Fonctionnement d'un ordinateur/L'interface d'une mémoire électronique

Une mémoire communique avec d'autres composants : le processeur, les entrées-sorties, et peut-être d'autres. Pour cela, la mémoire est reliée à un ou plusieurs bus, des ensembles de fils qui permettent de la connecter aux autres composants. Suivant la mémoire et sa place dans la hiérarchie mémoire, le bus sera plus ou moins spécialisé. Par exemple, la mémoire principale est reliée au processeur et aux entrées-sorties via le bus système. Pour les autres mémoires, la logique est la même, si ce n'est que la mémoire est reliée à d'autres composants électroniques : une unité de calcul pour les registres, par exemple.

Dans tous les cas, le bus connecté à la mémoire est composé de deux ensembles de fils : le bus de données et le bus de commande. Le bus de données permet les transferts de données avec la mémoire, alors que le bus de commande prend en charge tout le reste. Nous allons commencer par voir le bus de données avant le bus de commandes, vu que son abord est plus simple. Le bus de commande est un ensemble d'entrées, là où ce n'est pas forcément le cas pour le bus de données. Le bus de données est soit une sortie (sur les mémoires ROM), soit une entrée-sortie (sur les mémoires RAM), les exceptions étant rares.

Le bus de commande et d'adresse

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Bus d'une mémoire RAM.

Le bus de commande transmet des commandes mémoire, des ordres auxquels la mémoire va devoir réagir pour faire ce qu'on lui demande. Dans les grandes lignes, chaque commande contient des bits qui ont une fonction fixée lors de la conception de la mémoire. Et les bits utilisés sont rarement les mêmes d'une mémoire à l'autre. Dans ce qui suit, nous verrons quelques bits qui reviennent régulièrement dans les bus de commande les plus communs, mais sachez qu'ils sont en réalité facultatifs. Le bus de commande dépend énormément du bus utilisé ou de la mémoire. Certains bus de commande se contentent d'un seul bit, d'autres en ont une dizaine, et d'autres en ont une petite centaine.

Comme on le verra plus bas, les mémoires adressables ont généralement des broches dédiées aux adresses, qui sont connectées au bus d'adresse. Mais les autres mémoires s'en passent et il arrive que certaines mémoires adressables arrivent à s'en passer. Pour résumer, le bus d'adresse est facultatif, seules certaines mémoires en ayant réellement un. On peut d'ailleurs voir le bus d'adresse comme une sous-partie du bus de commandes.

Les bits Chip Select et Output Enable

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La majorité des mémoires possède deux broches/bits qui servent à l'activer ou la désactiver : le bit CS (Chip Select). Lorsque ce bit est à 1, toutes les autres broches sont désactivées, qu'elles appartiennent au bus de données ou de commande. On verra dans quelques chapitres l'utilité de ce bit. Pour le moment, on peut dire qu'il permet d'éteindre une mémoire (temporairement) inutilisée. L'économie d'énergie qui en découle est souvent intéressante.

Tout aussi fréquent, le bit OE (Output Enable) désactive les broches du bus de données, laissant cependant le bus de commande fonctionner. Ce bit déconnecte la mémoire du bus de données, stoppant les transferts. Il a une utilité similaire au bit CE, avec cependant quelques différences. Ce bit ne va pas éteindre la mémoire, mais juste stopper les transmissions. L'économie d'énergie est donc plus faible. Cependant, déconnecter la mémoire est beaucoup plus rapide que de l'éteindre. On verra dans quelques chapitres l'utilité de ce bit. Grossièrement, il permet de déconnecter une mémoire quand un composant prioritaire souhaite communiquer sur le bus, en même temps que la mémoire.

L'entrée d'horloge ou de synchronisation

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Certaines mémoires assez anciennes n'étaient pas synchronisées par un signal d'horloge, mais par d'autres procédés : on les appelle des mémoires asynchrones. Les bus de commande de ces mémoires devaient transmettre les informations de synchronisation, sous la forme de bits de synchronisation.

D'autres mémoires sont cadencées par un signal d'horloge : elles portent le nom de mémoires synchrones. Ces mémoires ont un bus de commande beaucoup plus simple, qui n'a qu'une seule broche de synchronisation. Celle-ci reçoit le signal d'horloge, d'où le nom d'entrée d'horloge qui lui est donné.

Les bits de lecture/écriture

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Le bus de commande doit préciser à la mémoire s'il faut effectuer une lecture ou une écriture. Pour cela, le bus envoie sur le bus de commande un bit appelé bit R/W, qui indique s'il faut faire une lecture ou une écriture. Il est souvent admis par convention que R/W à 1 correspond à une lecture, tandis que R/W vaut 0 pour les écritures. Ce bit de commande est évidemment inutile sur les mémoires ROM, vu qu'elles ne peuvent effectuer que des lectures. Notons que les mémoires qui ont un bit R/W ont souvent un bit OE, bien que ce ne soit pas systématique. En effet, une mémoire n'a pas toujours une lecture ou écriture à effectuer et il faut préciser à la mémoire qu'elle n'a rien à faire, ce que le bit OE peut faire.

Bit OE Bit R/W Opération demandée à la mémoire
0 0 NOP (pas d'opération)
0 1 NOP (pas d'opération)
1 0 Écriture
1 1 Lecture

Une autre solution est d'utiliser un bit pour indiquer qu'on veut faire une lecture, et un autre bit pour indiquer qu'on veut démarrer une écriture. On pourrait croire que c'est un gâchis, mais c'est en réalité assez pertinent. L'avantage est que la combinaison des deux bits permet de coder quatre valeurs : 00, 01, 10 et 11. En tout, on a donc une valeur pour la lecture, une pour l'écriture, et deux autres valeurs. La logique veut qu'une de ces valeur, le plus souvent 00, indique l'absence de lecture et d'écriture. Cela permet de fusionner le bit R/W avec le bit OE. Au lieu de mettre un bit OE à 0 quand la mémoire n'est pas utilisée, on a juste à mettre le bit de lecture et le bit d'écriture à 0 pour indiquer à la mémoire qu'elle n'a rien à faire. La valeur restante peut être utilisée pour autre chose, ce qui est utile sur les mémoires qui gèrent d'autres opérations que la lecture et l'écriture. Par exemple, les mémoires EPROM et EEPROM gèrent aussi l'effacement et il faut pouvoir le préciser.

Bit de lecture Bit d'écriture Opération demandée à la mémoire
0 0 NOP (pas d'opération)
0 1 Ecriture
1 0 Lecture
1 1 Interdit, ou alors code pour une autre opération (reprogrammation, effacement, NOP sur certaines mémoires)

Le bus d'adresse (facultatif)

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Toutes les mémoires adressables sont naturellement connectées au bus. La transmission de l'adresse à la mémoire peut se faire de plusieurs manières. La plus simple utilise un bus dédié pour envoyer les adresses à la mémoire, séparé du bus de données et du bus de commande. Le bus en question est appelé le bus d'adresse.

 
Entrées et sorties d'un bus normal.

Mais d'autres mémoires font autrement et fusionnent le bus d'adresse et de données. Le bus de commande existe toujours, il est secondé par un autre bus qui sert à transmettre données et adresses, mais pas en même temps. De tels bus sont appelés soit des bus multiplexés, soit des bus à transmission par paquet. Les deux méthodes sont légèrement différentes, comme on le verra dans ce qui suit.

Les bus d'adresse multiplexés

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Avec un bus d'adresse dédié, il existe quelques astuces pour économiser des fils. La première astuce est d'envoyer l'adresse en plusieurs fois. Sur beaucoup de mémoires, l'adresse est envoyée en deux fois. Les bits de poids fort sont envoyés avant les bits de poids faible. On peut ainsi envoyer une adresse de 32 bits sur un bus d'adresse de 16 bits, par exemple. Le bus d'adresse contient alors environ moitié moins de fils que la normale. Cette technique est appelée un bus d'adresse multiplexé.

Elle est surtout utilisée sur les mémoires de grande capacité, pour lesquelles les adresses sont très grandes. Songez qu'il faut 32 fils d'adresse pour une mémoire de 4 gibioctet, ce qui est déjà assez peu pour la mémoire principale d'un ordinateur personnel. Et câbler 32 fils est déjà un sacré défi en soi, là où 16 bits d'adresse est déjà largement plus supportable. Aussi, la mémoire RAM d'un ordinateur utilise systématiquement un envoi de l'adresse en deux fois. Les SRAM étant de petite capacité, elles n'utilisent que rarement un bus d'adresse multiplexé. Inversement, les DRAM utilisent souvent un bus d'adresse multiplexé du fait de leur grande capacité.

Relation entre le type de mémoire et l'envoi des adresses en une ou deux fois
Type de la mémoire Bus d'adresse normal ou multiplexé
ROM/PROM/EPROM/EEPROM Bus d'adresse normal (envoi de l'adresse en une seule fois)
SRAM Bus d'adresse normal
DRAM Bus d'adresse multiplexé (envoi de l'adresse en deux fois)

Les bus multiplexés

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Une autre astuce est celle des bus multiplexés, à ne pas confondre avec les bus précédents où seule l'adresse est multiplexée. Un bus multiplexé sert alternativement de bus de donnée ou d'adresse. Ces bus rajoutent un bit sur le bus de commande, qui précise si le contenu du bus est une adresse ou une donnée. Ce bit Adresse Line Enable, aussi appelé bit ALE, vaut 1 quand une adresse transite sur le bus, et 0 si le bus contient une donnée (ou l'inverse !).

 
Bus multiplexé avec bit ALE.

Un bus multiplexé est plus lent pour les écritures : l'adresse et la donnée à écrire ne peuvent pas être envoyées en même temps. Par contre, les lectures ne posent pas de problèmes, vu que l'envoi de l'adresse et la lecture proprement dite ne sont pas simultanées. Heureusement, les lectures en mémoire sont bien plus courantes que les écritures, ce qui fait que la perte de performance due à l'utilisation d'un bus multiplexé est souvent supportable.

Un autre problème des bus multiplexé est qu'ils ont a peu-près autant de bits pour coder l'adresse que pour transporter les données. Par exemple, un bus multiplexé de 8 bits transmettra des adresses de 8 bits, mais aussi des données de 8 bits. Cela entraine un couplage entre la taille des données et la taille de la capacité de la mémoire. Cela peut être compensé avec un bus d'adresse multiplexé, les deux techniques pouvant être combinées sans problèmes. Dans ce cas, les transferts avec la mémoire se font en plusieurs fois : l'adresse est transmise en plusieurs fois, la donnée récupérée/écrite ensuite.

Les bus à commutation de paquet

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Des mémoires DRAM assez rares ont exploré un bus mémoire particulier : avoir un bus peu large mais de haute fréquence, sur lequel on envoie les commandes/données en plusieurs fois. Elles sont regroupées sous le nom de mémoires à commutation par paquets. Elles utilisent des bus spéciaux, où les commandes/adresses/données sont transmises par paquets, par trames, en plusieurs fois. Le processeur envoie des paquets de commandes, les mémoires répondent avec des paquets de données ou des accusés de réception. Toutes les barrettes de mémoire doivent vérifier toutes les transmissions et déterminer si elles sont concernées en analysant l'adresse transmise dans la trame. En théorie, ce qu'on a dit sur le codage des trames dans le chapitre sur le bus devrait s'appliquer à de telles mémoires. En pratique, les protocoles de transmission sur le bus mémoire sont simplifiés, pour gérer le fonctionnement à haute fréquence.

Les mémoires à commutation par paquets sont peu nombreuses. Les plus connues sont les mémoires conçues par la société Rambus, à savoir la RDRAM (Rambus DRAM) et ses deux successeurs XDR RAM et XDR RAM 2. La Synchronous-link DRAM (SLDRAM) est un format concurrent conçu par un consortium de plusieurs concepteurs de mémoire.

Un premier exemple est celui des mémoires RDRAM, où le bus permettait de transmettre soit des commandes (adresse inclue), soit des données, avec un multiplexage total. Le processeur envoie un paquet contenant commandes et adresse à la mémoire, qui répond avec un paquet d'acquittement. Lors d'une lecture, le paquet d'acquittement contient la donnée lue. Lors d'une écriture, le paquet d'acquittement est réduit au strict minimum. Le bus de commandes est réduit au strict minimum, à savoir l'horloge et quelques bits absolument essentiels, les bits RW est transmis dans un paquet et n'ont pas de ligne dédiée, pareil pour le bit OE.

Pour donner un autre exemple, parlons rapidement des mémoires SLDRAM. Elles utilisaient un bus de commande de 11 bits, qui était utilisé pour transmettre des commandes de 40 bits, transmises en quatre cycles d'horloge consécutifs. Le bus de données était de 18 bits, mais les transferts de donnée se faisaient par paquets de 4 à 8 octets (32-65 bits). Pour résumer, données et commandes sont chacunes transmises en plusieurs cycles consécutifs, sur un bus de commande/données plus court que les données/commandes elle-mêmes.

Le bus de données et les mémoires multiports

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Le bus de données transmet un nombre fixe de bits. Dans la plupart des cas, le bus de données peut transmettre un byte à chaque transmission (à chaque cycle d'horloge). Un bus qui permet cela est appelé un bus parallèle. Quelques mémoires sont cependant connectées à un bus qui ne peut transmettre qu'un seul bit à la fois. Un tel bus est appelé un bus série. Les mémoires avec un bus série ne sont pas forcément adressables bit par bit. Elles permettent de lire ou écrire par bytes complets, mais ceux-ci sont transmis bits par bits sur le bus de données. La conversion entre byte et flux de bits sur le bus est réalisée par un simple registre à décalage. On pourrait croire que de telles mémoires séries sont rares, mais ce n'est pas le cas : les mémoires Flash, très utilisées dans les clés USB ou les disques durs SSD sont des mémoires séries.

 
Mémoire série et parallèle

Le sens de transmission sur le bus

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Le bus de données est généralement un bus bidirectionnel, rarement unidirectionnel (pour les mask ROM qui ne gèrent que la lecture). Sur la plupart des mémoires, le bus de données est bidirectionnel et sert aussi bien pour les lectures que pour les écritures.

 
Mémoire simple-port

Sur d'autres mémoires, on trouve deux bus de données : un dédié aux lectures et un autre pour les écritures. Le bus de commande est alors assez compliqué, dans le sens où il y a deux bus d'adresses : un qui commande l'entrée d'écriture et un pour la sortie de lecture. Le bus d'adresse est donc dupliqué et d'autres bits du bus de commande le sont aussi, mais les signaux d'horloge et le bit CS ne sont pas dupliqués. En théorie, il n'y a pas besoin de bit R/W, qui est remplacé par deux bits : un qui indique qu'on veut faire une écriture sur le bus dédié, un autre pour indiquer qu'on veut faire une lecture sur l'autre bus. L’avantage d'utiliser un bus de lecture séparé du bus d'écriture est que cela permet d'effectuer une lecture en même temps qu'une écriture. Cependant, cet avantage signifie que la conception interne de la mémoire est naturellement plus compliquée. Par exemple, la mémoire doit gérer le cas où la donnée lue est identique à celle écrite en même temps. L'augmentation du nombre de broches est aussi un désavantage.

 
Mémoire double port (lecture et écriture séparées)

Les mémoires multiport

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Le cas précédent, avec deux bus séparés, est un cas particulier de mémoire multiport. Celles-ci sont reliées non pas à un, mais à plusieurs bus de données. Évidemment, le bus de commande d'une telle mémoire est adapté à la présence de plusieurs bus de données. La plupart des bits du bus de commande sont dupliqués, avec un bit par bus de données. c'est le cas pour les bits R/W, les bits d'adresse, le bit OE, etc. Par contre, d'autres entrées du bus de commande ne sont pas dupliquées : c'est le cas du bit CS, de l'entrée d'horloge, etc. Les entrées de commandes associés à chaque bus de données, ainsi que les broches du bus de données, sont regroupées dans ce qu'on appelle un port.

 
Mémoire multiport, où chaque port est bidirectionnel.

Les mémoires multiport permettent de transférer plusieurs données à la fois, une par port. Le débit est sont donc supérieur à celui des mémoires mono-port. De plus, chaque port peut être relié à des composants différents, ce qui permet de partager une mémoire entre plusieurs composants.

Dans l'exemple de la section précédente, on a un port pour les lectures et un autre pour les écritures. Chaque port est donc spécialisé soit dans les lectures, soit dans les écritures. D'autres mémoires suivent ce principe et ont deux/trois ports de lecture et un d'écriture, d'autres trois ports de lecture et deux d'écriture, bref : les combinaisons possibles sont légion. Mais d'autres mémoires ont des ports bidirectionnels, capables d'effectuer soit une lecture, soit une écriture. On peut imaginer une mémoire avec 5 ports, chacun faisant lecture et écriture.

L'interface d'une mémoire ne correspond pas forcément à celle du bus mémoire

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En théorie, une mémoire est utilisé avec un bus qui utilise la même interface. Par exemple, une mémoire multiport est utilisée avec un bus lui-même multiport, avec des fils séparés pour les lectures et les écritures. De même, un bus multipléxé est utilisé avec une mémoire multiplexé. Mais dans certains cas, ce n'est pas le cas.

La raison à de telles configurations tient dans un fait simple : le processeur doit économiser des broches, alors que les mémoires sont épargnée par cette économie. Il faut dire qu'un processeur a besoin de beaucoup plus de broches qu'une mémoire pour faire son travail, vu que l'interface d'une mémoire est plus simple que celle du processeur. Les processeurs doivent donc utiliser pas mal de ruses pour économiser des broches, comme un usage de bus multiplexés, de bus d'adresse multiplexé, etc. A l'inverse, les mémoires peuvent parfaitement s'en passer. Les mémoires de faible capacité sont souvent sans bus multiplexés, alors que les processeurs à bas cout avec bus multiplexés sont plus fréquents.

Les bus et mémoires multiplexés

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Il est possible d'utiliser un bus multiplexé avec une mémoire qui ne l'est pas. La raison est que le processeur que l'on utilise un bus multiplexé pour économiser des broches, mais que la mémoire n'a pas besoin de faire de telles économies. Cela arrive si l'on prend un processeur et une mémoire à bas prix. Les mémoires multiplexées ont tendance à être plus rares et plus chères, alors que c'est l'inverse pour les processeurs.

Un exemple est donné dans le schéma ci-dessous. On voit que le processeur et une mémoire EEPROM sont reliées à un bus multiplexé très simple. Le processeur possède un bus multiplexé, alors que la mémoire a un bus d'adresse séparé du bus de données. Dans cet exemple, le processeur ne peut faire que des lectures, vu que la mémoire est une mémoire EEPROM, mais la solution marche bien dans le cas où la mémoire est une RAM. L'interface entre bus multiplexé et mémoire qui ne l'est pas se résume à deux choses : l'ajoput d'un registre en amont de l'entrée d'adresse de la mémoire, et une commande adéquate de l'entrée OE.

Pour faire une lecture, le processeur procède en deux étapes, comme sur un bus multiplexé normale : l'envoi de l'adresse, puis la lecture de la donnée.

  • Lors de l'envoi de l'adresse, l'adresse est mémorisée dans le registre, la broche ALE étant reliée à l'entrée Enable du registre. De plus, on doit déconnecter la mémoire du bus de donnée pour éviter un conflit entre l'envoi de la donnée par la mémoire et l'envoi de l'adresse par le processeur. Pour cela, on utilise l'entrée OE (Output Enable).
  • La lecture de la donnée consiste à mettre ALE à 0, et à récupérer la donnée sur le bus. Pendant cette étape, le registre maintient l'adresse sur le bus d'adresse. Le bit OE est configuré de manière à activer la sortie de données.
 
8051 ALE