Wikijunior:Les dinosaures/Extinction

Les dinosaures

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Extinction
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Glossaire

Les dinosaures sont apparus sur Terre il y a environ 240 millions d'années, pratiquement en même temps que les premiers mammifères (ce que l'on oublie souvent !). Et l'on nous raconte qu'ils ont régné sans partage jusqu'à leur disparition brutale et totale il y a 65 millions d'années.

En dépit des belles histoires psalmodiées par les vulgarisateurs, les choses ne sont pas si simples. Quels sont les faits établis (ou tout au moins les plus reconnus) :

Loin d'être soudaine, l'extinction a été progressive. Elle a débuté suivant les espèces entre 10 et 3 millions d'années avant la fin du crétacé.

Cette baisse graduelle du nombre d'espèces vivantes est corrélative à une baisse générale de la température et à une importante régression marine - le niveau des eaux a subi une baisse générale entre 100 et 200 mètres !

Durant les deux millions d'années qui ont précédé la fin du crétacé, il faut noter une activité sismique exceptionnelle sur le sous-continent indien.

En 1973, Walter Alvarez découvrit une fine couche d'argile rouge, appelée maintenant la limite K/T, entre la couche géologique du crétacé (K) et celle du tertiaire (T). Cette fine couche contient de nombreux éléments extraterrestres. Cette limite K/T que l'on retrouve partout sur le globe, est donc la preuve d'un impact d'astéroïde de grande ampleur.

Le K-T Event (en anglais) ou Évènement K-T (en français) encore appelé Extinction K-T correspond au passage de l'ère secondaire à l'ère tertiaire. Le K correspond à Crétacé (Kreide en allemand) qui est la dernière période de l'ère secondaire et le T à Tertiaire.

Cette période a vu l'extinction de nombreuses espèces animales et végétales, les dinosaures, mais aussi beaucoup d'autres.

Au-dessous de cette couche, on retrouve de nombreux fossiles, au-dessus, pratiquement aucun... D'où l'idée d'une disparition tragique et brutale des dinosaures... Il restait alors à "identifier le coupable", ce qui fut fait en 1990 lorsque l'on découvrit un cratère de 200 km de diamètre dans le golfe du Mexique. Le cratère de Chicxulub, près de la péninsule du Yucatan est dû à une météorite de 10 km de diamètre qui a percuté la planète à près de 90 000 km/h. On a longtemps cru le "coupable" unique. En fait, les récentes découvertes de cratères de 30 et 25 km de diamètre, respectivement en Ukraine (cratère de Boltysh) et en mer du Nord (cratère de Silverpit), datant eux aussi de 65 millions d'années, laissent à penser que la Terre a certainement subi un véritable bombardement cosmique ! L'impact de ces astéroïdes a provoqué :

  • de violents tremblements de Terre,
  • des éruptions volcaniques dévastatrices,
  • la combustion entre 6 et 13 milliards de tonnes de carbone rendant l'atmosphère 5 fois plus riche en dioxyde de carbone et cela pendant plus de 10 000 ans, élevant brutalement la température globale de plus de 7° C.

Il en a résulté un "hiver nucléaire" dévastateur qui a bouleversé la chaîne alimentaire. De cette sombre période, seuls les animaux de moins de 25 kg semblent avoir pu tirer leur épingle du jeu et reprendre le cours de l'évolution. Ainsi, les dinosaures auraient-ils cédé la place aux mammifères... Il existait pourtant également de très nombreux dinosaures de petite taille...



Différentes théories se sont donc succédées pour tenter d'expliquer cette disparition globale, mais aucune ne semble totalement satisfaisante. Tant que l'on considérait l'extinction brutale, la thèse de(s) astéroïde(s) avait la faveur de tous. Maintenant que l'on découvre que l'extinction a été progressive et plus importante dans le milieu marin et terrestre que dans l'eau douce (lacs, fleuves et rivières), on pourrait penser à un ensemble de causes et non plus à un « unique » évènement déclencheur, les astéroïdes sonnant « simplement » le glas pour tout un groupe qui avait survécu et évolué pendant plusieurs millions d'années.


Phylogénie "classique" des reptiles, des oiseaux et des mammifères, montrant l'extinction des ichtyosaures, des plésiosaures, des ptérosaures et des dinosaures (plus soudaine mais déjà bien amorcée).



Il reste néanmoins à résoudre l'énigme de la survie des grands crocodiles. Pourquoi seuls ces grands reptiles ont-ils survécu ? Ont-ils simplement bénéficié de la protection de « niches écologiques » favorables - en eaux douces ? Ont-ils profité des propriétés méconnues des animaux à sang froid ?



Beaucoup d'autres théories ont été avancées pour tenter d'expliquer l'extinction des plus grands animaux que la planète ait connus :

  1. La grande durée de vie des dinosaures - de 75 à 300 ans - les aurait empêchés de s'adapter rapidement aux nouvelles conditions environnementales.
  2. La fièvre, le rhume ou une quelconque épidémie auraient eu raison de ces géants (et des plus petits), mais aucune étude de leurs os fossiles ne peut étayer ces thèses et surtout expliquer une éradication planétaire.
  3. Les mammifères auraient dévoré les œufs des dinosaures, mais seulement des dinosaures ? Pas des oiseaux, ni des reptiles ? Quid de la faune marine ?

Ils auraient été victime d'une irradiation cosmique,

  • consécutive à l'explosion relativement proche d'une supernova,
  • à cause de la disparition de la couche d'ozone ou encore
  • à cause d'une baisse ou de l'inversion du champ magnétique qui protège la Terre.

Là encore, aucune découverte ne permet de valider ces hypothèses qui, de toute façon, n'expliquent pas pourquoi les animaux marins, qui sont pourtant les plus protégés de ces rayonnements nocifs, ont été les plus atteints.

Des variations orbitales, mises en évidence par Milankovitch, auraient été à l'origine de brutales variations climatiques que les dinosaures n'auraient pas supportées. On a pourtant découvert de nombreux dinosaures au Spitzberg et en Antarctique ce qui démontre la grande adaptabilité climatique des dinosaures.

Empoisonnement des œufs à l'iridium, telle est la thèse défendue par le Dr Zikui Zhao de l'institut de paléontologie de Pékin. Le Dr Zhao s'appuie sur l'étude des défauts de structure observés sur 11 espèces d’œufs déterrés en Inde et datant de 65 millions d'années. On peut néanmoins se poser la question de savoir pourquoi les oiseaux n'ont pas été atteints par ce désordre.

L'hypothèse gravitationnelle est défendue par M. Fréderic Malmartel sur son site. Les dinosaures, petits et grands, ont disparu parce qu'ils sont devenus trop lourds... à masse égale. C'est une brusque augmentation de la constante gravitationnelle "G" qui aurait tué les dinosaures en épargnant les reptiles, apparus lorsque la gravitation était supérieure, et les mammifères qui se sont rapidement adaptés. Une brusque variation de "G" explique bien les différents aspects du problème, tant pour la faune terrestre et marine que pour la flore. Il reste néanmoins à établir cette variation... qui aurait une périodicité de 26,2 millions d'années.

L'hypothèse gravitationnelle est extrêmement séduisante, car le gigantisme des dinosaures demeure encore actuellement une énigme trop souvent ignorée. Leur taille n'est pas compatible avec notre gravité actuelle or, à l'époque des dinosaures, la faune également avait des proportions gigantesques.

Il est aussi tout à fait curieux de constater que les fossiles impossibles d'hominidés, comme par exemple ceux découverts par Ed Conrad, sont ceux de géants correspondants aussi à leurs traces impossibles ! Mais tout cela n'est que hasard...



Il y a donc eu tout au long de notre histoire de nombreuses extinctions massives de diverses intensités (proportionnelles à la longueur des traits). De nombreuses espèces ont définitivement disparu, mais il y en a toujours qui ont réussi à survivre. Certaines, comme les grenouilles ou encore le cœlacanthe, sont passées au travers sans encombres...

Ne serait-il pas plausible d'envisager que, parmi les nombreuses espèces qui ont globalement disparu, quelques spécimens aient pu survivre en nombre réduit, plus ou moins longtemps ?