Utilisation des tons

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Changement de niveau de chaque ton

À la différence du français, le chinois est une langue tonale, c'est-à-dire que le ton sert à la distinction des mots. La notion de ton ne doit pas être confondue avec celle d'intonation. En français, l'intonation sert à exprimer un sentiment ou une modalité dans l'expression (comme l'impératif ou l'interrogation). L'intonation est donc liée à la phrase. Le ton est un changement de hauteur de prononciation pour une même syllabe.

Il faut se dire que les quatre tons de la langue chinoise ont la même valeur que quatre lettres de plus, car ils servent tout autant à distinguer les syllabes entre elles que les sons représentés par des lettres latines en pinyin. Il est donc essentiel de mémoriser la prononciation d'un caractère avec son ton.

Les tons permettent de multiplier les possibilités de combinaisons de sons afin de représenter de manière sonore les sèmes. Chaque caractère qui correspond à un sème ne se représente en son que par deux parties : une initiale et une finale, ou uniquement une finale). Toutes les combinaisons théoriquement possibles ne sont pas utilisées. En fait, il n'y a qu'environ quatre cents combinaisons possibles de prononciations ! Dans la langue courante, il y a à peu près quatre mille caractères et avec deux mille caractères, on peut a peu près lire les journaux. Ce système phonétique relativement restreint voit ses possibilités multipliées grâce aux quatre tons. Avec en plus le ton zéro, on arrive à environ deux mille combinaisons ! Ce nombre représente à peu près tous les caractères de la vie courante.

Les quatre tons sont marqués avec divers signes diacritiques : accent plat pour le premier ton (comme le signe indiquant la voyelle longue pour d'autres langues), accent aigu (ascendant) pour le deuxième ton, accent circonflexe renversé (comme le signe diacritique du tchèque) pour le troisième ton et accent grave (descendant) pour le quatrième. Le schéma montre en cinq niveaux les quatre tons suivant:

  1. Premier ton (ˉ), ton plat ou ton haut : assez élevé et égal ;
  2. Second ton (ˊ), ton montant : partant d'assez bas et montant brièvement ;
  3. Troisième ton (ˇ), ton bas : en creux et infléchi ;
  4. Quatrième ton (ˋ), ton descendant : haut, bref et descendant (se prononce comme une exclamation comme "Na !").

Il y a également un cinquième ton : le ton zéro ou ton léger. Une voyelle portant ce ton ne se prononce qu'à peine et passe inaperçue à l'oreille.

Les tons se placent toujours sur les voyelles. S'il y a plus d'une voyelle dans la syllabe, le ton se place sur la voyelle prioritaire (dans cet ordre : a, e, i, o, u). Seule exception : iu, où le ton se place sur le u.


Cet exemple illustre bien l'importance des tons en chinois :

() () () () (·ma)

mère, chanvre, cheval, insulte, particule interrogative

Changements de ton

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Le troisième ton est parfois difficile à placer dans une phrase, c'est pourquoi il change parfois en fonction de son "environnement". Il existe deux règles :

  • Si un troisième ton est placé avant un autre troisième ton, il est prononcé comme un deuxième ton. (Cependant, à l'écrit le ton est toujours marqué comme un troisième ton.)
  • Si un troisième ton est placé avant n'importe quel autre ton il descend mais ne remonte pas vraiment et est donc plus léger.

Syllabes sans ton

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Il existe un ton léger ou ton neutre, appliqué quand la syllabe ne porte pas de marque de ton. Il est court et non accentué et sa hauteur se situe dans le prolongement du ton précédent.