Initiatives éco-citoyennes/Contexte et enjeux en matière d'énergie

L’Homme et l’énergie, rapide historique :

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Que ce soit pour se chauffer, se nourrir, travailler ou se déplacer l’Homme a dû découvrir, dompter et utiliser son environnement pour favoriser son développement.

Ainsi, connue depuis « toujours » (maîtrise du feu il y a environ 800 000 ans), la première source d’énergie connue des hommes est le bois qui lui a permis à la fois d’évoluer, et de se développer. Le feu a permis à l’Homme de se réchauffer pour résister au froid de l’hiver, et de conquérir des zones tempérées froides de la planète. Il éclaire et permet à l’Homme de pénétrer dans les cavernes pour s’y abriter, il permet également de cuire la nourriture et ainsi de faire reculer les parasitoses. Le feu tient à distance les prédateurs. Il améliore la fabrication des outils en permettant de durcir les pointes des lances et des flèches (plus tard il permettra la fonte des métaux comme le cuivre). C’est aussi très certainement autour des foyers que se développe pour la première fois une vie sociale organisée.

Beaucoup plus tard l’Homme domestiquera le cheval dont il se servira comme monture ou animal de trait (5500 avant JC) ce qui lui permettra de voyager, plus loin et plus vite et ainsi de développer son commerce, diversifier son alimentation, partager des connaissances…etc. Approximativement à la même époque en Égypte, apparaît pour la première fois, la navigation à voile pour les déplacements sur le Nil, qui exploitable une autre énergie naturelle, le vent. L’apparition en d’autres endroits du monde et le développement de cette technique permettra à l’Homme de conquérir de nouveau territoire par la voie des mers.

L’énergie éolienne sera également utilisée pour l’agriculture avec l’apparition des moulins à vent (600 après JC).

Pendant longtemps, les sociétés humaines connaîtront un développement relativement faible, grâce à ces sources d’énergies facile d’accès et peu coûteuses (voir même gratuites) que sont le bois, l’énergie animal, le vent ou la force des courants (moulins à eau). Ce n’est qu’avec la révolution industrielle que ces énergies seront progressivement remplacées par l’utilisation et l’exploitation industrielle du charbon, puis du pétrole et ses dérivés ou du gaz.

Ainsi en 1960, l’utilisation du bois, du vent ou des animaux comme source d’énergie ne relève plus (dans les sociétés occidentales) que du folklore ou du divertissement.

Le pétrole peu coûteux, simple d’utilisation et connaissant une multitude de dérivés mène la société occidentale à une « société du tout pétrole ». Or plusieurs problèmes se dressent devant nous, notamment la pollution, l’indépendance énergétique et la gestion des stocks face à l’augmentation continue de la consommation de pétrole. Il est donc grand temps de nous préoccuper de (re)trouver des sources d’énergies propres et durables.

La consommation d’énergie dans le monde :

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Consommation d'énergie par habitant dans le monde en 2008
Pays ou région Population
(millions)
Consommation /
hab.
(tep/hab.) (1)
Elec. cons./hab.
(kWh/hab.)
Monde 6 609 1,82 2 752
Afrique du Sud 48 2,82 5 013
Algérie 34 1,09 903
Allemagne 82 4,03 7 185
Arabie Saoudite 24 6,21 7 236
Argentine 40 1,85 2 658
Bahreïn 1 11,65 14 276
Bangladesh 159 0,16 144
Belgique 11 5,37 8 617
Bénin 9 0,32 67
Brésil 192 1,23 2 154
Cambodge 14 0,36 93
Canada 33 8,17 16 995
Chine 1 327 1,48 2 346
Colombie 46 0,63 940
Congo (Rép. Dém. du) 62 0,29 97
Corée du Sud 48 4,59 8 502
Cuba 11 0,88 1 303
Danemark 5 3,60 6 671
Égypte 75 0,89 1 468
Émirats Arabes Unis 4 11,83 16 161
Érythrée 5 0,15 51
Espagne 45 3,21 6 296
États-Unis 302 7,75 13 616
Éthiopie 79 0,29 40
Finlande 5 6,90 17 164
France 64 4,15 7 573
Grèce 11 2,88 5 628
Guatemala 13 0,62 558
Haïti 10 0,29 31
Inde 1 123 0,53 543
Indonésie 226 0,84 564
Irak 28 1,20 1 176
Iran 71 2,60 2 325
Irlande 4 3,46 6 263
Israël 7 3,06 7 010
Islande 0,3 15,74 36 920
Italie 59 3,00 5 718
Japon 128 4,02 8 475
Kenya 38 0,49 152
Koweït 3 9,46 16 198
Luxembourg 0,5 8,79 16 315
Malaisie 27 2,73 3 668
Maroc 31 0,47 715
Mexique 106 1,74 2 028
Myanmar 49 0,32 95
Népal 28 0,34 81
Nigeria 148 0,72 137
Norvège 5 5,71 24 997
Ouzbékistan 27 1,81 1 658
Pakistan 162 0,51 475
Pérou 28 0,50 982
Philippines 88 0,45 592
Pologne 38 2,55 3 662
Portugal 11 2,36 4 861
Qatar 1 26,54 17 573
Royaume Uni 61 3,48 6 142
Russie (Féd. de) 142 4,75 6 338
Sénégal 12 0,22 122
Soudan 39 0,38 94
Suède 9 5,51 15 238
Suisse 8 3,42 8 209
Tanzanie 40 0,45 83
Thaïlande 64 1,63 2 157
Togo 7 0,37 92
Trinidad et Tobago 1 11,46 5 622
Turquie 74 1,35 2 210
Ukraine 46 2,96 3 539
Vénézuéla 27 2,32 3 078
Viêtnam 85 0,66 728
Yémen 22 0,32 201

(1) Production + importations - exportations
Source


On remarque que les différences sont très grandes d’un pays à l’autre, ce qui s’explique par le développement énergétique des pays, mais aussi en grande partie à cause de (mauvaises) habitudes, ou/et de mauvais comportement des ménages…


Les énergies "classiques":

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La consommation de pétrole aujourd’hui :

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Plateforme d'exploitation pétrolière.

L’augmentation continue de la consommation de pétrole (+250% de consommation mondiale entre 1965 et 2003) est permise par l’amélioration des techniques d’extraction qui offrent aujourd’hui la possibilité d’atteindre et/ou de découvrir des gisements inaccessibles par le passé. Ainsi en 2008 la consommation mondiale atteint 32 Gbl (32 Gigas barils, soit 32 milliards de barils) c'est-à-dire plus de 88 millions de barils par jour soit une augmentation de 2.3% par rapport à 2007. Le pétrole représente 37% de l’énergie consommée dans le monde (43% en Europe où le pétrole fournit 98% de l’énergie consommée par les transports). La combustion de ce pétrole est responsable de l’émission de 2413 milliards de tonnes de CO2, (soit 42% du total des émissions mondiale de CO2). Il faut également inclure aux coûts environnementaux, les pollutions générées par l’extraction du pétrole, ou encore le défrichement de forêt vierge pour atteindre et exploiter certains gisements.

Le progrès technique et les nouvelles découvertes repoussent d’année en année la date supposée du pic pétrolier. Au rythme de consommation actuelle, on estime pouvoir exploiter les gisements de pétrole facilement exploitables (le « pétrole conventionnel », c'est-à-dire le pétrole exploitable à moindre coût, celui provenant de gisements terrestre ou de plateforme offshore lorsque la profondeur du gisement est inférieur à 500 mètres) durant 44 ans avant de les avoirs épuisé. En prenant en compte le « pétrole non conventionnel » (donc les gisements difficilement exploitables) les possibilités d’exploitation sont estimées à 105 ans. Cependant il faut noter que depuis le début des années 1980, les découvertes de pétrole sont inférieures aux volumes de production. De nos jours et depuis déjà plusieurs années on ne découvre plus qu’un baril de pétrole conventionnel quand nous en consommons trois. Quoiqu’il en soit, dans l’avenir, le pétrole se raréfiera et son prix ne pourra qu’augmenter. Pour cette raison il est important pour les états d’assurer leur indépendance vis-à-vis des pays de l’OPEP et autres pays producteurs de pétrole (et/ou de gaz). Et remplacer à terme le pétrole par d’autres sources d’énergies.

Nucléaire et « indépendance énergétique » française :

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La France et quelques autres pays ont fait le choix d’avoir pour source d’énergie principale l’énergie nucléaire. Cette énergie est obtenue à partir de l’uranium, minerais dont la dernière mine française fut exploitée jusque 2001. Depuis la France importe la totalité de son combustible. On peut donc remettre en question l’argument de l’indépendance énergétique pour justifier l’utilisation du nucléaire comme source énergétique principale. Le nucléaire connaît d’ailleurs bon nombre de détracteurs, ce pour plusieurs raisons. Il y a d’abord une sorte de tabou, il existe très peu de transparence concernant l’utilisation de cette énergie ce qui, couplé avec la très grande dangerosité potentielle en cas d’incident, inquiète beaucoup. Autre problème, la pollution générée par le nucléaire, les déchets obtenus par la combustion nucléaire restent contaminés pendant plusieurs milliers voir centaines de milliers d’années, à l’heure actuelle nous ne savons ni comment décontaminer ces déchets, ni comment les stocker durablement de façon sécurisée. On peut également s’inquiéter du devenir de la gestion de ces déchets, jusque maintenant aucune civilisation humaine n’a subsisté pendant plusieurs milliers d’années, comment envisager l’avenir sereinement compte tenu de la faible stabilité politique de nos sociétés? On peut aussi se demander s’il est bien moral d’imposer la gestion des déchets générer par la production de notre énergie, à plusieurs milliers de générations futures... On reproche aussi souvent au nucléaire le fait que les populations riveraines de gisements d’uranium, ne profite pas des retombées économique et sociale qu’elles pourraient attendre. Ceci dit on peut accorder au nucléaire quelques qualités, notamment le faible coût économique de cette énergie, ou la régularité de la production. Les partisans du nucléaire mettent en avant sa « propreté » car elle n’est pas source d’émission de CO2 (cela dit les anti-nucléaire évoquent d’autres pollutions, comme par exemple celle des eaux rejetées par les centrales notamment…).
En France la production d’électricité est assurée à 80% par l’énergie nucléaire (soit environ 450 TWh). En revanche le nucléaire ne représente que quelques pourcents de la production mondiale d’énergie.
Il faut toutefois remarquer que le nucléaire n’est pas une source d’énergie renouvelable, les réserves mondiales connues d’uranium sont de 30 Gt, soit 48 ans d’exploitation à consommation égale à celle d’aujourd’hui. Le modèle nucléaire n’est donc pas non plus un modèle généralisable à l’ensemble de la planète.


Le charbon, dépassé ?

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La source d’énergie la plus importante (hormis pour les transports) dans le monde reste de nos jours le charbon.

 


La perspective de pénurie de pétrole (donc la hausse des prix) et les réserves encore importantes de charbon poussent à croire que cette ressource pourrait connaître un nouvel « âge d’or » dans l’avenir.

 

Le charbon présente néanmoins (pour le moment) un inconvénient de taille : sa combustion génère de très grandes quantités de CO2… La maîtrise de l’enfouissement du CO2 pourrait donc être une solution à ce problème.

Les énergies renouvelables/durables :

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Qu’est ce qu’une énergie renouvelable ?

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Les énergies renouvelables dans le monde.

Par renouvelable ou durable, on entend « qui ne s’épuise pas ». Se sont les énergies dont la source ne sera jamais tarie contrairement au charbon, gaz, pétrole (les énergies dites fossiles) ou à l’uranium.
À l'exception de l'énergie hydraulique, les énergies renouvelables ne représentent encore qu'une toute petite partie de l'énergie produite et consommée mondialement .


L’énergie hydraulique :

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Il existe différentes façons de profiter de l’énergie de l’eau. Certaines sont encore très peu développées, comme l’exploitation des mouvements de vagues, l’énergie marémotrice qui résulte du mouvement des marées, l’énergie hydrolienne qui provient des courants sous marins, ou encore l’énergie thermique des mers qui est obtenue en exploitant la différence de température entre les eaux superficielles et les eaux profondes. En revanche, il existe des méthodes d’exploitations très répandues et totalement maîtrisées. En particulier les retenues d’eau, créées par la construction de barrages.

En 2004 la production mondiale d’hydro-électricité était de 2800 TWh (dont 65TWh pour la France). Outre le fait d’être inépuisable, cette source d’énergie présente l’intérêt d’être facilement utilisable, et, surtout, c’est la seule forme d’électricité stockable (hormis les accumulateurs). Toutefois les impacts négatifs sont nombreux, en particulier sur l’environnement, la création de retenue d’eau bouleverse systématiquement l’environnement en modifiant les débits des fleuves, ce qui perturbe ou détruit les écosystèmes en aval des barrages…

La biomasse :

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L’énergie de la biomasse est obtenue par dégradation de matière organique. Ainsi les premiers hommes avaient déjà recours à cette énergie en brûlant du bois pour se chauffer. On considère la biomasse comme une source d’énergie renouvelable, dans l’hypothèse où son utilisation est moins importante que sa vitesse de régénération. Il existe différentes formes d’exploitation de la biomasse, après avoir quasiment disparue, le chauffage au bois connaît un retour important, relancé entre autres choses par les préoccupations environnementales ou à son coûts moins importants que ceux du pétrole ou du gaz. La bio-méthanisation permet d’obtenir du gaz par dégradation de biomasse. Les biocarburants à base de tournesol ou de colza sont un autre exemple d’utilisation de la biomasse. Malgré son intérêt écologique (si l’on excepte les biocarburants dont le bilan énergétiques est contesté), la part de l’énergie issue de la biomasse dans l’énergie totale reste anecdotique.


Les déchets :

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Les déchets ménagers (re)deviennent des matières premières, sources d’énergie. Devant l’augmentation de déchets générés par les ménages ou l’industrie (suremballages des produits de consommation courante, journaux publicitaires…etc.), l’incinération des déchets présente l’intérêt de fournir de l’énergie et de résoudre le problème de stockage des déchets.


La géothermie :

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La géothermie, une énergie venue du cœur de la terre.

Cette énergie utilise la température du sous sol de notre planète, chauffée par son cœur de magma. Le principe est très simple, plus on creuse profondément, plus la température s’élève, l’objectif étant donc d’exploiter cette chaleur naturelle afin d’en faire de l’électricité ou de l’utiliser comme moyen de chauffage. Il faut toutefois savoir que l’efficacité d’un forage dépendra du site où il est réalisé et plus particulièrement de la nature du sol. En effet les régions sédimentaires seront moins avantagées que les régions volcanique (comme l’Islande par exemple). Les trois plus gros producteurs d’énergie géothermique sont les États Unis, les Philippines et l’Indonésie qui fabrique environ 65GWh par an. Cette énergie représente donc à l’heure actuelle une part infime de l’énergie consommée dans le monde.

L’énergie éolienne :

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L'éolien offshore représente le meilleur potentiel de développement de l'énergie éolienne.

Après avoir été totalement abandonnée depuis plusieurs décennies (hormis pour la navigation de plaisance), l’énergie du vent est de nouveau utilisée, désormais elle sert à la production écologique d’électricité. Le système est connu depuis des siècles, il s’agit du même mode de fonctionnement que les moulins à vent d’antan. L’énergie éolienne connaît quelques inconvénients, en particulier l’irrégularité de la production, en effet une éolienne ne produira pas d’énergie s’il n’y a pas de vent… Cette énergie n’est pas stockable. À l’instar des autres énergies renouvelables (excepté l’hydraulique) l’énergie éolienne représente une toute petite partie de l’énergie consommée dans le monde. Cependant la production croit fortement depuis ces dernières années, grâce à la multiplication des implantations d’éoliennes, et au progrès permettant la mise en place d’éoliennes offshore. En 2008 la production mondiale était de 260 TWh, dont 6 TWh pour la France (0.4% de sa production). Les ressources de l’énergie éolienne sont immenses puisqu’on estime qu’il suffirait de capter 0.5% de cette énergie pour satisfaire la totalité des besoins mondiaux d’énergie. Cependant la plus grande partie de cette ressource se trouve au milieu des océans et est donc difficilement exploitable avec les technologies actuelles.


L’énergie solaire :

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Centrale solaire aux États-Unis.

Le soleil est la source de toute chose, y compris notre énergie. Que ce soit le pétrole, la biomasse, l’éolien ou autre, toutes ces énergies ont pour origines l’énergie solaire reçue par la Terre il y a plusieurs milliers d’année ou quelques instants. Cette énergie qui nous arrive en permanence et de façon illimitée (tant que le soleil sera "vivant"…) peut être captée et transformée en électricité grâce à des panneaux photovoltaïques. La source de cette énergie est parfaitement durable et ne génère aucune pollution directe. En revanche la fabrication de panneaux requiert l’utilisation de matériaux rares en particulier le silicium. En raison de son coût l’énergie solaire n’est pour le moment exploitée qu’à hauteur de 0.02% de la ressource mondiale ce qui a fourni en 2008 environ 3 TWh… Néanmoins, les progrès techniques permettent d’envisager un avenir ensoleillé pour cette énergie… On peut noter qu’il existe déjà des centrales de grande ampleur ce qui montre l’intérêt d’avoir recours à cette énergie comme une énergie de masse. Au niveau individuel, cette énergie peut également être utilisée pour ses propriétés calorifiques. L’énergie solaire sert alors à chauffer de l’eau qui contribuera au chauffage de l’habitation ou alors chauffera l’eau chaude sanitaire.



L'énergie est un enjeu d'importance capitale économiquement, politiquement bien sûr mais surtout un enjeu environnemental. Il est de la responsabilité des gouvernements de prendre les bonnes décisions, mais il appartient à tous d'agir, que se soit en faisant attention à ne pas gaspiller l'énergie, en laissant sa voiture au garage pour les petits déplacements ou en se réunissant en association, tout le monde peut et doit agir à son échelle!


Liens et webographie

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À voir:

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Wikipédia, les énergies renouvelables
Wikipédia, le pétrole
Wikipédia, l'effet de serre
Greenpeace, énergie et climat

Webographie

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http://www.developpement-durable.gouv.fr
http://www.iea.org
http://wapedia.mobi/fr/
http://generationsfutures.chez-alice.fr/petrole/consommation.htm
http://www.science-decision.fr

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