, petit village situé au sud de la forêt noire en Allemagne, a refusé l’énergie nucléaire suite à la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Les habitants ont décidé d'être autonomes en matière d'énergie. Ils ont donc racheté le réseau électrique de la ville afin de prendre eux mêmes leurs décisions.

Ainsi l’énergie provient essentiellement des énergies renouvelables à 95%, le reste provenant d’une centrale électrique de cogénération au gaz. L’énergie renouvelable provient de l’hydraulique importée de Norvège. EWS n’importe que de l’énergie hydraulique issue de centrales récentes de moins de 6 ans pour se fournir en garantissant un impact environnemental minimal.

« Depuis près de 20 ans les rebelles de Schönau ont su propulser l’idée d’alternative à l’énergie nucléaire : de Schönau, à toute l’Allemagne! ». La ville de Fribourg, vitrine écologique du pays, s’est inspirée de cette initiative et développe également un bouquet énergétique centré sur les énergies renouvelables.

 
Installation solaire sur un logement

Développer le solaire dans le Nord

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L’association Solaire en Nord regroupe des particuliers producteurs d'énergie solaire, dans le but de contribuer à la promotion de l'énergie solaire dans la région Nord-Pas de Calais. La sensibilisation des particuliers est essentielle, il faut faire oublier aux installateurs potentiels leurs réticences quant à l’installation de panneaux solaires dans le Nord. De nombreuses visites de sites sont organisées dans la région.

L’association aide les producteurs d’énergie solaire, qu’ils soient particuliers, collectivité ou autre dans leurs diverses démarches concernant les aides disponibles, les contrats avec EDF… Une liste des professionnels du solaire dans la région est également disponible afin d’être correctement orienté à chaque étape du projet.

Les constructions économes

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Une part importante de la consommation d’énergie en France est attribuée au secteur résidentiel-tertiaire, c’est le premier poste émetteur avec 43,7% des émissions de gaz à effets de serre avant le secteur des transports (31,5%), selon des chiffres de l’ADEME pour 2006. Ainsi il semble prioritaire de réduire la consommation globale des bâtiments et ce, quelles que soient leurs fonctions. Les initiatives citoyennes concernant ce domaine existent et se développent, à nous de les mettre en lumière.

Les constructions collectives

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Les Baugruppen (groupe de construction en allemand) sont des collectifs de futurs propriétaires qui se regroupent pour faire appel à un architecte/maître d’œuvre afin de concevoir ensemble un lotissement d’habitation collectif. De multiples exemples existent en Allemagne et aux Pays-Bas notamment. Eva Lanxmeer aux Pays-Bas.

 
Eco-quartier de Fribourg en Allemagne

Ce mode de vie réunit l’aspect collectif en conservant par ailleurs une intimité familiale. Le coût de construction et rénovation ainsi que les frais de fonctionnement sont divisés entre tous, de plus, chaque corps de métier intervient pour le collectif et non individuellement, d’où des gains financiers. Certaines prestations sont communes, mutualisées : buanderie, laverie, garage à vélos, voitures en auto-partage... ainsi ces appareils sont utilisés plus efficacement.

 
Eco-quartier d'EVA Lanxmeer aux Pays-Bas

La compacité de l’habitat groupé permet une meilleure efficience énergétique des bâtiments, réduction des pertes de chaleur dues aux moindres surfaces extérieures. La densification de cet urbanisme est aussi un atout pour ces constructions : réduction de l’étalement urbain donc gain de surfaces agricoles.

Les avantages économiques sont indéniables : Au niveau économique : réductions des dépenses d’énergie, de coût de fonctionnement, de maîtrise d’œuvre,… Au niveau social : partage de valeurs, mixité sociale, convivialité, solidarité… Chaque habitant participe à l’aménagement et à l’agencement d’un espace de vie commun utilisable par tous.

Rénovation de l’habitat ancien

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La Coopérative Stanford créée à l’origine pour loger des étudiants suite à la généralisation des études supérieures, cette coopérative initiée et dirigée par des étudiants avec chambre individuelle et espaces communs était très en avance pour l’époque. Encore aujourd’hui les résidents sont collectivement propriétaires et doivent participer à la vie de la copropriété. Avec les nouveaux enjeux climatiques, les habitants ont choisi de rénover leurs logements en intégrant des considérations environnementales. Trois architectes ont présenté des projets de rénovations qui ont ensuite été soumis au vote des copropriétaires.

Finalement, ils ont opté pour des chaudières à granulés de bois, des chauffe-eau solaires, l’isolation complète du toit et des murs, la refonte des cuisines, des systèmes d’aération, ainsi que des doubles vitrages. Ces mesures ayant un coût, elles ont été financées par diverses aides, l’utilisation des réserves de la copropriété ainsi qu’une augmentation des frais de participation. Les émissions de gaz carbonique de la coopérative sont passées de 228 tonnes en 2003 à 91 tonnes en 2009, soit une réduction de 60 %, et les factures de fioul ont radicalement baissé. Le sol était trop pollué pour qu’on y fasse pousser des fruits et les légumes, de la terre a été importée pour créer potagers et vergers.

Constructions alternatives au Pays de Galles

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Le projet Lammas est parti d’une initiative d’un designer au Pays de Galles, Simon Dale et veut reprendre l’exemple de sa maison pour construire un éco-village alternatif.

Cette maison de « Hobbit » présente deux grands avantages : la récupération de déchets de construction et matériaux disponibles sur place ainsi que des économies d’énergie. Une maison artisanale réalisée en seulement 4 mois avec 1500h de travail pour 4500€ d’investissement.

Isolation faite à partir de paille, fondations en pierres, bois de chute, toiture végétalisée, puits canadien, toilettes sèches … telles sont les idées rassemblées de cette construction. Sa structure semi enterrée lui permet également de réduire ses besoins énergétiques, ainsi seul un poêle est nécessaire pour le chauffage. Peu difficile à réaliser, elle est l’occasion d’un chantier participatif.